Dans notre article “Fichage précoce pour enfants pas sages” vous aviez lu qu’à Diyarbakır, 872 enfants ayant eu contact avec les forces de police avaient été fichés, et le dossier intégral avait été publié en clair, sur le site Internet du Ministère de l’Education Nationale turque.
Voici la suite :
“L’affaire de fichage d’enfants” est sera à l’ordre de jour de l’Assemblée Nationale suite à une question écrite transmise par Nursel Aydoğan députée HDP de Diyarbakır.
Selon Ileri Haber, Nursel Aydoğan a précisé :
Le fait que le Ministère de l’Education Nationale, ne trouve aucun inconvénient que les enfants soient fichés par les forces de l’ordre et affichés comme de délinquants, et qu’il essaye de s’en sortir en pénalisant seuls les Directeurs communaux, réduisant l’affaire à un problème de site, est extrêmement grave.
Elle demande ensuite, depuis quand les fichiers ont-ils été établis, sur quelles règles juridiques le fichage des enfants se base-t-il ? Cette décision est-elle issue du 19ème Conseil de l’Education Nationale où vous avez débattu de la conception sécuritaire de l’éducation. [NDLR : Conseil du décembre 2014, dont sont issus les cours obligatoires de religion et de la langue ottomane. cf l’article : Do you speak ottoman ? ]
Aydoğan a également ajouté :
En tant que Ministre, pensez-vous faire amande honorable devant l’opinion publique et demander des excuses à chacun de ces enfants dont les noms sont affichés publiquement ?
Sendika nous apprend qu’en attendant que le Ministre d’Education Nationale, Nabi Avcı réponde à la question de la députée, les familles des enfants concernés ont déposé des plaintes et certains quittent la ville.
Quelques enfants ont témoigné pour IMCTV :
Je ne veux pas que tout le monde voit mon nom. Ils n’ont pas droit. On n’a rien fait. On sortait de l’école.
Sur les conditions de leur rencontres avec la police :
Ils nous ont fait monter dans la fourgonette. Ils nous ont mis des claques.
Ensuite ils nous ont emmenés au commissariat. Là-bas, il avait sorti un couteau, il le tenait sur mon oreille, il me disait, je coupe ou pas ?
Ils nous ont forcé à signer des papiers. Je ne sais pas ce que c’était. Ils ne nous ont pas laissé les lire.
Les familles des enfants ne perçoivent plus l’aide à l’éducation, et ont payé des amandes.
enfant-diyarbakir
Encore une fois, la Turquie fait bien partie de l’Europe…
Il y a encore très peu de temps, un certain Nicolas Sarkozy, Président de la République Française déclarait que la criminalité était quelque chose d’inné à l’individu, inscrit dans le criminel dés sa naissance et c’est pourquoi il fallait le détecter au plus tôt.
Candidat à la succession de François Hollande, Sarkozy ne voulait-il pas lors de son mandat, dès la maternelle organiser un repérage, des enfants “susceptibles de sombrer dans la délinquance”.
En 2007, lors de la campagne présidentielle, il déclare ainsi à Philosophie Magazine :
“J’inclinerais, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés  ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs  : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense.”
L’actuelle Ministre de  l’Education Nationale elle, veut repérer et punir les “Non-Charlie”, pas assez silencieux à son goût.
Sur le même sujet et toujours instauré par Sarkozy en 2007 et toujours en vigueur aujourd’hui : “les fichiers base élèves” …
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Article du 29 mars 2007 paru dans le journal Politis.

 

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