Ronahi TV • Journal du 9 avril 2017

Ronahi TV

“Chroniques de la révolution kurde”, est le journal télévisé présenté par Ronahi TV chaque dimanche. C’est un retour en textes et vidéos, sur la semaine écoulée. Voici celle du 2 au 8 avril 2017.

Il s’agit donc d’une émission d’informations régulière, en langue française, que vous retrouverez ici, chaque semaine, en partenariat avec Kedistan.



Gros Titres

  • KHAN CHEIKHOUN – ATTAQUE À L’ARME CHIMIQUE
  • MASSACRE DE KHAN SHEIKHOUN – LES FDS EXIGENT UNE ENQUÊTE INTERNATIONALE
  • MASSACRE DE KHAN SHEIKHOUN – LE CONSEIL DÉMOCRATIQUE DE SYRIE CONDAMNE LE MASSACRE
  • OPÉRATION COLÈRE DE L’EUPHRATE – POURSUITE DES COMBATS PRÈS DE TABQA
  • RAMPANT SUR LES GENOUX … – L’HISTOIRE DES 3 FEMMES ONT FUI DE L’EMPRISE DU DAESH
  • LA CAMPAGNE « COLÈRE DE EUPHRATE » – 4 MILLE PERSONNES RÉFUGIÉS CETTE SEMAINE
  • LE CONFLIT EN SYRIE – LA CONFÉRENCE DE BRUXELLES PROMET UNE AIDE DE 6 MILLIARDS DE DOLLARS EN 2017
  • RÉGION DE SHEHBA – NETTOYAGE ETHNIQUE EN COURS
  • OCCUPATION TURQUE DU NORD DE LA SYRIE – DES SOLDATS TRAHIS PAR LA TURQUIE
  • CIMETIÈRE DE MEHMET KARASUNGUR – DESTRUCTION ET PROFANATION
  • TURQUIE – GRÈVE DE LA FAIM DANS LES PRISONS
  • TURQUIE – VERS LE RÉFÉRENDUM

KHAN CHEIKHOUN
ATTAQUE À L’ARME CHIMIQUE

Des dizaines de personnes se sont effondrées dans la rue, prises de convulsions, après l’attaque chimique sur la ville syrienne de Khan Cheikhoun.
Cette attaque de mardi a fait plus de 70 morts.

Mercredi, Khan Cheikhoun était une ville fantôme. Les habitants étaient en état de choc, parvenant à peine à articuler. Des témoins évoquent plusieurs frappes.
Des images horribles n’ont pas tardé à être relayées. On y voit parfois des jeunes enfants se battre contrer l’imminence de la mort.
A l’heure où nous évoquons ces faits horribles, aucune preuve matérielle ne nous permet encore d’établir la responsabilité politique et militaire de ce nouveau crime de guerre.
Du côté de l’administration américaine, on semble convaincu que la frappe aux armes chimiques a été réalisée par des avions du régime syrien, tandis que du côté russe, on envisage une autre explication : la destruction d’un atelier de fabrication d’armes chimiques tenu par les rebelles par des avions du régime aurait dissiminé les substances toxiques dans l’air.

MASSACRE DE KHAN SHEIKHOUN
LES FDS EXIGENT UNE ENQUÊTE INTERNATIONALE

Le commandement général des forces démocratiques syriennes a condamné le massacre perpétré à l’arme chimique dans la ville de Khan Sheikhoun près d’Idlib. Pour les responsables des FDS, c’est un crime contre l’humanité.
La déclaration des FDS dit que…

« Des civils innocents, en particulier les enfants d’Idlib-Khan Sheikhoun, ont été attaqués par des armes chimiques, entraînant des dizaines de victimes. Nous condamnons ce terrible massacre et condamnons les partis qui l’ont accompli. Nous considérons qu’il s’agit d’un crime contre l’humanité dont les auteurs doivent être punis. Nous appelons également la communauté internationale à ouvrir une enquête. Nous soulignons la nécessité de trouver une solution appropriée à la crise syrienne et à faire respecter l’engagement de ne pas cibler les civils dans le conflit sur le territoire syrien.

LE MASSACRE DE KHAN SHEIKHOUN
LE CONSEIL DÉMOCRATIQUE DE SYRIE CONDAMNE LE MASSACRE

Le Conseil démocratique de Syrie – le MSD- a également condamné le massacre commis contre les habitants de de Khan Sheikhoun ainsi que l’attentat terroriste contre des civils dans le métro de la ville russe de Saint-Pétersbourg.

Voici le texte de la déclaration sur le massacre de Khan Sheikhoun …
« Nous, Conseil démocratique de Syrie, condamnons le terrible massacre commis contre notre peuple à Khan Sheikhoun dans la campagne d’Idlib en raison de l’utilisation d’armes chimiques internationalement interdites, des armes qui ont tué des civils innocents, principalement des enfants et des femmes. Nous demandons également à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités et d’ouvrir une enquête sur ce massacre et sur tous les massacres subis par les Syriens et d’en faire porter la responsabilité à leurs auteurs.

Le Conseil démocratique de Syrie condamne également dans les termes les plus forts l’attentat terroriste qui a ciblé des civils innocents dans le métro de la ville russe de Saint-Pétersbourg et le Conseil démocratique de Syrie affirme sa solidarité avec le peuple et le gouvernement russe, Nous confirmons que nous continuerons à lutter contre le terrorisme et à le vaincre sur tout le territoire syrien. »

OPÉRATION COLÈRE DE L’EUPHRATE
POURSUITE DES COMBATS PRÈS DE TABQA

Les FDS poursuivent leur offensive pour reprendre la ville et le barrage de Tabqa, toujours aux mains de Daesh.
Tabqa est complètement encerclée. Le Daesh, acculé, joue ses dernières possibilités militaires.

Pour enfermer la ville de Tabqa dans une nasse, il a fallu livrer de lourds combats à hauteur du village de Safsafah. Des dizaines de membres du Daesh y ont été tués à partir du moment où les FDS ont lancé l’assaut, à minuit 40 mercredi matin.

RAMPANT SUR LES GENOUX …
L’HISTOIRE DES 3 FEMMES ONT FUI DE L’EMPRISE DU DAESH

Trois femmes ont essayé d’entrer dans la zone contrôlée par les forces démocratiques syriennes, mais elles en ont été empêchées. Finalement, elles ont grimpé sur une distance de 3 kilomètres pour éviter d’être aperçues par les membres du Daesh jusqu’à ce qu’elles atteignent enfin les zones tenues par les forces démocratiques de la Syrie.

Dans le village de Manzala, à 25 kilomètres au nord de Raqqa, Daesh avait utilisé près de 200 civils comme boucliers humains pour empêcher la progression des forces démocratiques syriennes. De dépit, des membres du Daesh ont visé et tué 7 civils. Pendant ces instants, ces trois femmes ont réussi à s’échapper.
Lors de sa visite à l’unité de « Protection de la femme », Nasreen Abdullah a raconté les événements qu’elles avaient vécus jusqu’à ce qu’elles atteignent les positions des Forces démocratiques syriennes.
La survivante de 29 ans, qui a refusé d’être identifiée, a expliqué qu’après que les combats se soient intensifiés à Deir al-Zour, sa mère, sa sœur et elle-même ont essayé de fuir Raqqa pour entrer dans les zones contrôlées par les forces démocratiques de la Syrie.
Cependant, les membres du Daesh ne leur ont pas permis de quitter la ville.
« Pendant notre séjour à Raqqa, qui n’a duré que quelques mois, nous avons été harcelées régulièrement par les membres de Daesh. Nous avons essayé plusieurs fois de sortir de la ville, mais ils voulaient nous utiliser comme boucliers humains pendant les combats contre les forces de la Syrie démocratique “, a-t-elle déclaré.
“Les membres du Daesh ne nous ont pas permis de partir jusqu’à hier soir. Nous nous sommes rassemblés avec beaucoup de gens dans le village du superviseur, et on nous a emmenés à l’un des points des Forces Démocratiques Syriennes. Alors que nous nous sommes approchés des combattants des FDS, Daesh a alors attaqué le groupe des civils pour tenter de prendre le dessus sur la position des FDS.
Au cours des affrontements, nous avons essayé d’atteindre les zones tenues par les FDS, mais les mercenaires empêchaient quiconque de passer. Alors que nous fuyions la scène de l’affrontement, nous rampions sur une distance de 3 km de crainte de voir des membres de Daesh devant nous, parce qu’ils ont tué 7 civils sous nos yeux. “

A la fin de son récit, la survivante a encore expliqué qu’elles s’étaient cachées dans l’une des maisons abandonnées jusqu’à ce que les affrontements se terminent. Ensuite, elles ont encore marché jusqu’à ce qu’elles atteignent les combattants des FDS. « Ils nous ont immédiatement pris, moi et ma mère vers une clinique mobile. Là ils ont soigné ma mère ”
La porte-parole officielle des unités de protection des femmes, Nisreen Abdullah, a promis de poursuivre la lutte jusqu’à ce que toutes les femmes soient libérées de l’oppression des groupes mercenaires

LA CAMPAGNE « COLÈRE DE EUPHRATE »
4 MILLE PERSONNES RÉFUGIÉS CETTE SEMAINE

4000 personnes qui fuient les zones sous contrôle du Daesh à Raqqa et dans ses banlieues sont arrivées dans la ville d’Ain Issa au cours de la semaine.

On compte environ 4 000 personnes déplacées qui sont arrivés dans la ville d’Ein Issa. 3 000 sont logées dans le camp de la ville, tandis que les autres se sont répartis dans les villages voisins.
La plupart des personnes déplacées proviennent de la ville de Raqqa, de Tabqa, de Tadmer, al Soxna Khafsa, d’al Maskana et de Deir Hafer.
Le camp contient actuellement 250 tentes occupées par des familles de réfugiés, et deux ou trois familles vivent sous une même tente.
Les autorités ont mis en place toute l’aide nécessaire aux personnes déplacées. De plus, une assistance médicale se poursuit en coordination avec MSF.
Le président de la commission des réfugiés, Jalal al-Ayyaf, a fait l’éloge de l’état du camp, et a souligné que le camp reçoit chaque jour plus de 150 familles.
Parmi ces réfugiés, il y a Mohammed Khair de la ville de Tadmer, Ziad Shahoud de la ville de Rastan dans la province de Homs et Ammar Ahmed de la ville de Sokhna. Ils ont pu parler du bon accueil qui leur avait été réservé par les FDS et du sentiment de sécurité qu’ils connaissaient enfin.
Des centaines de familles de réfugiés se rassemblent à proximité des lignes de front et sont évacuées par les forces démocratiques de la Syrie. Elles sont ensuite envoyées dans la ville de Mahmoudiya, de Jaraniya ou d’Ain Issa.

LE CONFLIT EN SYRIE
LA CONFÉRENCE DE BRUXELLES PROMET UNE AIDE DE 6 MILLIARDS DE DOLLARS EN 2017

Lors d’une conférence internationale organisée à Bruxelles sur l’avenir de la Syrie, la communauté internationale a promis mercredi 6 milliards de dollars d’aide humanitaire pour la population syrienne en 2017.
Le commissaire européen à l’aide humanitaire, Christos Stylianides, a déclaré à la fin de la réunion que cette conférence avait accouché d’une promesse collective de 6 milliards de dollars pour cette année.
Les participants à la conférence, qui s’est conclue mercredi à Bruxelles, se sont mis d’accord sur la nécessité de parvenir à une solution politique en Syrie sur la base des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.
La communauté internationale s’est engagée aujourd’hui à travailler ensemble pour soutenir un avenir pacifique en Syrie et mettre fin à la guerre, a déclaré Federica Mogherini, la coordinatrice de la politique extérieure de l’UE, à la fin de la conférence.

RÉGION DE SHEHBA
NETTOYAGE ETHNIQUE EN COURS

Dans la région de Shehba, au nord de la Syrie, les forces armées turques et leurs mercenaires locaux continuent d’attaquer les positions tenues par les forces révolutionnaires du Jaysh al Thuwar. D’autres attaques ont également ciblé le canton d’Afrin. Et pourtant, la Turquie avait affirmé que l’opération qu’elle menait dans le nord de la Syrie était terminée.
Dès lundi soir, les combats reprenaient autour du barrage de Shehba, un barrage qui a été libéré du Daesh par le Jaysh al Thuwar et qui est maintenant attaqué par les bandes armées que la Turquie soutient en Syrie.
Les villages proches du barrage, notamment ceux de Qawl siruc et de Til Mydieq ont également subi le feu des agresseurs.
Jeudi, les combats reprenaient sur plus de 10 villages allant de Qoll Suruç à Maranez, des attaques perpétrées depuis Azaz, le bastion turc en Syrie.
Dès jeudi, les forces révolutionnaires tuaient 12 agresseurs et en blessaient 40 autres. Les attaques menées par la Turquie dans la région de Shehba se font de façon intermittente.

Et pourtant, Erdogan avait solennellement affirmé le 30 mars que l’opération menée par la Turquie sur le sol syrien était arrivée à son terme.

*

La région de Shehba est maintenant en train d’être dékurdifiée. Depuis le début de l’attaque turque sur la Syrie, le 24 aout 20146 à Jarablus, il y a déjà eu 50 des 217 villages kurdes de la région qui ont été totalement détruits, incendiés.
Dans d’autres villages, les forces turques font venir des familles du Turkménistan oriental, des familles compromises avec le Daesh.
Un communiqué du groupe Liva Süleyman Shah, un groupe qui vient d’être crée à l’instigation de la Turquie, fait état de changements démographiques à introduire dans la région de Shehba, en y faisant venir des familles de Waar, près de Homs.
Le communiqué du groupe est explicite : les familles proches du PKK seront préalablement déplacées de Sosinbat et de Qibessin. 60 familles de Waar ont été replacées là où vivaient ces familles.
Le communiqué explique que tous les Kurdes seront déplacés hors de la région. Et d’autres préparations se mettent en place, notamment pour accueillir des responsables de bandes armées et leurs familles dans les villages de Numan et de Qubbashayh.

OCCUPATION TURQUE DU NORD DE LA SYRIE
DES SOLDATS TRAHIS PAR LA TURQUIE

Des défections ont eu lieu parmi les mercenaires qui travaillent aux côtés des forces armées turques. Six de ces déserteurs se sont rendus aux forces asayish – la police – de la province d’Afrin. Pour ces dissidents, l’objectif de la Turquie en Syrie n’est pas de se battre contre Daesh. Le véritable but est de lutter contre les forces démocratiques syriennes et d’occuper des parts de territoire syrien en plus.

Ils étaient donc 6 cette semaine à quitter les bandes armées qui soutiennent la Turquie dans son projet d’invasion de la Syrie. Parmi eux, il y a Mahmoud Ahmed Mari d’Alep. On lui a confié des tâches de police à l’intérieur de la ville de Jarablus pendant environ trois mois.

Mari s’est adressée aux jeunes gens qui connaissent les mensonges de l’occupation turque et les a appelés à se rendre dans les zones libérées et à travailler pour libérer la Syrie des avec les forces démocratiques syriennes
Nabih Mohammed Ghazal, de la région de Jabal al-Zawiyyah dans la province d’Idlib, a également quitté les bandes armées qui se battent aux côtés de l’armée d’occupation turque.
Ghazal a déclaré qu’il s’était éloigné après avoir appris les mensonges de l’Etat turc. Il n’acceptait pas les combats menés contre les forces démocratiques de la Syrie.

CIMETIÈRE DE MEHMET KARASUNGUR
DESTRUCTION ET PROFANATION

https://www.youtube.com/watch?v=eoAluHj9NAY
Carpentras, le 10 mai 1990. Le cimetière juif avait été profané. 34 tombes avaient été dégradées par des sympathisants néonazis et des skinheads. Les plus grands responsables politiques français de l’époque, de Jack Lang à Pierre Maurois, se rendent sur les lieux.

Tombouctou, Mali, en avril 2012. Le groupe armé Ansar Dine détruit les mausolées des grands saints locaux, provoquant l’effroi et la consternation tant des habitants que des plus grandes instances internationales.

Qandil, ce mercredi, le régime AKP vient de lancer ses bombardiers pour détruire le cimetière de Mehmet Karasungur, un cimetière où reposent les anciens combattants de la guérilla. A côté du cimetière, se trouvait un musée dans lequel étaient archivées toutes les données concernant les défunts.
Chaque semaine, de nombreuses familles venaient se recueillir sur la tombe de l’un de leurs proches.

Les habitants de Qandil sont sous le choc.
Maruf Resul Mustafa, du village de Enzê, a rappelé que les habitants de Qandil avaient déjà alerté les autorités internationales, les associations de droits de l’homme, les organes de presse, pour qu’on mette un terme aux agressions de la Turquie.
Les forces d’invasion turques, explique-t-il, massacrent et emprisonnent nos frères et nos sœurs, et elles brûlent leurs villages au Kurdistan du nord. Ils bombardent aussi les villages du Rojava. Maintenant, ils bombardent les cimetières de nos martyrs. Mais quelles offenses nos morts, nos oiseaux et nos colombes ont-ils bien pu leur faire ? Pourquoi est-ce qu’ils les visent ? Il est évident qu’ils n’ont pas peur uniquement des Kurdes vivants, mais des kurdes morts aussi.
Carpentras, Tombouctou, Qandil… des néonazis, Al Qaeda au Maghreb islamique, ou bien l’AKP.
A chaque fois, la même vision de l’histoire, de la mémoire et du respect dû aux défunts. À chaque fois, la même conception dégradante de l’humanité.

TURQUIE
GRÈVE DE LA FAIM DANS LES PRISONS

Une grève de la faim a débuté voilà déjà plus de 50 jours dans la prison de Şakran, près d’Izmir.
Depuis, le mouvement de grève s’étend à de nombreuses prisons du pays. Les prisonniers dénoncent l’isolement imposé au leader kurde Abdullah Ocalan dans sa prison d’Imrali, ainsi que les violations répétées des Droits de l’homme dans les établissements pénitentiaires. Enfin, les grévistes de la faim entendent dénoncer la nouvelle vague de violence et de guerre menée par le gouvernement AKP dans le dossier kurde.
Les grévistes de la faim doivent affronter la violence de leurs geôliers. Cihan Önen, la sœur de Bariş Önen, enfermé à Şakran, a expliqué à l’agence ANF comment les gardes insultaient et frappaient les détenus. Des gendarmes tirent les dames âgées par les cheveux sur le sol. Les familles qui tentent de visiter leurs proches subissent également des agressions.
Şakran, c’est aussi cette prison où des mineurs sont détenus. Deux jeunes filles de moins de 18 ans et enceintes sont enfermées à Şakran. La nuit, leurs cellules sont fouillées. D’autres femmes qui ont leur bébé avec elles dans leurs cellules ne disposent même pas d’eau chaude pour la préparation des biberons.
Fatma Demirel, une avocate de la branche d’Izmir de l’ÖHD, a constaté qu’un bébé emprisonné de 8 mois recevait de la nourriture reconstituée avec un robinet d’eau froide. Prises de toux intenses, la toute petite fille n’a pas non plus pu être hospitalisée.
En date du 6 avril, ils étaient une centaine à travers les prisons turques à avoir entrepris cette grève de la faim, illimitée dans le temps et sans alternance.
Cette grève de la faim dans les prisons concerne aussi des responsables emprisonnés des partis HDP et DBP, qui se joignent par solidarité à cette grève pour des périodes de 5 jours.

Ayhan Bilgen, Meral Danis Bestaş et Nihat Akdoğan ont ainsi rejoint le mouvement des grévistes en début de semaine.

TURQUIE
VERS LE RÉFÉRENDUM

Plus qu’une semaine avant le référendum du 16 avril en Turquie, un référendum où se joue l’avenir du régime turc et celui de son président, Erdogan.
La coalition AKP-MHP entend bien faire passer le changement de constitution. Pour parvenir à ses fins, les tribunaux et la police empêchent les partisans du « NON » au changement à se faire entendre.

Vous connaissiez cette chanson ? En Turquie, vous aurez de plus en plus de mal à l’entendre. La deuxième chambre du tribunal de paix de Mersin vient de l’interdire ce 01 avril. « Bêjin Na- dites non », inciterait les gens à la haine et à l’animosité.
Pour interdire cette chanson du HDP qui milite pour le non au changement, le tribunal de Mersin a estimé qu’il n’était pas constitutionnel de dire Non au slogan « un drapeau, un Etat, une nation » qu’Erdogan va répétant de ville en ville.
La chanson du HDP avait déjà été interdite par les gouverneurs de Van, de Mus et d’Amed avant que le tribunal de Mersin ne prenne une décision ayant valeur nationale.

Vous aimiez Deniz Naki, du club de foot Amedspor ? C’est dommage, vous risquez de ne plus le voir non plus sur les pelouses. Il a été condamné à 1 an et 6 mois de prison pour la propagande terroriste qu’il entretenait, selon le tribunal de Gaziantep, sur les réseaux sociaux. Le footballeur avait simplement posté des messages concernant les villes kurdes placées sous couvre-feux. Naki appelait à la fin de la guerre sur les réseaux sociaux.

Vous lisiez le journal Sujin ? Deux de ses journalistes, Nismiye Güler et Zeynep Turgut ont été embarquées par les forces de police suite à un contrôle d’identité, ce jeudi. On est toujours sans nouvelles d’elles.

*

Signalons aussi que les sites web d’ANF, de Özgürlükçü Demokrasi et de Haber ont été bloqués par l’ICTA, La haute autorité pour les technologies de la communication et de l’information de Turquie.

*

Enfin, et surtout, il y a les vagues massives d’arrestations et d’emprisonnements qui frappent tous les responsables politiques de l’opposition en Turquie. Si l’on s’en tient à la seule journée de ce mercredi, il y a eu 38 arrestations à travers les provinces d’Adana, de Mersin, du Hatay, d’Istanbul et d’Erzurum. Les personnalités arrêtées le plus souvent lors de raids à domiciles étaient membres du HDP ou du ESP, le parti socialiste des opprimés. 12 autres personnes ont été condamnées dès le lendemain de leur arrestation à Dersim et envoyées à la prison d’Elazig.

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