Erdoğan… Fiche-nous la paix, pas la guerre !

Erdoğan

Erdoğan à Antalya, Erdoğan au congrès, Erdoğan en Syrie, Erdoğan à Sotchi, c’est comme votre Martine. Sauf qu’à chaque fois, c’est pour préparer une énormité contre la paix.

Avez-vous vu comment il a protesté contre des manoeuvres de l’OTAN où paraît-il, le portrait du petit père de la Turquie et le sien auraient été placés comme cibles d’entraînement, en guise d’ennemi ? L’OTAN s’est excusé. Non mais !

Mais avez-vous entendu comment il a relancé sa guerre anti-kurde en disant tout de go que les Kurdes devaient disparaître du canton d’Afrîn au Nord de la Syrie. Vous le savez toutes et tous, ce canton fait partie de la Fédération du Nord de la Syrie, opposé à Bachar, bien que ni djihadiste, ni entièrement kurde.

Mais c’est à la mode en ce moment de dire que les Kurdes seraient tellement conquérants qu’ils referaient la conquête de territoires où ils vivent déjà depuis très longtemps, histoire de ne pas s’ennuyer et donc seraient d’éternels fauteurs de guerre. On m’a même traduit un article de votre Monde, les français, qui nous ferait presque croire ça, tellement l’objectivité fait recopier n’importe quoi… Vous avez des journalistes qui fréquentent trop nos libéraux nationalistes, vous savez ! Au fait, je vous salue, Marie…

Bref, Erdoğan et ses ministres remettent le couvert. Après avoir fait voter au parlement, avec l’aide de nos supporters d’Atatürk, un budget militaire plus que conséquent, et avoir bien précisé que cela concernait la menace kurde à nos frontières, les voilà qui guident à nouveau leurs chars du côté de la Syrie.

Idlib… J’avais même jamais entendu ce nom, avant que la ville d’Alep subissent le martyre que vous connaissez et qu’une partie de sa population y soit envoyée en “désescalade”, comme ils appellent ça. Il paraît, encore vous les français, que vous faites dégorger les escargots avant que de les occire. J’ai un peu l’impression que la “désescalade”, ça ressemble un peu à ça. Des zones où on envoie les populations crever de faim dans des camps de réfugiés, en même temps que les djihadistes qui continuent à s’engraisser, eux, et à s’armer grâce à notre bon Président, qui en aura besoin contre les Kurdes…

Mais attention, tout cela est discuté dans des sommets, ce qu’il y a de plus réglo, avec invités officiels et tout et tout, déclarations à l’appui. C’était à Antalya dimanche dernier, pour préparer une rencontre à trois, à Sotchi, en Russie. Vodka, ayran et caviar iranien. Tayyip, Vladimir et Rohani.

Il parait qu’Erdoğan en voudrait moins à Bachar, puisqu’ils auraient un ennemi commun : les empêcheurs de Paix que seraient les Kurdes…

Le Ministre Çavuşoğlu a fait des confidences, en espérant bien que la presse étrangère les diffuserait, suivie de près par nos torchons. Il a déclaré le 17 novembre à Istanbul, avant la rencontre d’Antalya :

“Il est temps de penser une solution politique (…)  L’Iran , la Russie, veulent qu’Assad reste pendant une transition. Les Russes en ont besoin. C’est par lui qu’ils ont été invités à intervenir. Ceci n’est pas de notre ressort. Il faut d’abord en parler avec l’opposition (nos amis). Maintenant, la Russie et l’Iran ne sont pas les seuls à dire que Bachar Al-Assad peut rester. L’Arabie Saoudite et la France disent la même chose. Il ne faut pas être trop vindicatif, mais réunir tout le monde autour de Bachar Al-Assad ne sera pas chose facile.”

Et il s’est surtout empressé d’ajouter :

“Nous avons fait part du fait que les gains territoriaux des Kurdes YPG nous inquiètent (…) Les YPG n’ont jamais lutté pour la liberté du pays, pas plus qu’ils n’ont combattu Daech pour son idéologie maléfique, en réalité ils ont fait cela pour gagner encore des territoires.”

Après le joli reportage de la BBC, en couleur, qui nous racontait par le détail, avec des chauffeurs de camions, de dos, comment les Kurdes avaient laissé s’échapper quasi l’armée entière de Daech, juste pour emmerder la Turquie paraît-il, on s’attend à tout.
YPG-Daech-FETÖ, même combat, tous soutenus par Trump !

Vous rigolez, mais c’est comme ça que nos ministres nous informent, et qu’en plus, une bonne partie de la soit disant opposition raconte presque la même chose. Toujours les trompettes de “la nation turque en danger“.

Et du coup, voilà le refrain de “si tu veux la paix prépare la guerre” qui revient dans des torchons et la bouche de nos ministres et AKP compatibles.

On m’a raconté qu’à l’Est de la Turquie, depuis les massacres de ces deux dernières années, la peur s’est tellement installée, qu’Erdoğan pourrait passer aux suivants. Après ce qui vient d’arriver au Kurdistan irakien, on peut penser que ce seront les Kurdes syriens qui vont bientôt devenir la cible ennemie, au milieu des grandes manoeuvres.

Et attendre que l’OTAN dise quelque chose, ce serait penser que Trump aime encore les éléphants…


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Mamie Eyan

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Mamie stanbouliote de 82 ans.

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