Ronahi TV • Journal du 5 mars 2017

Ronahi TV

Voici les “chroniques de la révolution kurde”, journal télévisé présenté par Ronahi TV chaque dimanche.Un retour en textes et vidéo, sur la semaine du 26 février au 4 mars 2017.

Il s’agit d’une émission d’informations régulière en langue française, que vous retrouverez ici, chaque semaine, en partenariat avec Kedistan.

Gros titres

  • SYRIE DU NORD : BAB
  • MINBIJ : VIOLENTES ATTAQUES
  • MINBIJ : NOUVELLE CONFIGURATION DES FORCES EN PRÉSENCE
  • XANASOR : ALLIANCE AKP-PDK CONTRE SENGAL
  • XANASOR : EXPLICATIONS
  • SENGAL : LES RÉACTIONS
  • VERS LE RÉFÉRENDUM : ENCORE DES ARRESTATIONS
  • TURQUIE : ET SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE ?

SYRIE DU NORD
BAB

Après plus de 100 jours de bombardements intensifs, les forces armées turques ont enfin réussi à prendre le contrôle de la ville stratégique de Bab. Est-ce enfin une victoire militaire pour la Turquie ?

Bab, la ville clé de la Syrie du nord, la ville qui aurait dû faire la jonction entre les deux cantons kurdes d’Afrin et de Kobani, était sous le contrôle de Daesh. Aujourd’hui, ce sont les forces armées turques accompagnées de leurs bandes armées qui contrôlent la ville. Elles ont en pris le contrôle le jour même où débutait la conférence de Genève.
Ilham Ehmed, la co-présidente du conseil démocratique syrien, le MSD, a analysé ce qui s’est passé à Bab.
Ce qui s’est passé à Bab est exactement de la même nature que ce qui s’est produit à Jarablus. Il n’y a eu aucune victoire militaire, il y a juste eu un marchandage entre la Turquie et le Daesh.

Comme à Jarablus, Daesh n’a pas quitté la ville de Bab. Les anciens occupants sont toujours les mêmes, seuls les drapeaux, les noms et les uniformes ont changé. A Bab, dit Ilham Ehmed, le Daesh s’est déguisé pour offrir au régime turc cette pseudo-victoire.

*

En attendant la ville de Bab est aujourd’hui totalement détruite. Et les conséquences humanitaires sont désastreuses : il y a eu des dizaines de milliers de réfugiés qui ont dû venir chercher un refuge dans le canton d’Afrin et à Minbij. Et Ilhem Ehmed de dénoncer l’hypocrisie des Nations Unies, qui refusent toujours de considérer que le canton d’Efrin et la ville de Minbij sont des zones d’immigration considérées comme sûres par des centaines de milliers de personnes à travers tout le territoire syrien. Or, aucune aide internationale n’arrive à Afrin. L’objectif, selon Ehmed, est de forcer les réfugiés qui ont trouvé un refuge à Afrin de se rendre, poussés par la faim, jusqu’en Turquie.
Lundi, un groupe de réfugiés de la ville de Bab qui fuyait les envahisseurs turcs s’est retrouvé dans un champ de mines posées par le Daesh ; 16 personnes ont perdu la vie. Et des centaines d’autres réfugiés arrivent chaque jour dans le canton d’Afrin.

*

Sur le plan politique, l’arrivée de la Turquie à Bab permet d’imposer au régime de Damas la prise en considération d’une partition ultérieure de la Syrie, en considérant que maintenant, Bab et toutes les régions déjà conquises par les forces d’invasion turques resteront turques. A cet effet, des dizaines de postes militaires sont d’ailleurs construits pour affirmer la pérennité de la présence turque en Syrie. Or, dit Ehmed, si le régime syrien s’impliquait dans de telles négociations portant sur la fragmentation du territoire syrien, le MSD s’y opposera de tout son poids. Le MSD, a encore dit Ilhem Ehmed, se battra pour préserver l’unité de la Syrie.

MINBIJ
VIOLENTES ATTAQUES

L’accord conclu entre la Turquie et Daesh concernant la ville de Bab a aussi des répercussions sur une autre région, celle de Minbij. Depuis mercredi, le Daesh et la Turquie ont coordonné leurs attaques sur les villages au sud-ouest de Minbij, où de violents combats ont toujours lieu.

L’épisode de Bab, où l’on aura vu des éléments de Daesh hostiles à l’abandon de leur ville aux forces turques, a été une moment difficile pour le président Erdogan et ses troupes. Dorénavant, c’est une page qui a enfin été tournée dans les relations qui le lient aux bandes de Daesh.

A Minbij, la réconciliation des deux forces, Daesh et la Turquie, a eu des répercussions militaires immédiates : les attaques contre les villages libérés et protégés par le conseil militaire de Minbij sont à nouveau coordonnées entre l’Etat-major turc et Daesh.

La nuit de dimanche à lundi, les forces armées turques bombardaient les villages de Kavakli, Ulaşli et Biwehic, trois villages situés à l’ouest de Minbij.

Et mercredi, les forces du conseil militaire de Minbij ont dû affronter une attaque coordonnée de la Turquie et du Daesh. La Turquie s’attaquait aux villages de Gorhiko, de Holash et de Xalidé tandis que les bandes de Daesh un peu plus loin, dans les villages de Mesterihê et de Cedidê, lançaient une offensive.

Sherwan Derwish, le porte-parole du conseil militaire de Minbij, a donc soulevé la question d’un accord conclu pour attaquer Minbij. Quoi qu’l en soit, a affirmé le porte-parole, ces attaques révèlent la coopération entre les forces armées turques, les bandes qui les accompagnent, et le Daesh.

Heureusement, le conseil militaire de Minbij parvient à refouler les agresseurs. Jeudi, 12 corps des membres bandes armées qui accompagnent les forces turques étaient retrouvés sur le sol.

Poursuivant l’agression, c’est avec des missiles de type Katyusha que la Turquie a dès jeudi frappé le village d’Ulaşli.

Vendredi, les forces du conseil militaire de Minbij repoussaient l’agression de Daesh à hauteur des villages de Mesterihê et de Til Hozan. Les combattants de Minbij y ont retrouvé 5 corps abandonnés du Daesh. Pendant ce temps, l’artillerie turque pilonnait la ville d’Arima, située entre Bab et Minbij.

Les combats autour de Minbij sont toujours en cours. Et les civils fuient…

MINBIJ
NOUVELLE CONFIGURATION DES FORCES EN PRÉSENCE

Le conseil militaire de Minbij a signé un accord avec la Russie. Pour protéger les civils sur la ligne de front qui sépare la région occupée de Shehba des villes et villages libérés autour de Minbij, un corridor a été remis aux forces du régime syrien.

Si l’on considère la région, on constate qu’au nord de Minbij, la rivière Sajur a été choisie par les forces de la coalition comme zone limite à ne pas franchir par les forces d’invasion turques.
A l’ouest de Minbij, le conseil militaire a choisi de confier la ligne de front à des éléments des forces syriennes. Toute cette zone sensible sera supervisée par les russes, qui se sont engagés à en assurer la sécurité. Tant au nord qu’à l’ouest, la sécurité de Minbij semble donc provisoirement acquise. Ces opérations militaires provoquées par la Turquie auront malgré tout eu comme conséquence de retarder les opérations menées par les Fds pour reprendre Raqqa.

La situation est actuellement la suivante : La Turquie a prétexté l’invasion du nord de la Syrie pour protéger sa frontière du Daesh. Or, il n’y a plus nulle part de point de contact entre la frontière turque et le Daesh. D’où la question, qui deviendra de plus en plus sensible politiquement : que fait encore la Turquie en Syrie ?

XANASOR
ALLIANCE AKP-PDK CONTRE SENGAL

Après être revenu d’Ankara, où il était en visite dimanche et lundi, Massoud Barzani, le président du PDK, a lancé une attaque en règle contre les positions tenues par les unités ézidies d’auto-défenses, les YBS, ce vendredi.

Le président du gouvernement régional du Kurdistan d’Irak, Massoud Barzani, a de nombreux liens commerciaux, politiques et militaires avec la Turquie.

Vente et achat de pétrole, invitation faite aux troupes turques à occuper le sol irakien à hauteur de la ville de Bashika, visites de courtoisie en période électorale. Tous deux redoutent la contagion de la révolution menée au Rojava. Tous deux partagent la même animosité devant les avancées des unités YPg au Rojava et YBş au Başur.

Vendredi, une attaque concertée des forces armées du PDK et de l’AKP sur les positions ézidies à hauteur de Xanasor, à l’ouest de Sengal, a consommé la trahison du vieux leader kurde face à l’Histoire et face à son peuple.

*

A 6 heures du matin, les forces spéciales du KDP- les unités Zerevan – attaquaient avec des formations de peshmerga les unités YBş à hauteur de la ville de Xanasor.
Des tanks et des armes lourdes ont été utilisés pour tenter d’enfoncer les positions des YBS, les forces d’auto-défense de Sengal.
Les civils ont du se terrer chez eux, et de nombreuses maisons ont été détruites par les tirs.
Lors des combats, 4 combattants du PDK ont été faits prisonniers. On a ainsi pu en savoir davantage sur la composition des groupes qui agressent Xanasor.

Sur les 4 combattants, deux sont des anciens du Daesh. Ces deux hommes avaient ensuite quitté Daesh pour rejoindre les troupes de l’armée syrienne libre quand les forces turques ont lancé l’opération ‘Bouclier de l’Euphrate » pour envahir le nord de la Syrie.

Ces deux anciens de Daesh ont alors été incorporés dans une unité spéciale, appelée les peshmerga du Rojava, et transportés jusqu’à Hewler après la rencontre d’Erdogan et de Barzani à Ankara de lundi.

Ces soldats de l’alliance AKP-PDK sont encadrés et formés par les forces spéciales turques et par le MIT, les services secrets de Turquie.
Bloqués par la résistance des unités YBş, les agresseurs ont dû interrompre leur assaut en fin de matinée. Des dizaines de combattants des peshmergas du Rojava ont été tués, et des dizaines d’autres se sont rendus aux unités YBS, en affirmant qu’ils ne voulaient pas s’engager dans le jeu du PDK et mener des combats fratricides. On a déploré la perte de 7 combattants des unités YBS et une vingtaine de blessés lors de cet assaut.

XANASOR
EXPLICATIONS

Les combats engagés à Xanasor s’insèrent dans un projet plus global, un projet imposé par la Turquie pour le Kurdistan situé sur le sol irakien, le Başur. Il s’agit d’une part de frapper le PKK à Qandil et d’autre part d’isoler complètement Sengal pour casser le processus politique et militaire d’émancipation des Ezidis.

A Qandil, les frappes aériennes se poursuivent jour après jour. L’objectif des avions et des drones de l’armée turque est de frapper les unités HPg de la guérilla du PKK, qui se réfugient dans les montagnes irakiennes.

Mardi, les bombardiers ont ainsi frappé les villages de Zergelé et de Bukriska.
Toutes ces frappes aériennes, qui n’ont que fort peu d’impact sur les forces de la guérilla, ont en revanche des conséquences désastreuses pour les villageois, qui voient leurs villages et leurs plantations détruits. Du côté du gouvernement kurde d’Irak, sous l’autorité du PDK, on n’observe aucune réaction face à ces agressions sur leur propre territoire. Il semble en attendant que ces frappes visent à préparer une offensive majeure de la Turquie à Qandil. C’est la suite de cette fuite en avant des autorités turques, dont l’action risque sous peu d’être entièrement bloquée en Syrie.

L’autre point noir des autorités du PDK et de l’AKP, c’est la ville de Sengal.
Les habitants de la ville gardent le souvenir de la trahison des peshmerga du PDK qui les avaient abandonnés sans armes aux Daesh lors des journées tragiques d’aout 2014.
Secourus par les combattants YPG du Rojava et par les unités de la guérilla HPG, les survivants du génocide avaient pu emprunter des corridors sécurisés pour rejoindre des camps de réfugiés du Rojava.

Ensuite, les survivants ont décidé de reprendre leur destin en main, et ils ont formé des unités d’auto-défense, les YBS, afin de bouter le Daesh hors de leur ville et de leurs terres. Ces unités YBS et YBS-jin, les unités de femmes, sont fidèles à l’héritage politique et philosophique de la révolution kurde initiée par Abdullah Ocalan.
La question politique en suspens restait donc qu’ils puissent, à l’instar des villes du Rojava, s’autogérer.

Le PDK a alors mis en place un blocus sur la ville, pour contraindre ses habitants à respecter l’autorité de son parti et de son gouvernement. La seule voie d’accès vers le monde extérieur, vers le Rojava, est la route qui va à Hasaké et à Shedaddi, tenues par les FDS du côté syrien et par les YBS du côté irakien. C’est cette même route qui permettait lors de l’assaut du Daesh d’évacuer les civils Ezidis vers le Rojava.
Xanasor se situe sur cette route. Couper la route plus à l’ouest, c’est isoler totalement Sengal.
Pour y parvenir, il fallait une unité de combattants qui porte un nom local, d’où le nom choisi de peshmerga du Rojava, pour tenter de couvrir de légitimité cette aventure militaire du PDK et de l’AKP à cheval entre les zones de contrôle des unités ézidies YBş et des unités kurdes YPG.

Selon des rapports reçus, il y aurait 80 peshmerga du PDK qui auraient refusé de rentrer dans la combine conçue à Ankara. Ces peshmerga ont donc décidé de désobéir aux ordres de leurs supérieurs et de ne pas attaquer les positions ézidies.
Tous ces peshmerga ont été arrêtés par les services de sécurité du PDK, les Parastin, et il semble que leur vie soit aujourd’hui en danger. Ils ont été transférés hier de l’autre côté de la frontière et confiés au MIT.

SENGAL
LES RÉACTIONS

Cette attaque en règle sur une population qui ne s’est pas encore remise des attaques génocidaires du Daesh en aout 2014 a soulevé une vague d’indignation, sur place, mais aussi dans tout le Kurdistan.
Pour se défendre, les civils de Sengal ont pris les armes : depuis les camps de tentes sur la montagne de Sengal, ils sont descendus jusqu’à Xanasor.

Les mères, ces femmes décidées et courageuses de Sengal, ont marché jusqu’aux positions occupées par les forces du KDP et des Peshmerga du Rojava. Elles leur ont crié : « Vous nous avez quittés et vous avez fui quand Daesh attaquait Sengal, qu’est-ce que vous faites ici maintenant ? On ne veut pas que le KDP nous protège, on ne veut pas de force militaires ici, à part les YBS et YJS et les unités de la guérilla HPG et YJAstar. »

A Qamishlo, mais aussi à Derik, où se trouvent de nombreux réfugiés Ezidis, la population a manifesté pour dénoncer cette entreprise militaire menée par le PDK et l’AKP.

Il y a également eu une manifestation en Allemagne, dans la ville d’Hanovre, hier samedi.
Le centre culturel ézidi de Celles a annoncé par communiqué la pression doit être mise sur le KDP pour qu’il corrige ses erreurs et qu’il reconnaisse la volonté de liberté et d’autonomie des Ezidis. Nous dénoncerons, dit le communiqué, la politique du KDP contre les Ezidis devant le monde entier. Et jamais nous ne laisserons notre peuple seul devant les attaques menées par la collaboration du Daesh, de l’AKP et du PDK. Le communiqué appelle tous les Ezidis d’Europe à ne pas rester silencieux et de manifester contre cette trahison.

BAKUR- KURDISTAN DU NORD
L’HORREUR, UNE FOIS DE PLUS

Dans la région d’Omeryan, proche de Mardin, les forces armées turques poursuivent leur campagne militaire dans les villages kurdes. Incendies, pillages, torture et exécutions se poursuivent. Les enfants sont traumatisés. Le bétail des paysans est abattu.
Cette vague de violence à l’encontre de populations civiles dans le Bakur a commencé le 10 février, lors du couvre-feu et de l’attaque militaire sur le village de Xerabê Bava.
Le village a été encerclé. Les paysans n’ont plus eu le droit de sortir de leurs maisons, ni même de regarder par les fenêtres. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées, torturées sur la place publique, envoyées en prison ou immédiatement exécutées.

Les forces armées turques bénéficient du soutien absolu du régime pour mener leurs exactions. Le ministre turc des affaires intérieures, Süleyman Soylu, s’est fait présenter cette photo de l’un de ces villageois torturé, Abdi Aykut, un homme de 57 ans. Il a reconnu publiquement que dans le cadre de la lutte contre le PKK, la torture était pratiquée à Xerabê Bava.

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A Xerabê, les opérations militaires se sont terminées après 19 jours. Les animaux des paysans avaient été éviscérés. Des corps de chats brûlés abandonnés dans le village. Les maisons de pauvres gens avaient été transformées en poste militaires, et des petites filles de13 -14 ans devaient faire la cuisine et servir la soupe des soldats qui les terrorisaient. Maisons et granges ont été incendiées.

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Ces opérations militaires se sont étendues à d’autres villages de la région de Mardin : à Talate, à Cibilgirav, à Qrdisê. Au fur et à mesure que le couvre-feu instauré se termine dans un village, il recommence dans un autre.

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Quand le couvre-feu est instauré, toutes les communications téléphoniques sont coupées, les routes qui mènent aux villages sont fermées tant aux proches des familles qu’aux députés ou responsables politiques locaux.
L’électricité et l’eau sont également coupées. Les rares documents qui parviennent vers le monde extérieur sont ceux des membres des forces turques, qui s’exaltent de leurs crimes sur les réseaux sociaux.

VERS LE RÉFERENDUM
ENCORE DES ARRESTATIONS

La campagne du référendum bat son plein en Turquie. Pour imposer le changement à la constitution, les journalistes et les élus sont quotidiennement arrêtés et envoyés en prison.

Ibrahim Ayhan, député du parti Hdp pour Urfa, devait prendre l’avion pour Ankara ce lundi. Il a été arrêté à l’aéroport. Le mandat d’arrêt qui le concerne se fonde sur un discours du député qu’il avait tenu à Şirnak.

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Gulistan Diken Akbaba, une administratrice du parti DBP vient d’être condamnée par la 16ème haute cour criminelle d’Istanbul. Elle a été envoyée en prison à Bakirköy, avec son petit bébé de 7 mois.
Gulistan avait déjà fait un an et demi de prison, puis elle avait été relâchée en janvier 2012, avant d’être ré-arrêtée. Elle et son bébé devraient, selon son avocate, rester enfermés pendant 2 ans et 10 mois avant de pouvoir profiter de mesures de libération conditionnelle.
Le dossier instruit contre elle avait été rédigé par un juge, Mehmet Ekinci, aujourd’hui emprisonné dans le cadre de son appartenance au réseau Fetho, du prédicateur Fethullah Gülen. Les preuves retenues contre elle consistent en un ensemble de coups de téléphone passés avec sa famille et ses amis, en lettres reçues et écrites en prison, et de morceaux tirés de son journal intime, des morceaux écrits quand elle avait 13 et 14 ans.

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Deniz Yücel, le correspondent pour le quotidien allemand Die Welt, avait été arrêté le 14 février. Il a été entendu par le procureur pendant plus de trois heures avant d’être ré-enfermé pour avoir « répandu de la propagande pour une organisation terroriste ». Lors de son interrogatoire, le procureur lui a posé des questions sur son entretien avec le co-président du KCK, Cemal Bayik, en 2015, ainsi que sur ses rapports écrits concernant Cizre, Yuksekova et la politique de la Turquie en Irak.

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Arif Aslan, un journaliste, a été condamné ce jeudi à 1 an et trois mois de prison par la 4ème haute cour criminelle de Van. La justice turque lui reproche ses messages postés sur Facebook.

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La journaliste Zehra Dogan, avait été relâchée de sa prison de Mardin le 9 décembre.  Elle vient cependant d’être condamnée à une peine de 2 ans et 9 mois de prison.
La justice lui reproche ses messages sur les réseaux sociaux et son article du 22 décembre 2015, un article consacré à la petite Elif Akboga de 10 ans.

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Et puis, à Siirt, 40 personnes ont été arrêtées ce jeudi lors de raids à domicile dans le village d’Eyne. Dans presque chaque famille du village, un membre a été capturé par les gendarmes turcs et emmenés au poste militaire tout proche pour y être interrogés. Sans qu’aucune raison ne soit apportée, les soldats ont alors mené des fouilles dans les maisons du village.

TURQUIE
ET SUR LA SCÈNE INTERNATIONALE ?

Les nombreuses atrocités perpétrées par le régime turc tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de ses frontières finissent par susciter l’attention des institutions internationales.

En Allemagne, des municipalités ont même décidé d’interdire des réunions organisées où devaient se produire les ministres turcs de la justice et de l’économie.

*

Il y a aussi ce rapport du « Bureau Turquie » du conseil des Nations unies pour les droits de l’homme, un rapport qui dénonce les crimes et les massacres perpétrés par l’Etat turc à Cizre, à Nuseybin et à Sur. Selon nos sources, il apparait que ce dossier sera mis à l’agenda de la 34ème session du comité des Nations unies sur les droits de l’homme.
Ce dossier a aussi été présenté au conseil de sécurité des Nations unies.
Ra’ad Zeid al Hussein, le haut-commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme avait déjà affirmé que les massacres au Kurdistan du nord étaient tragiques, et qu’il ne les laisserait pas se poursuivre.
Jeudi, lors d’une réunion avec une délégation du parti HDP, le responsable du bureau des Nations unies pour les droits de l’homme, Gianni Magazzeni, a affirmé qu’ils en étaient arrivés à la conclusion, au sein du « bureau Turquie », que la Turquie avait commis des crimes contre l’humanité.

Un rapport établi par le Centre hospitalier universitaire vaudois sur le corps de Berjin Demirkaya, une des victimes des caves de la terreur à Cizre, avait établi que les victimes avaient d’abord été tuées par des armes à feu avant d’être brûlées. Ce rapport aurait eu une influence sur les conclusions du conseil des nations unies concernant des crimes contre l’humanité perpétrés dans le Bakur.

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Jeudi toujours, les responsables du comité pour la prévention de la torture -CPT- ont rencontré les responsables de la délégation internationale d’Imrali pour la paix.
Federico Venturini, professeur à l’université de Leeds et Francis Wurtz, membre honoraire du parlement européen, avaient voulu rencontrer avec l’ensemble de leur délégation les prisonniers politiques Abdullah Ocalan et Selahattin Demirtas. Les autorités turques leur avaient interdit ces rencontres.
Lors d’entretiens menés dans les différentes villes du Kurdistan du nord, la délégation avait alors eu l’occasion de s’entretenir avec les victimes et les témoins de la spirale de la violence qui sévit en Turquie.
Un rapport de la délégation qui souligne le non-respect de la Turquie concernant les recommandations du CPT sera largement diffusé au parlement européen, au conseil de l’Europe et aux Nations unies.

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