Une émission sur France Culture a attiré l’attention d’un kedi qui a tendu l’oreille, et les a gardées grandes ouvertes pendant 40 minutes.

Déjà, ça parlait d’Istanbul, et des ponts…

pontsLes kedi qui relaient France Culture, ça va vous paraître curieux, et vous allez vous demander si d’un coup on change de “marque” de croquettes… Que nenni. Simplement, se priver des talents de personnes qui réfléchissent et communiquent leurs analyses, même si elles n’ont rien de bien “libertaires”, serait parfaitement stupide. Ne pas s’en faire le relai, le serait tout autant.

Alors, puisque “ponts” et “gros dos” vont de pair….

Un pont, ça relie deux rives, ça se moque des obstacles, ça relie des cultures… Bref, que n’a-t-on écrit sur les “ponts”.

Amoureuse,
le mot ‘amoureuse’ ne se suffit pas
tout seul. Il ne couvre pas
le sentiment qui me remplit.
Or moi, tout ce à quoi je pense
en disant ‘amoureuse’
si tu savais.
Un soleil infini,
une gorgée de rakı
une branche de printemps
prête à éclore,
la joue chaude de mon fils,
les yeux emplis de douleur de ma mère
la main qui sent le tabac de mon père,
l’oiseau dans notre maison,
les beaux jours du lendemain,
des sentiments difficiles à dire
et TOI…
voilà toi
tu est le plus beau pont
qui me lie à la vie ;
tu es le plus beau des ponts.
Mon amoureuse… ma belle…
ce qui fait vivre l’humain
est une cigale qu’on a en nous.
Si elle meurt
le goût de notre vie disparait.
Qu’elle ne meure jamais,
fais le vivre.

Yılmaz Güney
(version en turc1)

Mais celui là a été nommé “Yavuz Sultan Selim”. Il a été voulu par Erdogan, s’inscrit dans une politique, “un récit national”, à la fois à usage intérieur, et au service d’un projet à réminiscences ottomanes, qui se voudrait international. Il s’appuie sur des corruptions (légales), des destructions d’environnement, des contournements de lois foncières, des “marchés” juteux entre amis. Il est à l’image de la “modernité” AKP pour “2023”.

Cette émission, de par sa clarté, reprend nombres de billet publiés ici par votre magazine préféré, et en quelque sorte fait synthèse, pour celles et ceux qui n’auraient pas encore compris que la Turquie n’a rien à envier à l’Europe, quand à la façon dont ses oligarchies tirent prétexte de la “modernisation” et de la “croissance”, pour à la fois se remplir les poches, et faire briller les yeux du petit peuple ébahi, tout en portant atteinte pourtant à ses milieux de vie. Un pont donc, entre pouvoir politique et finance, post modernité et libéralisme. Une Turquie européenne à souhait, et un récit si “national”pourtant…

Une émission de Florian Delorme, préparée par Samuel Bernard. Avec comme intervenants pour les premières 40 minutes concernant Istanbul :

Ségolène Debarre : Maitre de conférence en géographie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, enseignante de géographie de la Turquie à l’INALCO.
Michel Virlogeux : Co-concepteur du troisième pont du Bosphore Yavuz Sultan Selim
Yoann Morvan : Spécialiste d’anthropologie urbaine chercheur au CNRS (Idemec, Aix Marseille Univ.) associé à l’Institut Français d’Etudes Anatoliennes (IFEA)

Vous entendrez citer différentes questions liées, au cours de cette émission, et non développées. Voici une liste de liens qui vous en diront davantage :

Projets mégalos pour Istanbul métropole

Cerattepe ne se rendra pas face au profit

“Yayla” mon amour…

Et bien d’autres, à retrouver sur le site.

Image à la une : Inauguration du pont, avec des baklava


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