Les pierres de l’artiste syrien Nizar Ali Badr

Le sculpteur syrien Nizar Ali Badr est un homme discret. Les mots ne sont pas son truc. Lui c’est les pierres.

11143458_1641144889489161_2478262250651338356_nJe ne sais rien de lui, ni d’où il vient exactement, ni où il est juste maintenant. Je trouve sa trace sur deux, trois sites turcs. Emus par ses compositions sur les réfugiés syriens, ils présentent Nizar Ali comme “migrant”.

Sur son Facebook je vois qu’il habite à Lattaquié en Syrie. Y est-il encore ? Sinon, où a-t-il atterri ? J’aurais voulu tellement en savoir plus. Je ne parle pas l’arabe. J’essaye alors désespérément de déchiffrer ses rares mots en traduisant avec des outils médiocres. Malgré l’approximation des traductions, je ressens la sagesse, la simplicité, une immense amour pour l’humanité, et l’espoir. Ces mots rejoignent totalement la poésie qui découle de singulières pierres, touchées par les mains d’artiste.

Je finis enfin par trouver quelques photos de lui, fondues au milieu d’une inimaginable collection de compositions de galets et de pierres sculptées.

Nizar Ali, raconte la vie.

Nizar Ali raconte la vie avec des pierres.

Je suis sûre que vous avez quelques cailloux chez vous. Nous en avons toutes et tous. Quelques unes de ces pierres que nous avons ramassées à toutes les époques de notre vie, souvent sans savoir pourquoi. Celles qui ont rempli nos paumes d’enfant, celles qui ont titillé nos yeux d’adulte, celles que nous avons oubliées au fond d’une poche au retour à la maison. Et celle que nous voulons absolument garder, qui est posée sur un meuble. Notre préférée.

Mais pourquoi donc  ramasse-t-on des pierres ? Pourquoi on ne peut pas s’empêcher ? On la voit, sur le sol, sur le sable, parmi d’autres. On la voit, elle. C’est un réel rencontre. Quelque chose en elle nous parle. Sa forme, sa couleur, ses dessins, sa texture, la façon dont elle brille ou non d’ailleurs. On tend la main et on la prend. Le toucher… Comme dans une histoire d’amour. Ce n’est pas pour rien que les manchots offrent des galets à leur partenaire avant de s’accoupler.

Nos pierres collectées nous racontent des histoires intimes que seuls nous connaissons et parfois sans pouvoir les exprimer avec des mots.

Celles de Nizar Ali, racontent la Vie.

Tout ce qui fait partie de la Vie est là… Les gens, l’amour, les enfants, la joie… La tristesse, le malheur, la guerre, la mort, et l’exil aussi…

Je vous invite à survoler cette collection que je configure soigneusement en mode “aléatoire”, pour mêler le bonheur au chagrin, autant que la Vie le fait.


Nizar Ali Badr Fanpage Facebook composition de pierres – جبل صافون jabal saphoon 
Si vous souhaitez prendre contact avec l’artiste, nous vous prions d’utiliser les liens de ses pages Facebook que nous mettons à votre disposition. (Contact uniquement en arabe). Désormais Kedistan ne donnera plus suite aux messages sollicitant une prise de contact avec l’artiste… qui a depuis “tracé son chemin”…


En août 2018, cet article aura dépassé les 250 000 consultations depuis sa mise en ligne et trouvé un relai sur plusieurs centaines de supports magazine d’infos de par le monde… Longue vie à l’artiste !


Vous pouvez utiliser, partager les articles et les traductions de Kedistan en précisant la source et ajoutant un lien afin de respecter le travail des auteur(e)s et traductrices/teurs. Merci.

The stones of syrian artist Nizar Ali Badr

The syrian sculpteur Nizar Ali Badr is a discrete man. Words aren’t what make him tick. Stones make him tick.

I know nothing about him, where exactly he comes from, nor where he is at the moment. I find traces of him on a couple of turkish websites who, touched by his compositions about syrian refugees, present Nizar Ali as a ‘migrant’.

nizar-ali-badr-kedistanI’ve seen on his facebook page that he lives in Lattaquié, in Syria. Is he still there? And if not, where has he ended up? I would’ve liked to know more. I don’t speak any arabic. So I try in vain, using mediocre means of translation, to decode his few words. Despite the vagueness of the translation, I feel his wisdom, simplicity, an immense love for humanity, and hope. His words are one and the same with the poetry which flows from each individual stone touched by the artist’s hands.

I ended up finding a few photos of him, melted into a backdrop of an unimaginable collection of sculpted stones.

Nizar Ali tells us of life.

Nizar Ali tells of life with his stones.

I’m sure that you’ve got some stones in your home. Everybody does. Those stones that we’ve all collected at different moments in our lives, often without knowing why. Those stones that filled the palms of our childhood hands, that twinkled in our adult eyes, those stones that, once home, we forgot in the bottom of our pockets. And those stones that we wanted to keep at all costs, displayed on the mantlepiece. Our favourites.

But why do we collect stones? Why can’t we help ourselves? We see a stone, on the ground, in the sand, there amongst so many others. We see it, and it’s a true encounter. Something speaks inside of us. It’s shape, it’s colour, it’s designs, it’s texture, the way it does (or doesn’t) shine. We reach out our hand and pick it up. To touch it…. it’s like a love story. Ce n’est pas pour rien que les manchots offrent des galets à leur partenaire avant de s’accoupler.

Our collections of stones tell us intimate stories that only we know and that we sometimes lack the right words to express.

The stones of Nizar Ali tell us of life.

Everything that makes up life is present… People, love, children, joy… but also sadness, war, death, exile…

I invite you all to have a look at the collection I’ve carefully put together, to add some happiness to the remorse, just as life itself does.


Nizar Ali Badr Fanpage Facebook composition stones – jبل صافون abal saphoon
If you wish to contact the artist, please use the his Facebook links (Contact only in Arabic). From now on Kedistan website will not respond to the emails containing requests to contact with the artist.


Lo scultore siriano Nizar Ali Badr è un uomo discreto. Le parole non fanno per lui, ma le pietre sì.
Non so nulla di lui, da dove viene esattamente o dove si trovi in questo momento, trovo le sue tracce su un paio di siti turchi dove viene presentato come “migrante” e dove le sue composizioni sui rifugiati siriani hanno suscitato commozione.
Ho visto sulla sua pagina facebook che vive a Lattaquie, in Syria, ma si trova ancora là? Se non è nel suo paese, dove è finito? Mi piacerebbe sapere di più, ma non parlo l’arabo. Invano cerco di decodificare le sue poche parole con mediocri mezzi di traduzione. Malgrado l’approssimazione della traduzione, percepisco la sua saggezza, la sua semplicità, un amore immenso per l’umanità, e la sua speranza. Le sue parole sono una cosa sola con la poesia che si spande da ogni singola pietra che l’artista ha toccato.
Alla fine ho trovato alcune sue foto in uno scenario costituito da una collezione inimmaginabile di pietre scolpite.

Nizar Ali ci parla della vita.
Nizar Ali ci parla della vita con le sue pietre.
Di sicuro avete delle pietre a casa, tutti le hanno. Le pietre che abbiamo raccolto in momenti diversi della vita, spesso senza saperne il motivo. Le pietre che hanno riempito i palmi delle nostre mani bambine, che hanno ravvivato i nostri occhi adulti, le pietre che, una volta a casa, abbiamo dimenticato nel fondo delle tasche. E quelle pietre che abbiamo voluto tenere a tutti i costi, in mostra sulla mensola del camino. Le nostre preferite.
Ma perché raccogliamo pietre? Perché non ne possiamo fare a meno? Vediamo una pietra, a terra, nella sabbia, in mezzo ad altre; la vediamo ed è un incontro vero e proprio. Qualcosa parla dentro di noi. Forma, colore, disegno, consistenza, come brilla, o come non lo fa. Allunghiamo la mano e la prendiamo. Toccarla… è come una storia d’amore. Non per nulla i pinguini offrono dei sassi levigati ai loro partner prima di accoppiarsi.
La nostra collezione di pietre ci racconta storie private che solo noi conosciamo, e a volte mancano le parole giuste per essere espresse.

Le pietre di Nizar Ali ci raccontano la vita.
C’è tutto quello che costituisce la vita, persone, amore, bambini, gioia… ma anche tristezza, guerra, morte, esilio.
Invito tutti ad ammirare la raccolta che ho messo insieme con cura, per mescolare un po’ di felicità al rimorso, come fa la vita stessa.

Traduzione in italiano di Silvia Pio : Margutte
Thank you Silvia…

Nizar Ali Badr Fanpage Facebook composition stones – jبل صافون abal saphoon
Se si desidera contattare l’artista, si prega di utilizzare i suoi legami di Facebook (contatto solo in arabo)


 

 

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Naz Oke
REDACTION | Journaliste

Chat de gouttière sans frontières.
Journalisme à l'Université de Marmara.
Architecture à l'Université de Mimar Sinan, Istanbul.
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