KEDISTAN http://www.kedistan.net Le petit magazine qui ne se laisse pas caresser dans le sens du poil Mon, 20 Feb 2017 23:28:48 +0000 fr-FR hourly 1 http://www.kedistan.net/wp-content/uploads/2015/10/cropped-goz-boncuk-perle-oeil-32x32.png KEDISTAN http://www.kedistan.net 32 32 “Jorjuna” • Nouvel album de Kazut de Tyr http://www.kedistan.net/2017/02/20/kazut-de-tyr-jorjuna/ Mon, 20 Feb 2017 19:05:51 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41169 Fin août 2016 l’équipe de Kedistan était présente au festival du film de Douarnenez, dont la 39ème édition était consacrée aux peuples de Turquie. Dans l’ambiance chaleureuse habituelle du festival, les projections, les débats, les rencontres battaient leur plein et les soirées débordaient de musique et de danse. Un soir, comme je regardais la joyeuse foule […]

Cet article “Jorjuna” • Nouvel album de Kazut de Tyr a été publié par KEDISTAN.

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Fin août 2016 l’équipe de Kedistan était présente au festival du film de Douarnenez, dont la 39ème édition était consacrée aux peuples de Turquie.

Dans l’ambiance chaleureuse habituelle du festival, les projections, les débats, les rencontres battaient leur plein et les soirées débordaient de musique et de danse. Un soir, comme je regardais la joyeuse foule qui dansait sous le chapiteau, qu’il y avait des gens de tous les horizons réunis là, main dans la main, des pas guidés par la musique kurde, j’ai aussi entendu la musique bretonne résonner sous le chapiteau. La transition d’une musique à l’autre s’était faite quasi instantanément. Le groupe qui s’éclatait en dansant le halay, avait embrayé le pas sans hésitation et avec enthousiasme, sur une gavotte… Je me suis dit “Les différentes cultures qui existent à des milliers de kilomètres, sont si proches ! l’Art, la musique peuvent être si unificateurs !…”. J’avais là, devant les yeux la preuve manifeste des ponts qui se créent.

Je voudrais vous parler d’un groupe, au nom breton “Kazut de Tyr” et vous allez voir, les mêmes sensations qui m’ont fait frissonner cette belle soirée de Douarnenez, vous traverseront, vous aussi.

kazut de tyr
Photo ©Eric Legret

Ils nous ont préparé un nouvel album présenté ainsi :

Un nouvel opus, reflet d’un long périple, qui leur a suggéré une mutation musicale et humaine, un chemin d’audace et d’espoir avec comme trait d’union la “danse”

 

Kazut de Tyr
Jorjuna
Graphismes ©François Barret

Un nouvel album : “Jorjuna”

Jorjuna me fait penser au mot Curcuna en turc et il est décrit sur le dictionnaire comme “sons discordants, bruits, boucan, tintamarre…” Ne vous fiez pas à cela. C’est un mot magique, utilisé surtout pour son deuxième sens “fête”, qui entraine dans son sillon, tout un petit train de noce joyeusement bruyant, excitation, réjouissance, jubilation. C’est en fait, la fiesta, la java, la nouba, le ramdam !

Gaby Kerdoncuff (trompette, bombarde et chant), Jean Le Floc’h (accordéons, bombarde) et Yves Marie “Volant” Berthou (percussions) voyagent depuis des années, en musique, de l’Europe centrale au Moyen-Orient.

La musique Kurde est mise en valeur grâce aux nombreux invités venus de là bas, tels que Azad XEILANI (chimchal, Barabans, zurnas ), et Sherwan SAEDI (Saz)…

 

Une invitation

La sortie de Jorjuna est annoncée pour le 3 mars. Nous écoutons quelques titres en primeur…

Je vous décris la rédaction du Kedistan : Tous mes camarades travaillent, chacunE dans un son coin. Je clique au hasard sur “Mihabadim”. Je vois les oreilles se dresser, y compris celles des chats. Et quasi instantanément tout le monde rentre dans la danse… Je me marre en observant, les plus speeds taper le rythme sur la table, ou du pied pour les plus calmes…

Nous nous laissons nous porter, chacunE avec sa propre lecture mélomane, selon ses affinités géographiques, culturelles et linguistiques, de Bretagne au Moyen-Orient, ou en sens inverse, au choix. Et cela arrive tellement naturellement que “tu ne sais plus où tu habites”. Non je ne parle pas de se sentir perdu, mais d’être au contraire, partout à la fois, et de se sentir chez-soi.

Nous sommes dans des contrées musicales, loin de fantasmes de métissages vidés de sens, de consommation de culture exotique, et d’exercice de style local. C’est une quête difficile, mais avec sincérité, habileté et Art, Kazut de Tyr nous offre le graal.

Gaby Kerdoncuff est un musicien créateur aux multiples facettes mêlant enracinement breton et voyages. Il a développé de nombreux projets au moyen Orient. Autrefois trompettiste des « Pires » compositeur, arrangeur, réalisateur de clips et documentaires musicaux, sa palette multiple est au service d’un parcours artistique singulier. Après avoir cheminé en Roumanie, notamment auprès d’Erik Marchand et le Taraf de Caransebes, Gaby a poursuivi son itinéraire entre Bretagne (Jabadao/ La coopérative) et les Balkans, Macédoine (Gipsy Burek Orkestar), au Moyen Orient (Khoury brothers Al Wasan/Kazut de Tyr), au Kurdistan avec Wirya Ahmed avec qui il crée Dengekan.

Accompagnateur ou initiateur de formations musicales (Termajik, participation à Kreiz Breizh Akademi, projet Al Wasan et Dengekan, et plus récemment le Bal Floc’h), Jean Le Floc’h s’attache depuis plusieurs années à refondre l’accordéon et son jeu pour mieux s’adapter au tempérament du chant breton ancien. Tombé sous le charme des gammes non tempérées, il a mis au point un prototype d’accordéon préparé avec l’aide du facteur
d’accordéon Léon Gaboriau.

Harpiste, Maëlle Vallet est originaire du Trégor. Très vite, le vif intérêt qu’elle porte à la modalité bretonne l’amène à rechercher un nouveau système sur son instrument. Ce chemin l’amène à découvrir le qânûn, cithare moyenorientale offrant une palette de couleurs et d’intervalles conséquente. Elle se forme auprès de maîtres tels que Mohammad Salah el Din pour la technique égyptienne et Goksel Baktagir dans l’appréhension du style turc. C’est avec le qânûn qu’elle revient à la modalité bretonne en effectuant un travail de recherche sur les échelles utilisées par les chanteurs de Basse-Bretagne, ce qui l’amène aujourd’hui à interpréter le répertoire de sa région sur le qânûn. Elle continue à réfléchir à la conception d’une harpe hybride qui emprunterait à son cousin le qânûn son système de leviers et qui lui permettrait ainsi d’explorer les modalités moyen-orientales et bretonne à la harpe.

Après un cursus classique en batterie et percussions digitales, Yves-Marie Berthou développe une curiosité pour les musiques traditionnelles. Il s’initie aux percussions brésiliennes et indiennes puis joue dans plusieurs formations musicales et pour le théâtre : Yog Sothoth, Mazad Kafé, Fred Combo. Depuis 2004, Yves-Marie oriente son travail vers les musiques balkaniques et turques (Gipsy Burek Orkestar, Burek, Slonovski Bal, Dengekan, Ndiaz) qu’il intègre dans le langage propre au trio. Il travaille régulièrement auprès de maîtres macédoniens, bulgares, turcs.

Lionel Mauguen est un guitariste, membre de Yog Sothoth, le brestois a accompagné Naab, joué régulièrement avec Denez Prigent, participé à Burek et au Gipsy Burek Orkestar et multiplie les collaborations avec le milieu jazz et rock brestois.



Kamar Khani
est un jeune chanteur kurde du Rojava (Nord de la Syrie). Originaire de la ville de Al Malekye (Derika en kurde), il chante depuis son plus jeune âge les chansons des kurdes de Syrie. Comme tous les jeunes de sa génération il a été baigné dans des influences multiples arabes, turques, kurdes et occidentales. Il a digéré de façon spectaculaire les influences diverses du Moyen-Orient et chante régulièrement dans les styles et langues, turques, arabes et les dialectes kurdes Sorani et Kurdmanji. Il vit aujourd’hui en France ou il poursuit des études universitaires et débute une carrière de chanteur professionnel.

Eric Menneteau est un chanteur autodidacte. Il se passionne très jeune pour le chant traditionnel du centre de la Bretagne, et affirme sa pratique grâce à ses maitres que sont Maurice Poulmarc’h, Erik Marchand et Yann-Fañch Kemener. Il fait partie de la première promotion de la Kreiz Breizh Akademi, où il étudie la musique modale. En parallèle, il se passionne pour la musique urbaine d’Addis Abeba des années 70, et tournera avec le Badume’s Band jusqu’en 2010. Il chante actuellement en concert et fest noz (Menneteau-Lange, Alambig Elektrik, Duo Menneteau-Barbedette, etc) et a également pris part à l’aventure kurdo-bretonne Dengekan.

 

A savourer avec délectation…

Patience, le 3 mars n’est pas loin…
En attendant, on vous laisse faire connaissance, et pour celles et ceux dont le chemin a déjà croisé celui de Kazut de Tyr, voilà une petite escale avant un nouveau voyage…

Et si vous voulez en savoir plus, écoutez les donc “conter” eux-mêmes, leur chemin musical…

 


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Crimes de guerre à Kuruköy, vers un nouveau Cizre http://www.kedistan.net/2017/02/20/crimes-guerre-kurukoy-nouveau-cizre/ Mon, 20 Feb 2017 17:45:26 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41338 Autour du 7 février, par une déclaration, le gouvernorat de Mardin annonçait une opération militaire dans différentes localités, dans le district de Nusaybin, et la mise en place “provisoire” de couvre feux. Kuruköy est de celles là. Le motif donné par les autorités régionales était celui d’une opération de recherche “antiterroriste”, de renseignements, et pour mettre […]

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Autour du 7 février, par une déclaration, le gouvernorat de Mardin annonçait une opération militaire dans différentes localités, dans le district de Nusaybin, et la mise en place “provisoire” de couvre feux. Kuruköy est de celles là.

Le motif donné par les autorités régionales était celui d’une opération de recherche “antiterroriste”, de renseignements, et pour mettre fin à des “refuges et caches d’armes”. Les localités concernées étaient des villages, au nombre de 11, dont Kuruköy.

Ces opérations de “nettoyage” et de mises sous siège durant plusieurs jours, par des forces spéciales turques dont on connaît les méthodes, les crimes et les exactions depuis un an, avaient ralenti depuis quelques mois, d’autant que certains de ces corps militaires et leurs supplétifs, officiaient ailleurs depuis l’irruption de l’armée turque en Syrie via Jerablus, et que le putsch manqué de juillet 2016 et les purges qui ont suivi, avaient privé depuis de chefs, certaines chaînes de commandements.

Ce répit dans les sièges et destructions au Bakur aura donc été de courte durée, et les forces de répression se sont visiblement “rattrappées” ces jours derniers, renouant avec les méthodes de terreur, interrogatoire, torture, assassinat d’humains et d’animaux, menaces armées sur les familles et les enfants, privations alimentaires et en eau, incendies… Une panoplie des crimes de guerre désormais récurrente employée contre les populations kurdes, et qui n’a rien à envier à celle des régimes militaires des années 80/90.

Lors de notre dialogue à distance récent avec Zehra, une amie journaliste d’ Amed, le 16 février, nous apprenions :

Ce soir, maintenant, je peux vous donner cet exemple. Depuis le 11 février, 11 villages de Nusaybin sont mis sous couvre-feu, et nous ne pouvons prendre aucune nouvelle des villageois. Il y a cinq minutes, nous avons appris que trois villageois avaient été exécutés. Nous ne pouvons, ni nous rendre sur place, ni nous informer sur l’identité de ces personnes. Nous avons pu apprendre de nos sources, des villageois, par des moyens détournés, seulement le fait que trois villageois aient été exécutés. Mais qui sont-ils ? Nous ne le savons pas. En tant que journalistes nous n’arrivons plus à faire notre travail. Si on se rendait sur place, nous serions nous aussi exécutéEs. Nous sommes désormais sûrs de cela. Nous ne disons plus “peut être, c’est possible”, nous disons “Si nous le faisons, nous serons tués”.

Et il est encore très difficile de documenter ce qui s’est déroulé en détail à Kuruköy. Les quelques témoignages sont fragmentaires. Les images atroces volontairement postées sur les réseaux sociaux par les forces armées, pour terroriser et se vanter de leurs “exploits” sont peu vérifiables, de telles images d’horreur tournant en boucle sur les réseaux sociaux, rattachées à tel ou tel massacre commis depuis plusieurs dizaines d’années.

Certains chiffres sont “officiels”, et sont sans nul doute sous estimés.Le bilan serait de 3 morts, 40 arrestations et 2 “disparus” depuis une semaine… ainsi que plusieurs maisons incendiées et des animaux tant de compagnie que d’élevage abattus ou égorgés. Des allégations de sévices à caractère sexuel sont avancées, tout comme des prises en otage de villageois et d’enfants.

On peut imaginer tous les sévices sortis de l’imagination de forces spéciales militaires, pour faire “parler” les populations et faire signer à des personnes qui ne lisent pas le turc des “actes d’accusation” utiles à d’autres affaires… La barbarie en ce domaine n’a pas de limites.

Mais ne comptez pas sur nous pour partager les images de corps suppliciés, et participer ainsi de la propagande des barbares fascistes.

Et là, les forces de répression n’auront pas l’alibi de “combattants” qui auraient creusé des “fossés”… Ce fameux argument qui sert de justification à toutes celles et ceux qui ont préféré condamner la stratégie de guérilla au Bakur en 2015/2016 du PKK, plutôt que dénoncer la stratégie de guerre du régime AKP pour consolider son pouvoir…

En ce sens, notre titre ne se justifierait pas, car il n’y a pas eu de “combats” à Kuruköy, pas même d’auto défense, mais un “nettoyage” en territoire majoritairement kurde. Ces crimes, lorsqu’ils pourront être documentés, si les traces ne sont pas effacées, relèveront sans doute de la caractérisation juridique de “crimes contre l’humanité”. Mais qui s’en souciera ?

Nous traduisons ci-dessous quelques sources fiables et vérifiées, sur ce massacre qui peut devenir dans la mémoire collective un nouveau Cizre.

Appel pour Kuruköy

Une dizaine de villages de Nusaybin sont sous couvre-feu depuis le 11 février, et Kuruköy, ou en kurde Xerabê Bava, en fait partie. Le village a une population d’environ 500 personnes.

Suite au manque d’informations, de nouvelles sur des exécutions sommaires, incendies volontaires et tortures, une délégation composée des députéEs, éluEs et responsables du DBP et du HDP s’est mise en route pour se rendre à Kuruköy. Bloquée 15 km avant le village, la délégation attend depuis 3 jours. Une deuxième délégation de membres et responsables du IHD (Association des droits humains, présidée par Eren Keskin) et du Barreau de Diyarbakir, est également partie pour se rendre à Kuruköy.

Erol Dora, député de Mardin du HDP, faisant partie de la délégation a déclaré que les tentatives de joindre le Préfet de Mardin sont restées sans résultat.

Nous essayons toujours d’atteindre le village. Notre contact avec nos proches se trouvant à Kuruköy est totalement coupé. Nous avons été informés que les hommes présents dans le village auraient été réunis et tenus sous surveillance. Il y a des femmes âgées qui sont restées dans le village, et elles ne sont pas autorisées à sortir de leur maisons. Nous avons appris que deux personnes auraient été blessées et hospitalisées.

Les équipes spéciales militaires et policières qui se trouvent dans les villages, sont hébergées dans les maisons vidées de leurs habitants. Nous avons appris que les militaires et policiers forcent les villageois pour se faire servir des repas, du thé… On nous apprend que les villageois ne sont pas autorisés à subvenir aux besoins les plus fondamentaux. Ils ne sont même pas autorisés à regarder par la fenêtre. Les autorités de l’Etat que nous essayons de contacter pour demander si ces informations sont confirmées, ou non, laissent nos démarches sans réponse.

Nous avons peur pour la vie des habitants du village. Nous continuerons nos démarches et efforts jusqu’à ce qu’on puisse enfin prendre des nouvelles du village.

Nous appelons les associations de droits humains, les organisations de société civile et l’opinion publique à la solidarité pour empêcher un massacre toujours possible.

Leyla Güven, La coprésidente du Congrès Démocratique Populaire (Kongreya Civaka Demokratîk) membre de la délégation sur place, parle d’une communication téléphonique avec une femme vivant dans Kuruköy. “Pour la faim, on tient encore, mais nous mourrons de soif. Parmi nous, il y a des enfants, des personnes âgées et des malades…”

Mehmet Arslan, Vice-Coprésident du DBP, s’est exprimé à son tour et il a également parlé des photographies de corps calcinés qui avaient été publiées dans les réseaux sociaux :

Nous nous sommes fait bloquer à 15 km du village. Bien que nous avons exprimé nos craintes, nous n’avons pas été autorisé à y entrer. Nous avons pu communiquer avec une personne qui avait réussi à quitter le village pour accompagner un de ses proches malade. Il nous a dit qu’une femme était portée disparue et qu’il craignait qu’elle soit tuée. Il a exprimé que la plupart des hommes du village sont mis en garde-à-vue, et qu’il ne sait pas où ils ont été emmenés, et a ajouté que ceux/celles qui sont restés au village sont lourdement torturés. Il a également confirmé que les personnes brûlées qui figurent sur les photos partagées sur les médias sociaux sont bien des civils vivant à Kuruköy.

Par ailleurs, concernant la situation à Kuruköy, le HDP a fait un appel aux organisations internationales.

Parallèlement, au Parlement, le député HDP de Mardin, Ali Atalan a adressé au ministre de la défense et des affaires intérieures, une question sur 16 points bien précis.

      1. Alors que le couvre-feu est officiellement levé, pourquoi la situation de blocus continue-t-elle sur les villages en question ?
      2. Dans les localités de Mardin, mises sous couvre-feu à partir du 11 février 2017, combien de personnes ont été mis en garde-à-vue, et avec quels motifs ?
      3. – Mardin, combien d’enfants, de malade et de handicapéEs se trouvent parmi les personnes mises en garde-à-vue à partir du 11 février 2017 ?
      4. Dans les localités de Mardin, mises sous couvre-feu à partir du 11 février 2017, combien de personnes ont perdu la vie ? Quelles sont leur identités et quelles sont les causes de décès selon les rapports des légistes ?
      5. Quelles sont les raisons du fait que les villageois aient du attendre durant des heures dans le froid, et qu’ils ne soient même pas autorisés à aller aux toilettes, lors des opérations démarrées le 11 février 2017 à Mardin ?
      6. Est-il vrai, que les villageois aient été fouillés à corps, nus, sur la place du village, et sans différencier, homme, femme, enfants, vieux, et aient subi des tortures ? Quelles sont les raisons pour ces pratiques contraires au Droit et à l’honneur humain ?
      7. Quelles sont les raisons du fait que des documents dont les villageois ne connaissent pas le contenu leur aient été fait signer par la force, y compris à celles et ceux qui sont illettréEs ?
      8. De qui les autorisations ont été obtenues pour que les militaires et forces spéciales puissent utiliser certaines maisons comme quartier général ? Est-il vrai que les biens (affaires/meubles) sont confisqués par la force ?
      9. Les forces spéciales considèrent-elles les enfants comme des menaces ? Les informations reçues relayant le fait que les enfants sont menacés, avec une arme pointée sur la tête ?
      10. Qui sont-elles, les forces spéciales qui menacent les femmes du village en disant “Si vous racontez ce qu’on fait, on vous fera exploser” ?
      11. Cette menace ferait-elle partie des “précautions prises afin d’assurer la sécurité de vie et des biens de nos citoyens” ?
      12. Quel est l’objectif de l’utilisation arbitraire de gaz dans les habitations, alors que les villageois permettent les fouilles des maisons ?
      13. Quels types de menaces est-ce que l’utilisation arbitraire de gaz sur les animaux, et la mise en incendie des étables ?
      14. Comment considérez-vous les thèses qui parlent des pressions faites sur les villageois pour qu’ils deviennent des ‘korucu’ [milices armés par l’Etat] ou des indicateurs ?
      15. Pensez-vous ouvrir une enquête administrative et juridique sur les allégations cités ci-dessus et les auteurs qui ont commis ces crimes ?
      16. Concernant les forces de sécurité, avez-vous un quelconque travail de formation, contre la torture physique, sexuelle et psychologique, dans l’objectif d’une prise de conscience des droits humains, et d’une responsabilisation ?

Que faire à distance, alors que même l’opposition démocratique en Turquie est réduite à l’impuissance par la force armée ?

Que faire alors que d’autres sont absorbés par la campagne du NON au référendum et ne sont pas informés en Turquie, même des massacres qui continuent ? Et qu’en Europe ont prépare des votations en tous sens…

Sur place, les militants ont lancé le hashtag Twitter #NusaybindeKatliamVar (Il y a un massacre à Nusaybin). Ils tentent ainsi de rompre le silence complice. D’autres  #StopWarCrimesInKorukoy ou Kurukoy sont utilisés également.

Nous ne pouvons qu’informer, dénoncer, faire du bruit, le plus largement possible, ensemble. Partagez ces informations sur vos réseaux, merci…

 


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Kerema xwe dema hun nivîsên Kedistanê parve dikin, ji bo rêzgirtina maf û keda nivîskar û wergêr, lînk û navê malperê wek çavkanî diyar bikin. Spas

Cet article Crimes de guerre à Kuruköy, vers un nouveau Cizre a été publié par KEDISTAN.

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Ahmet Şık, une plaidoirie sans concessions http://www.kedistan.net/2017/02/19/ahmet-sik-sa-plaidoirie/ Sun, 19 Feb 2017 18:27:50 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41263 Arrêté dans le cadre de l’affaire “Oda TV” le 6 mars 2011, relâché le 12 mars 2012 après une année passée derrière les barreaux, Ahmet Şık a été arrêté une nouvelle fois le 29 décembre dernier, en étant accusé dans le même temps de propagande pour le mouvement Gülen (FETÖ) et pour le PKK (parti […]

Cet article Ahmet Şık, une plaidoirie sans concessions a été publié par KEDISTAN.

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Arrêté dans le cadre de l’affaire “Oda TV” le 6 mars 2011, relâché le 12 mars 2012 après une année passée derrière les barreaux, Ahmet Şık a été arrêté une nouvelle fois le 29 décembre dernier, en étant accusé dans le même temps de propagande pour le mouvement Gülen (FETÖ) et pour le PKK (parti des travailleurs du Kurdistan).

Il comparaissait devant le tribunal le 15 février. Et dans sa plaidoirie, loin d’essayer de sauver sa peau, il n’a pas mâché ses mots. Alors forcément, on applaudit des deux mains le courage d’Ahmet Şık, qui sait bien qu’il n’a rien à perdre à énoncer des vérités. Prochaine audience, le 12 avril.


« La Turquie est un pays de bizarreries. Avec de nombreuses aberrations, à toutes les époques. Reste qu’il n’y a pas eu une seule période où chacune des règles universelles de démocratie a été abrogée et réinterprétée, jusqu’à servir tout l’opposé de la démocratie, à savoir les intérêts d’une barbarie organisée. George Orwell doit probablement se retourner dans sa tombe en ce moment, tant ce qu’il racontait dans “1984” fait penser à la Turquie d’aujourd’hui. Pour ceux qui trouvent mes propos exagérés, je vais tâcher de lister ce qui me vient à l’esprit.

Commençons par l’exemple le plus proche. La dictature d’un seul homme, qui rendrait jaloux les juntes passées et présentes avec sa répression sévère et son autoritarisme, mais déguisée en démocratie. Un référendum que l’on veut faire adopter en prétextant une “volonté nationale”, dans des conditions inéquitables et faussées, où la presse est presque entièrement muselée et asservie, où ceux qui disent “non” sont qualifiés de “terroristes”, et où personne ne doute que les résultats seront manipulés.

Nous avons tous été témoins de la façon dont la volonté nationale déclarée lors des élections générales du 7 juin 2015 a été ignorée, parce qu’elle menaçait l’existence du pouvoir oligarchique. Il n’a pas hésité un instant à se lancer dans un nouveau bain de sang, quand il a décidé que la nation avait exprimé sa volonté en tirant de mauvaises conclusions. Tout le pays est devenu un cimetière à la fin du “processus de paix”, pour lequel il avait d’abord promis de prendre tous les risques et toutes les mesures nécessaires.

Ceux qui veulent nous faire croire que ce que nous avons finalement atteint, avec notre développement démocratique, est une “démocratie avancée”, affirment également que la liberté de presse ne s’est jamais mieux portée en Turquie, en utilisant des aphorismes tels que “Nous vous avons libéré de vos laisses”. Des organismes nationaux et internationaux font cependant remarquer que la Turquie est aujourd’hui la plus grande geôle du monde pour les journalistes. Nous devrions également reconnaître que c’est le pays qui comporte le plus de violations à la liberté d’expression, parmi les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe.

Ces dix dernières années, les mots “complots” et “complotistes” sont les mots qui ont été le plus fréquemment utilisés par le gouvernement et ses partisans. Toute action contre le gouvernement a été dénoncée comme un “complot”, et tout opposant étiqueté comme un “complotiste”. Reste que dans la longue histoire politique turque des coups d’État militaires, à l’exception du mémorandum du 28 février 1997, toutes les juntes ont été admirées par les islamistes en Turquie.

Alors que les institutions de la junte du 12 septembre 1980 s’étaient maintenues et avaient renforcé leurs positions, alors que son esprit fasciste s’était infiltré en profondeur dans l’Etat, le fait que des islamistes ayant tenté un coup d’Etat soient considérés comme des “complotistes et des putschistes” était plutôt intéressant. Le pays avait supposément “démilitarisé” l’Etat à travers des procès initiés il y a 10 ans. Ces affaires avaient été mêlées à des dossiers traitant de contre-guérilla, sans mentionner les véritables crimes. Plus intéressant encore, ceux qui avaient pris part à ces complots, avec le soutien politique de l’AKP, ont été présentés comme des complotistes il y a seulement sept mois – et leurs soi-disant supporters «religieux et vindicatifs» ont été armés par le gouvernement lui-même, parallèlement à la purge de l’armée. Le gouvernement, qui a transformé la tentative sanglante de son ancien complice – tentative laissant beaucoup de questions sans réponses – en une opportunité “bénie des Dieux”, a mis en place un régime de junte à rendre jaloux les encombrants putschistes. En somme, les réponses à des questions comme “Qu’est-ce qu’un complot?”, “Qui est putschiste?”, “Comment se passe la démilitarisation?” sont différentes suivant l’engagement politique de chacun, bien que ces questions aient des réponses simples dans les vraies démocraties.

Le plus grand paradoxe de cette illusion de démocratie, que l’on pourrait illustrer par beaucoup d’autres exemples, est le Parti de la justice et du développement (AKP) lui-même. Il représente la nuit noire, bien que son emblème soit une ampoule lumineuse. Il appelle développement le fait de piller les ressources de l’État et du pays, de plomber la république. Bien qu’il y ait beaucoup d’autres exemples semblables à celui-ci, un seul suffit à expliquer ce que signifie le mot «justice» pour lui. Je vais en faire un résumé, mais tout d’abord, il convient d’attirer l’attention sur une autre injustice dont j’ai été victime.

Certaines personnes qui devraient être ici; deux de mes avocats, Bülent Utku et Akın Atalay, et leur collègue Kemal Güngor, ne sont pas présents. De même, ne sont pas présents des collègues qui m’ont accompagné tout le temps de ma détention : Murat Sabuncu, Kadri Gürsel, Gökay Öz, Turhan Günay, Hakan Kara, Musa Kart et Önder Çelik. En raison d’une enquête qui vise notre journal Cumhuriyet, afin d’intenter un procès au journalisme sous prétexte d’un complot qui ressemble à celui de ce dossier, ils sont en détention depuis 108 jours.

L’enquête judiciaire a été lancée par le procureur Murat İnam, qui lui-même est aujourd’hui un “suspect FETÖ”. Et celui qui a chargé İnam de l’accusation est İrfan Fidan, procureur général de l’Etat d’İstanbul. Or on dit que le frère de Fidan travaille pour le mouvement de Gülen (appelé “FETO”), étant chargé de la formation des professeurs au district de Fatsa, dans la province d’Ordu. Voilà qui sont ceux qui accusent mes avocats et mes collègues, derrière les barreaux depuis 108 jours, soi-disant parce qu’ils sont “membres du FETÖ”.

J’ai été accusé dans ce procès d’un complot de la congrégation Gülen, et on s’attendait à ce que mon cas, comme celui de mes co-inculpés, soit rejeté. Mais au lieu de cela, j’ai été accusé dans une autre affaire, cette fois de “propagande pour FETÖ”. Dans ce dossier, qui devrait bientôt être clos, ce sont de nouveau mes activités journalistiques qui font l’objet de l’enquête. Cela indique qu’il n’y a aucun pouvoir judiciaire autre que celui des procureurs et des juges de la Congrégation Gülen, c’est-à-dire des “mankurts”. À l’époque, j’étais également détenu uniquement pour taire certains crimes au public. Quoiqu’il arrive, on ne doit pas en douter, la vérité qu’on veut garder secrète en l’empêchant d’être écrite, racontée et entendue, sera finalement révélée. Les crimes en Syrie, qui portent les empreintes du MIT (services de renseignement turcs) ; un soulèvement sanglant qui n’aurait été qu’un complot contrôlé pour créer le chaos tant nécessaire, tout sera certainement écrit. Sous le règne du mal, nous avons besoin de la vérité plus que tout; parce que la vérité doit être dite, le mal ne peut pas avoir le dernier mot. Sachant que ne pas dire, ne pas se souvenir et ne pas rappeler serait un déni (répudiation) de nous-mêmes; rappelons à tous l’étendue du mal du passé récent jusqu’à ce jour.

S’il était laissé au procureur et aux juges, ce procès aurait pris fin à la dernière audience. Un dossier d’instruction écrit n’importe comment, évitant de décrire le problème en question, essayant de dissimuler les auteurs du complot et de dire “tout ce qui s’est passé s’est passé, oublions” a repoussé le verdict à une autre audience. Le manque de rigueur dans la préparation de ce dossier a été tel qu’il a même omis certains des noms des accusés.

J’ai lu un grand nombre d’actes d’accusation et de dossiers d’instruction, parfois en tant qu’inculpé en raison de mes activités journalistiques, et parfois pour mon métier. J’ai vu un grand nombre d’actes d’accusation qui étaient loin d’être dans la légalité, et dont je me disais “cela ne peut pas être un acte d’accusation”. Surtout dans les procès politiques, je peux facilement voir le côté politique des actes d’accusation et des dossiers d’instruction demandant une condamnation. Notamment un cas dans lequel l’acte d’accusation demandait ma condamnation et le dossier d’instruction mon acquittement.

Même si le dossier d’instruction demande un acquittement, cela n’annule pas son caractère politique. Ce dossier n’indique pas, ne décrit pas, n’explique pas. Il reste silencieux. Il demande l’acquittement mais le cache. C’est un dossier qui ne mentionne pas la congrégation Gülen par son nom, qui ne parle pas de sa collaboration avec l’AKP, qui cache les rôles joués par Fethullah Gülen et Recep Tayyip Erdoğan. En tant que tel, ce dossier est un crime contre la vérité, tout comme l’acte d’accusation lui-même. Un tel dossier d’instruction ne devrait pas exister.

Depuis le début de l’enquête, beaucoup de choses ont changé dans le dossier. De nombreux développements se sont produits. Malgré la situation pitoyable du pouvoir judiciaire, mes avocats, qui n’ont pas encore perdu leur foi en l’état de droit, sont devenus le seul lien entre mon cas et la loi. Ils ont parlé des droits et libertés fondamentaux, de leur importance et de leur statut actuel. Ils ont expliqué pourquoi la liberté de pensée et d’expression, mais aussi des médias libres, sont intouchables. Ils ont patiemment expliqué pourquoi le journalisme ne peut pas faire l’objet d’un procès, et pourquoi le journalisme n’est pas un crime. Ils n’ont pas renoncé à expliquer leurs crimes à ceux qui ciblent la liberté de pensée et d’expression, qui essaient d’éliminer les médias libres, qui essaient de faire le procès du journalisme. Nous ne devons pas abandonner, cela reste une nécessité.

Le “gouvernement” n’est pas un concept vide de sens. Jusqu’à ce jour, ceux qui ont saisi les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ont répondu par le sang et la brutalité aux demandes de liberté, d’égalité, de paix, de justice et au désir de vivre décemment, tout en abusant du système. Étant donné que le gouvernement a un passé sanglant, les efforts actuels de l’administration pour obtenir du peuple qu’il obéisse sans contestation tout en adhérant à ses crasses et sa rancune, sa complicité dans les crimes contre les médias et l’accusation de “réalité virtuelle”, devraient être soulignés et confiés à l’histoire. Alors aux procureurs de l’opinion qui disent “oublions”, nous répondons “rappelons-nous”.

Dans cette affaire, il y avait des policiers, un gang portant des uniformes de l’Etat. Un gang qui a suivi des “ennemis” ciblés, écouté et enregistré leurs conversations téléphoniques, saisi et piraté leurs ordinateurs et leurs e-mails. C’était des policiers qui essayaient de faire de la pratique du journalisme un crime. Des policiers qui ont monté leurs rapports de police avec des preuves fabriquées.

Cette affaire avait un procureur et des juges. Une “sacrée” mafia qui avait instrumentalisé la religion, des hommes armés de la congrégation de Gulen dans l’organisation judiciaire. Avec l’approbation et le soutien de l’actuelle administration, ils ont créé un véritable enfer en utilisant la calomnie, la diffamation, les potins, les mensonges, l’indécence et l’infamie, et c’est ce qu’ils appellent un système judiciaire “impartial et indépendant”.

Ils ont essayé de faire le procès du journalisme en mentant effrontément. Ce n’était rien d’autre qu’une agression primitive et organisée de gens qui ont abandonné non seulement leurs esprits critiques et leurs personnalités, mais aussi leurs valeurs éthiques, leurs principes éthiques et leurs consciences au profit d’une personne et d’une mentalité. Ils étaient nombreux, mais rappelons nous de deux d’entre eux.

D’abord, Zekeriya Öz. Ses ex-complices criminels, ses rivaux d’aujourd’hui, l’ont honoré comme un “héros” quand ils travaillaient ensemble et d’aucuns ont tenté de le statufier. Désormais, la seule chose à dire à propos de Zekeriya Öz, procureur en fuite, c’est qu’il résume sommairement la misère du système judiciaire turc, qui n’a jamais et ne fait toujours pas régner la justice.

Autre cas, Mehmet Ekinci. Il était à la tête des rapporteurs de la cour, qui prétendaient nous “juger”. Il a signé les ordonnances qui prolongeaient la durée de notre emprisonnement après chaque audience. Ce même Mehmet Ekinci s’est immédiatement enfui quand il a lui-même été accusé. Il était en cavale, avant d’être récemment interpelé. Affirmant que “le patriotisme est le dernier recours d’un scélérat”, il criait en route vers la prison qu’il était un “patriote”.

Cette affaire avait ses politiciens. Utilisant les mécanismes de la démocratie qu’ils méprisent, et avec le pouvoir qu’ils ont obtenu en se servant de la religion, ils ont transformé une organisation mafieuse en partenaire. Ils avaient une confiance totale dans leur complice avec la conviction qu’“ils visaient à atteindre la même destination” que la leur. En les aimant de tout leur cœur, ils “leur donnaient tout ce qu’ils voulaient”. Tous deux ont affirmé qu’ils étaient religieux, mais leurs religions et leur livre sacré ne portaient que sur leurs propres intérêts.

Ils ont menti en disant qu’ils “demandaient aux partisans du coup de rendre des comptes”. Le premier ministre de l’époque proclamait même qu’il était le “procureur” des complotistes. Dire des mensonges pour leur cause était acceptable, donc ils l’ont fait. Même si l’on savait que nos libertés étaient menacées par des complots et que nos activités professionnelles étaient transformées en sujets d’investigation, ils ont essayé de couvrir leurs mensonges et leurs péchés avec le slogan qu’utilise toute dictature : “terroristes, pas journalistes”. Quand les deux complices sont tombés, après avoir pris le pouvoir par la fraude, les complots et les embuscades, ils se sont dits “trompés”. Et s’agissant d’eux, ont disait alors qu’ “ils avaient agi la main dans la main pour tromper tout le monde ensemble”.

Cette affaire a eu des supporters aveugles qui ont cru en leur légitimité, et d’autres qui ont réalisé les injustices et s’y sont opposés. Il y avait aussi ceux qui étaient conscients des injustices, mais ont gardé le silence, par peur. Et c’était eux les plus nombreux. Comme aujourd’hui, ils attendaient dans un silence assourdissant que quelqu’un vienne les sauver des ténèbres dans lesquelles ils étaient tombés. Mais ils se sont enfoncés encore plus loin dans les ténèbres en gardant le silence comme des spectateurs indistincts, devant ces infractions sans fin. Bien-sûr, ce qui devait être fait était évident, comme ça l’est aujourd’hui: au lieu de rester asservis à des rêves irréalistes, choisir la vérité et dire non à ces ténèbres oppressantes.

Cette affaire a eu ses journalistes. Ils étaient humbles. Ils ont revendiqué leur emploi et l’honneur de leurs collègues. Une poignée d’entre eux ont inscrit leurs noms dans l’histoire, en devenant les meilleurs exemples d’amitié et de solidarité, en prenant toutes sortes de risques. Pourtant, il y avait aussi d’autres sortes de journalistes. Des journalistes impatients de devenir scélérats. Ils sont devenus partie prenante du crime en restant silencieux, en se déshonorant et en inversant la vérité. Leur existence dépendait du maintien des détenteurs du pouvoir. Leur loyauté était fausse, mais leurs intérêts étaient réels. Ils ont donc été la voix de leurs propriétaires. Ils ont montré dans quelle mesure une personne peut déchoir, ils ont montré l’étendue de la perfidie, et la facilité avec laquelle on peut se débarrasser de toute valeur éthique sans regret. Ils ont inscrit leurs noms dans l’histoire, celui des “kapos” du XXIe siècle.

Nous étions les journalistes “suspects”, faisant l’objet d’un acte d’accusation redéfinissant le journalisme et visant à limiter les frontières de la liberté de la presse pour le bien de leur établissement criminel. Nous avons été accusés pour nos reportages, commentaires, interviews et livres publiés / non publiés parce que nous refusions de tomber dans le piège du pouvoir politique, qui essayait de normaliser son totalitarisme en façonnant même le langage courant. Nous avons poursuivi la vérité, dont le droit d’existence a été refusé face à l’obéissance. Nous savions que ceux qui se livrent à la peur contagieuse deviennent des esclaves alors que les journalistes qui restent attachés aux faits en risquant leurs biens sont libres.

L’héritage le plus précieux que nos prédécesseurs nous ont laissé, c’est d’avoir signalé que ce que le pouvoir veut nous faire transmettre n’est pas du journalisme. Ceux qui nous ont laissé cet héritage ont été punis par l’emprisonnement ou l’exil dans le passé. Quand ces châtiments échouaient, on a voulu les faire taire par des bombes ou des balles. Les campagnes du pouvoir contre les journalistes existent depuis l’émergence du journalisme sur ces terres. Pourtant, ce sont des efforts inutiles.

C’est un fait. Qui que vous soyez, vous ne pouvez pas lutter contre une idée qui tire sa puissance des faits. Même si vous le croyez, vous n’avez aucune chance de gagner. Alors vous allez perdre. Une nouvelle fois. »

Türkçe > Cumhuriyet | English > Bianet


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Cet article Ahmet Şık, une plaidoirie sans concessions a été publié par KEDISTAN.

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Un message de Zehra Doğan : Entendez-nous ! http://www.kedistan.net/2017/02/19/zehra-dogan-entendez-nous/ Sun, 19 Feb 2017 10:19:45 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41251 Le soir du 17 février dernier, pour la dernière étape, la”Ballade bretonne” jetait l’ancre à Douarnenez. Zehra Doğan, journaliste et artiste kurde était l’invitée surprise de la soirée qui s’est déroulée à la librairie café L’Ivraie , avec Tieri Briet de Kedistan, l’association Rhizomes également partenaire de Kedistan pour la rubrique Cinéma avec Bretagne & Diversité , en complicité avec le Festival de cinéma […]

Cet article Un message de Zehra Doğan : Entendez-nous ! a été publié par KEDISTAN.

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Le soir du 17 février dernier, pour la dernière étape, la”Ballade bretonne” jetait l’ancre à Douarnenez. Zehra Doğan, journaliste et artiste kurde était l’invitée surprise de la soirée qui s’est déroulée à la librairie café L’Ivraie , avec Tieri Briet de Kedistan, l’association Rhizomes également partenaire de Kedistan pour la rubrique Cinéma avec Bretagne & Diversité , en complicité avec le Festival de cinéma de Douarnenez

Zehra n’est pas une inconnue dans ce coin de Bretagne. En août 2016, alors en détention, elle n’a pas pu participer au festival de films de Douarnenez où elle était invitée d’honneur. Elle fut  absente, mais très présente à travers ses dessins, son journalisme et son courage.
Zehra nous a parlé ce soir 17 février, depuis Diyarbakır. Un moment de retrouvailles et d’émotion.

C’était une première tentative de visioconférence, avec framatalk, un outil alternatif que nous venons de découvrir et avec les moyens de bord de tous les participants… Nous savons que vous serez indulgentEs pour le rendu… (réverbération sur le son)
La vidéo est en turc et voici la traduction de l’intervention de Zehra.


Avant tout, je vous remercie de m’avoir invitée et donné la possibilité de parler.

Vous connaissez les conditions de la Turquie maintenant. Nous sommes dans une situation pire que dans les années 80, 90. Dans cette période, et si on peut l’appeler une période de guerre, ce serait plus juste. Car il est question réellement d’une guerre, particulièrement au Kurdistan. Et je suis seulement une, parmi des dizaines de journalistes. Seulement une, parmi des dizaines de journalistes, miEs en garde-à-vue, arrêtéEs, libéréEs, restés coincéEs dans des maisons. Suite à l’état d’urgence, plusieurs journaux ont été fermés, les agences. Mon agence [JINHA] est également fermée et tous les journaux et télévisions qui étaient abonnés à mon agence sont fermés. Oui, des alternatives on été créées, mais la totalité de ces journaux restent fermés.

Nous entendez-vous ?

Il y a une seule explication à cela. Ils veulent cacher la réalité. Ils veulent empêcher que les vérités se sachent. Pourquoi ? Parce que, même si la période précédant l’état d’urgence, était une période lourde, mais elle ne l’était pas à ce point là. A cette époque nous avons essayé, en tant que journalistes faisant de l’information populaire, appartenant au réseau du journalisme indépendant, d’informer sur les massacres qui se déroulaient là-bas.1Nous avons été des témoins, de nombreuses personnes ont été massacrées devant nos yeux, des enfants, des bébés de 35 jours… [petite coupure de son]….. Nous avons informé sur ce dont nous avons été des témoins. C’est parce que seulement nous avons fait cela que nous avons été arrêtéEs. Malheureusement il y a plus de 150 journalistes en prison. Et hélas, tout cela n’a pas été assez entendu par l’opinion mondiale.

J’ai perdu la foi

Nous vivons une période où le bon sens doit primer, mais en tant que journaliste et Kurde, je peux dire que sur le sujet de passer l’information, sur une solidarité, j’ai perdu ma foi, ma conviction. C’est démoralisant de voir que quoi qu’on fasse, quoi qu’on essaye, ce qui se passe ici ne s’entend pas. J’ai vécu ces périodes comme beaucoup de mes amiEs, et désormais, j’ai comme eux, du mal à dire : “Je suis convaincue qu’un jour viendra, où des comptes seront demandés pour ce qui a été fait, ces populations ne seront plus massacrées, il n’y aura plus de périodes semblables”

Drôles de situations.

Oui, aujourd’hui je suis peut être relâchée, je comparais en liberté, oui, peut être un certain nombre de mes amiEs (collègues) ont été libéréEs, mais, à tout moment nous pouvons être arrêtéEs. Et beaucoup de journalistes sont arrivéEs à un point où ils/elles ne peuvent plus travailler. Les journaux, les télévisons sont fermés. Oui, il y a des alternatives qui on été crées, par exemple JINHA, continue ses activités en tant que Şûjin, oui nous continuons, mais nous n’arrivons pas à atteindre les sources de l’information. Les espaces où les sources peuvent donner des interviews, des communiqués, sont fermés. A la fois nos sources sont recherchées, et à la fois nous, nous sommes recherchés. C’est tellement compliqué que, parfois nous leur donnons rendez-vous, dans un endroit où il n’y a pas de police. Nous disons, “Viens à tel endroit, à tel heure, je vais te chercher et on va se voir, on va parler”, parce que nous ne pouvons pas utiliser de téléphones. Ce sont de drôles de situations.

Nous ne pouvons pas aller au cinéma pour voir un film, nous ne pouvons pas organiser une quelconque activité artistique. Parce que aussi bien nous les journalistes, que les gens qui participent, sont recherchés.

Je viens d’apprendre que trois villageois ont été exécutés

Ce soir, maintenant, je peux vous donner cet exemple. Depuis le 11 février, 11 villages de Nusaybin sont mis sous couvre-feu, et nous ne pouvons prendre aucune nouvelle des villageois. Il y a cinq minutes, nous avons appris que trois villageois avaient été exécutés. Nous ne pouvons, ni nous rendre sur place, ni nous informer sur l’identité de ces personnes. Nous avons pu apprendre de nos sources, des villageois, par des moyens secrets, seulement le fait que trois villageois aient été exécutés. Mais qui sont-ils ? Nous ne le savons pas. En tant que journalistes nous n’arrivons plus à faire notre travail. Si on se rendait sur place, nous serions nous aussi exécutéEs. Nous sommes désormais sûrs de cela. Nous ne disons plus “peut être, c’est possible”, nous disons “Si nous le faisons, nous serons tués”.

“La compassion de l’Etat”

Un autre exemple dont j’ai été témoin. Une femme, qui n’a pas quitté sa rue pendant cinq mois [à Nusaybin, lors du couvre-feu]… Une femme qui a montré une simple résistance en restant dans sa maison. Elle a une cinquantaine d’années, et 5 enfants. Après les bombardements [de sa maison], elle sort avec un drapeau blanc ; quand elle sort, les caméras tournent, les caméras des médias “alliés” [au régime]. C’est à dire que les militaires fournissent des images pour les médias alliés, ils ont donc un autre métier… Ils disent “Bienvenue dans les bras compatissants de l’Etat”, “Les bras compatissant de l’Etat sont un foyer pour vous…” des choses comme cela. Ce genre de choses ont été “servies” sur les médias pendant longtemps et en continu.

Qu’y a-t-il dans les dossiers

Quand j’étais en prison… -Et, j’ai été arrêtée avec des accusations très diverses. Il parait que je suis membre d’organisation [illégale], dans mon dossier il y avait beaucoup de témoignages sur moi. En prison, au bout d’un mois, j’ai appris qu’une de mes codétenues, était une personne qui avait déposé un témoignage à mon encontre. Quand je lui en ai parlé, elle a été surprise “Quand est-ce que j’aurais donné mon témoignage ?”. En fait, ils font signer des documents sous tortures lourdes, tu signes sans qu’ils te laissent lire. Beaucoup de journalistes sont actuellement en détention de cette façon. Moi aussi, je risque d’être condamnée, seulement avec des témoignages comme cela. Mais cette femme ne le savait pas. Elle ne me connaissait même pas. C’est au bout d’un mot qu’elle apprend que je suis Zehra Doğan, et je comprends qu’elle a témoigné à mon encontre.-

Revenons à cette maman qui était sortie avec son drapeau blanc. On parle des “Bras compatissants de l’Etat”, mais la maman a le visage complètement boursouflé. C’est une mère qui a été torturée pendant six jours, avec des sacs en plastiques passés sur la tête, avec usage de d’eau à pression. Tout cela, c’est parce que tout simplement elle est restée chez-elle. Cette femme est jugée actuellement, et une peine de perpétuité incompressible [substituant la peine de mort après son abolition en 2004 en Turquie] est envisagée. Personne ne sait tout cela. Si on regarde son dossier, l’acte d’accusation, il sera écrit qu’elle est “un membre de guérilla”.

Pas des journalistes mais des terroristes !

Je voudrais ajouter dernièrement ceci. Vous savez bien, ils disent “en Turquie il n’y a pas de journalistes jugés, en cours de jugement” ou encore “Il n’y a pas de dizaines de journalistes en prison”. En fait, c’est vrai !

Parce que si vous regardiez nos dossiers, les actes d’accusations établis à notre encontre, vous diriez, “Bah voilà, c’est le dossier d’un membre de guérilla aguerri”, ou celui d’un membre du YPS.2Les journalistes sont connus dans les localités, et ils tapent à l’œil. Ils les fichent, ensuite ils collectent des dépositions de témoins “secrets”, et des témoignages préparés d’avance, signés par des personnes qu’ils ont mises en garde-à-vue, torturées durant des jours. Après ils les arrêtent.

Lors de mon procès, je ne suis pas jugée en tant que journaliste. Ils ne m’ont pas trop demandé, pourquoi je fais de l’information. Ils ont plutôt essayé de trouver des ‘preuves’ sur les accusations qu’ils portaient à mon encontre, “appartenance à une organisation” etc. Ils utilisent ces méthodes pour établir les dossiers, pour se donner raison et pour le dire à l’opinion publique, “Nous ne jugeons pas les journalistes. Ces personnes ont d’autres activités”.

L’atmosphère pesante

Au Kurdistan, et même en Turquie, parce que c’est étendu sur la Turquie, il y a sérieusement une guerre. Une guerre psychologique est menée, mais pas que. Par exemple ici, à cette heure-là, si je sors dans la rue, et si tout simplement je crie, je peux être mitraillée sur le champs. Juste crier… Je ne parle pas de “parler” de “s’exprimer”… Je pense que cet exemple décrit bien comme l’atmosphère est pesante.

S’il vous plait informez-vous, mais pas dans les médias alliés

C’est pour cela que, en ce qui concerne la Turquie, comme les médias alternatifs sont quasi inexistants aujourd’hui, comme nous n’arrivons plus à travailler, ce serait bien si vous pouviez suivre les informations dans des quelques sources sûres. Parce que dans les informations produites par les médias alliés, vous lisez sans doute qu’ici la vie est belle, et que le pays est un paradis. Je vous prie, vraiment s’il vous plait, informez-vous et à de bonnes sources.

Ajout du 19 février : Zehra décrivait là une “opération en cours” depuis le 11 février…

De plus en plus de sources en effet confirment massacre, arrestations, torture, commis par les forces spéciales turques dans la région de Nusaybin (Korukoy). Le blocus est toujours en cours, et les témoignages difficiles à recueillir sous la menace des forces de répression qui bloquent toute information. Des récits de femmes amenées à l’hôpital font mention de climat de terreur, et de “pressions” sur les femmes et jeunes femmes. Des éluEs qui ont réussi à atteindre un des villages, avant d’être arrêtés ont parlé de “regroupements de personnes” sur les places et “menaces et interrogatoires collectifs”. Le système est rôdé depuis 2015… massacre, destructions, arrestations, traces pour enquêtes dispersées. Mais les forces spéciales ne peuvent s’empêcher de communiquer sur les réseaux sociaux des images et photos de leurs “exploits”… y compris pour terroriser les populations ailleurs… Les sources “officielles” font état de 3 morts, 39 arrestations et 2 “disparus” depuis une semaine… Le bilan risque d’être bien plus élevé.


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Cet article Un message de Zehra Doğan : Entendez-nous ! a été publié par KEDISTAN.

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Ronahi TV • Journal du 19 février 2017 http://www.kedistan.net/2017/02/19/ronahi-tv-journal-19-fevrier-2017/ Sun, 19 Feb 2017 01:03:50 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41240 Voici les “chroniques de la révolution kurde”, journal présenté par Ronahi TV chaque dimanche. Un retour sur la semaine du 12 au 18 février 2017. Il s’agit de l’émission régulière en langue française, que vous trouverez ici, chaque semaine, en partenariat avec Kedistan. Les gros titres : • RAQQA : Poursuite des opérations militaires – Analyses • […]

Cet article Ronahi TV • Journal du 19 février 2017 a été publié par KEDISTAN.

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Voici les “chroniques de la révolution kurde”, journal présenté par Ronahi TV chaque dimanche. Un retour sur la semaine du 12 au 18 février 2017. Il s’agit de l’émission régulière en langue française, que vous trouverez ici, chaque semaine, en partenariat avec Kedistan.

Les gros titres :

• RAQQA : Poursuite des opérations militaires – Analyses
• INVASION TURQUE DE LA SYRIE : Bombardements meurtriers à BAB – Quelles perspectives
• SUR LE PLAN DIPLOMATIQUE : ILHAM EHMED (MSD) de retour de Washington
• 15 FÉVRIER : Jour noir – Commémorations
• HEWLER : Le KDP à contre courant
• TURQUIE : Climat de guerre civile – Silence on torture !


 

 

 

 


Le journal Ronahi TV en 24 minutes

RAQQA
POURSUITE DES OPÉRATIONS MILITAIRES

L’opération « colère de l’Euphrate » se poursuit. Les efforts des forces démocratiques syriennes se portent sur les territoires situés à l’est de Raqqa, pour lui couper toute forme d’approvisionnement depuis la ville de Deir Azzor.

Au dernier bilan des opérations, un bilan communiqué dimanche dernier par le porte-parole des FDS, le colonel Talal Ali Silo, les FDS ont repris au Daesh lors de la troisième phase de l’opération « colère de l’Euphrate », plus de 700km carrés de terres dans les campagnes situées au nord-est de la ville de Raqqa.

98 villages ont été libérés. 124 membres de Daesh ont été tués et de nombreux autres blessés.
Les forces démocratiques sont maintenant aux portes de la ville de Raqqa. Elles sont soutenues par les avions de la coalition menée par les Etats-Unis ainsi que par des troupes au sol.
Lors des combats, 13 membres des FDS ont malheureusement perdu la vie.
Jeudi, un second volet de la troisième phase des opérations militaires pour libérer Raqqa s’est ouvert, plus à l’est, depuis la région de Mekmen.
A mi-chemin entre la ville de Raqqa et celle de Hasaké, les FDS ont repris les villages de Siyad et de Hassan Zeid. Cette colonne doit percer les positions du daesh afin de reprendre les terres situées à proximité de Deir Azzor, ce qui permettra d’isoler complètement le Daesh de ses autres positions. Les combattants du conseil militaire de Deir Azzor ont d’ailleurs pris part dans cette nouvelle offensive, qui permettra en même temps de libérer leur ville du Daesh.
Et puis, ce jeudi toujours, 165 nouveaux combattants arabes originaires de Raqqa ont été diplômés de l’académie militaire Abu Leyla, en présence de commandants des FDS et de représentants de la tribu des El-Fedan.
Après avoir prêté serment, les nouveaux combattants des FDS ont rejoint leurs nouvelles positions sur la ligne de front de Raqqa.

RAQQA
ANALYSE
Quels sont les enjeux de la bataille de Raqqa ? Quelles seront les conséquences de la libération de cette ville pour l’avenir de la révolution en cours en Syrie ? Voici quelques éléments d’analyse.
Cela fait plus de trois ans que le Daesh considère Raqqa comme sa capitale. C’est la plus grande ville sur la rive orientale de l’Euphrate. Avant l’occupation du Daesh, il y avait à Raqqa, comme dans tant d’autres villes de Syrie, une mosaïque de peuples et de croyances.
Aujourd’hui, des milliers de jeunes hommes et de jeunes femmes originaires de Raqqa ont rejoint les forces démocratiques syriennes pour libérer leur ville. Cette présence de plus en plus importante d’éléments combattants qui ne sont pas kurdes au sein des FDS est un gage de légitimité de cette force militaire appelée à devenir un jour la nouvelle armée nationale syrienne.
Les chefs tribaux locaux et la population attendent énormément de ces combattants de la liberté. La nouvelle administration américaine continue également d’apporter son soutien militaire pour contribuer au succès croissant des unités FDS.
La libération de Raqqa sera un coup fatal au Daesh. Et la fin du règne de la terreur dans cette ville marquera aussi les fondations d’une Syrie démocratique et fédérale. Ce sera une Syrie qui garantira la liberté du Rojava.

INVASION TURQUE DE LA SYRIE
BOMBARDEMENTS MEURTRIERS À BAB

Les forces armées turques sont toujours coincées à hauteur de la ville de Bab. Elles ne parviennent pas à reprendre la ville au Daesh. Par contre, elles détruisent la ville et bombardent aveuglément les civils.
Le martyre de la ville de Bab, ce sont toutes ces victimes des bombardements aveugles de l’aviation et de l’artillerie turque.
Il y a dix jours, vendredi 10 février, les avions turcs tuaient 27 civils, en blessaient 37 autres ; il y a une semaine, dimanche dernier, une nouvelle vague de bombes s’abattait sur Bab. Des dizaines de victimes succombaient aux bombes turques. Des familles complètes ont été décimées, notamment celles d’Abdul Qader Yusuf Waky, de Mazen Akkam, de Muhammad Adib Bakkoor.
La nuit de lundi à mardi, nouveau massacre : 15 membres de la famille de Karkanaz ont été tués. 70% de la ville de Bab est déjà détruite. Selon les observateurs sur place, l’objectif de ces destructions est d’empêcher les habitants de revenir habiter chez eux plus tard. Le combat contre le Daesh n’est qu’un prétexte. Le projet turc de repeuplement de la région par d’autres habitants, Arabes et Turkmènes, a d’ailleurs été reconfirmé par le président Erdogan lui-même lors d’une interview qu’il a donnée lundi sur une chaine de Bahreïn.
En attendant, les réfugiés affluent vers le canton kurde d’Afrin. Mardi, les asayish, les policiers kurdes du canton, accueillaient encore 600 nouveaux réfugiés à hauteur du passage de Qatma. Ils ont rejoint le groupe de plus de 1.000 réfugiés qui les avait déjà précédés le vendredi.
Aucun secours extérieur ne parvient jusqu’au canton d’Afrin pour prendre en charge ces réfugiés. Le canton kurde est complètement isolé par l’embargo de la Turquie.

BAB
QUELLES PERSPECTIVES ?

Les civils payent un lourd tribut à l’opération turque d’invasion du nord de la Syrie. Mais les troupes turques perdent elles aussi de nombreux combattants. A Bab, la situation militaire peut changer d’heure en heure. Et les forces du régime sont à moins d’un kilomètre au sud de la ville.
Samedi 11 février, 26 éléments de l’armée d’occupation turque étaient tués dans les combats qui se livrent à Bab.
Ce mercredi, plus au nord, à Raï, un véhicule explosait près d’un quartier général des forces armées turques. Il y aurait eu là encore plusieurs dizaines de tués parmi les soldats turcs et les membres des bandes armées qui les accompagnent.
Il semble bien que les projets d’Erdogan pour la Syrie soient compromis. Pourtant, l’opération turque « bouclier de l’Euphrate » avait bien commencé. Daesh avait accepté de remettre à la Turquie les villes de Dabiq et de Jarablus. Et puis, à Bab, l’ancien protégé d’Erdogan s’est rebiffé.
Ailleurs en Syrie, la situation de la Turquie n’est pas bien meilleure : les groupes de la prétendue armée syrienne libre qui combattaient le régime à Alep ont eu la désagréable impression d’avoir été trahis par la Turquie. Celle-ci les avait en effet abandonnés en échange de la promesse faite à la Russie de pouvoir s’attaquer à la région de Shehba, une région charnière entre les cantons kurdes de Kobani et d’Afrin.
L’aversion absolue du régime turc concernant la possible réunification des trois cantons kurdes pourrait être contre-productive pour Erdogan. L’armée syrienne libre pourrait apporter non plus la victoire, mais la défaite de la Turquie sur le sol syrien. Et sur le plan diplomatique, les nombreuses irrégularités envers les partenaires de la coalition et envers la Russie ont fait perdre tout crédit diplomatique à la Turquie.
De même qu’Enver Pacha a provoqué la chute de l’empire ottoman à Sarikamiş lors de la première guerre mondiale, Erdogan pourrait bien provoquer la chute de son propre régime à Bab.

SUR LE PLAN DIPLOMATIQUE
ILHAM EHMED (MSD) DE RETOUR DE WASHINGTON

Ilham Ehmed, la co-présidente de l’assemblée nationale syrienne, le MSD, a été invitée à Washington pour discuter de l’avenir de la fédération du nord de la Syrie, qu’elle représentait.
Elle a fait le point sur l’approche de la nouvelle administration américaine.
Pour la co-présidente du MSD, l’assemblée législative de la fédération du nord de la Syrie, les Etats-Unis sous Obama n’avaient pas en Syrie l’influence qu’ils auraient aimé avoir. « Dans la guerre contre le terrorisme, affirme Ilhem Ehmed, j’ai l’impression que si une approche directe et cohérente émerge au niveau politique, la nouvelle administration l’appuiera. »
Après avoir rencontré de nombreux membres du congrès, des responsables du département d’Etat, des anciens conseillers d’Obama, et des conseillers de Trump, Ilhem Ehmed a pu annoncer à l’agence ANF que des zones tampons sécurisées se créeraient en Syrie. Si on ne sait toujours pas où se trouveront ces zones, on peut déjà affirmer qu’elles se trouveront, après l’approbation de Trump, là où la sécurité maximale est garantie aux civils qui fuient les violences, c’est à dire sous le contrôle des FDS et des YPG.
En ce qui concerne l’attitude américaine envers le projet fédéral, Ilhem Ehmed a affirmé que les responsables américains étaient d’abord mal renseignés, mais qu’après avoir clarifié avec eux le projet, ils ont eu l’impression qu’enfin une solution pouvait émerger en Syrie. Ils n’ont pas émis d’objections strictes au projet actuellement mis en place dans le nord de la Syrie. Ils sont donc dans une phase d’observation : si une solution peut être envisagée en Syrie, cela pourrait- être la méthode expliquée par la co-présidente du MSD.
Sur le plan stratégique, Ilhem Ehmed a eu l’impression que les américains continueront à soutenir les FDS et leur projet de résolution de la crise syrienne, bien qu’en politique, l’on ne soit pas à l’abri d’une surprise. L’ancien projet mené avec la Turquie, le projet « entrainement et équipement » de forces rebelles peu crédibles, n’a plus les faveurs des américains.
Aux Etats-Unis, a encore dit Ilhem Ehmed, ils veulent que Bachar al Assad reste. Ils ne veulent pas que l’Etat syrien s’écroule.

15 FÉVRIER
JOUR NOIR

C’est le 15 février 1999 que le leader kurde, Abdullah Öcalan, était arrêté au Kenya. Pour le capturer et le remettre à la Turquie, il aura fallu la coopération de plusieurs services de renseignements. Cette coopération aura illustré la duplicité de l’occident face à ses propres valeurs humanistes et démocratiques. Ocalan emprisonné, c’est la fierté et l’espoir d’un peuple qui était piétiné. Un jour noir dans l’histoire du Kurdistan.
Abdullah Ocalan, c’est une vie politique marquée par les ruptures, la fuite et l’exil. Après avoir fondé en 1978 le PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan, un parti ouvertement antinationaliste, il est pourchassé par les autorités turques. Le général Kenan Evren, l’auteur du coup d’Etat militaire de 1980, organise une chasse aux militants du jeune parti. C’est le début d’une longue série d’arrestations et de condamnation. Ses compagnons, Mazlum Dogan ou Kemal Pir, sont arrêtés et exécutés. Le PKK, privé de toute possibilité de lutte politique, prend alors en 1984 la voie de la résistance militaire.
Ocalan doit s’exiler : en Syrie et au Liban d’abord, vers l’Europe ensuite. Mais la répression s’amplifie. La Turquie bénéficie de la complicité des services secrets des pays de l’Otan pour pouvoir arrêter Ocalan sur le sol Kényan. Immédiatement transféré en Turquie, Ocalan est enfermé sur une ile-prison, à Imrali, où il est condamné à mort. La Turquie, qui regardait alors vers l’Europe, décide cependant, sous la pression, de ne pas l’exécuter.
En prison, il continue le combat, une lutte intellectuelle, pour analyser dès les débuts de l’histoire, au néolithique, jusqu’à aujourd’hui, les ressorts de thèmes qui lui sont chers : l’émancipation des peuples, l’émancipation des femmes, l’Etat-Nation ou encore le capitalisme.
Il en sortira une nouvelle vision de la société, plus radicale encore que celle des débuts de l’histoire du PKK, marquée par le communisme. Le projet d’une démocratie directe, sans aucun Etat, où toute l’autorité publique est rendue aux seuls habitants d’un quartier ou d’une ville, qui doivent décider librement et en toute fraternité de leurs projets en matière d’éducation, d’économie ou de protection. C’est le projet du confédéralisme, appliqué aujourd’hui dans le Rojava et dans les villes qui auront proclamé leur autogestion au Bakur avant que l’armée turque ne vienne les écraser sous les chars. Un projet de solidarité et de fraternité entre les peuples qui ambitionne de s’étendre à l’ensemble des pays du Moyen-Orient. Un projet qui renoue avec la première internationale des travailleurs de 1864 chez Bakounine, le rival antiautoritaire de Karl Marx.

15 FÉVRIER
COMMEMORATIONS

« On n’assombrira pas notre soleil » La phrase peut sembler excessive en Europe quand on parle d’un homme, mais elle traduit pourtant les aspirations du peuple kurde, livré depuis le traité de Lausanne de 1923 et tout au long du siècle, à la colonisation et aux massacres.
Partout au Kurdistan, et partout où il y a des Kurdes, de l’Australie au Canada, le 15 février est une date sombre, commémorée avec l’espoir et la volonté de mettre un terme aux 18 années d’emprisonnement d’Ocalan.
Il y avait déjà eu ce rassemblement à Strasbourg la semaine dernière, un rassemblement où 20.000 Kurdes ainsi que de nombreux militants internationalistes de la paix ont exigé la libération d’Ocalan.

Mais il y a encore eu toutes ces manifestations dans le Rojava. À Kobani, des milliers de personnes ont marché pendant trois jours pour faire entendre au monde leur revendication : la liberté pour Ocalan.

A Qamishlo, ils étaient aussi plusieurs milliers à commémorer le jour noir.
En Irak, l’assemblée constituante de Sengal, a aussi condamné la conspiration internationale. Et les Ezidis de rappeler qu’ils se lèveront tous pour Ocalan, à qui ils doivent, grâce aux troupes de la guérilla, d’avoir pu échapper au génocide mené par le Daesh à partir du 3 aout 2014.
En Grèce, une marche de trois jours entre Lavrion et Athènes a rassemblé 65 personnes dès lundi.
A Toronto au Canada, à Sidney en Australie, à Evry en France, à Stockholm en Suède, partout dans le monde, les kurdes ont dénoncé l’emprisonnement d’Ocalan.
Et dans les régions turkmènes ou arabes de syrie, le projet émancipateur et pacifiste d’Ocalan a aussi mobilisé la population.
Près de Gire Sipi, les Turkmènes du village de Hemak Tirkmin ont condamné l’enlèvement d’Ocalan. « On ne peut, disent-ils, retenir captif celui derrière lequel des millions de personnes se tiennent. Il représente tous les opprimés, tous les peuples exploités »
Et à Minbij, cette ville pluriculturelle libérée du Daesh en aout 2016, les manifestants portaient sur leur bannière le slogan : « Ocalan nous a appris la fraternité entre les peuples. »
Faruk Al-Mashi, le co-président de l’assemblée civile de Minbij, a rappelé que tous les progrès réalisés en syrie du nord ont été obtenus grâce à la philosophie d’Ocalan.

HEWLER
LE KDP À CONTRE-COURANT

Alors que la Turquie s’isole totalement sur le plan international, elle peut néanmoins toujours compter sur son dernier allié régional, le parti démocratique du Kurdistan de l’influente famille des Barzani, un parti, une famille qui contrôle le gouvernement régional kurde d’Irak.
Cette semaine, les peshmerga du PDK ont interdit une marche de soutien à Ocalan
La marche des jeunes du Kurdistan du sud, le Başur, a rallié la ville de Suleymanieh à celle de Kirkuk.
En chemin, les jeunes kurdes ont visité le monument des martyrs de l’Anfal, cette opération militaire criminelle menée par Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak, une opération dont la violence avait culminé dans l’extermination par bombes chimiques de la population de la ville d’Halabja, en 1988.
L’administrateur du site, Habil Ahmet, a accueilli les jeunes manifestants et leur a rappelé que le peuple kurde avait été à de nombreuses reprises au cours de son histoire la cible de politiques génocidaires. Et actuellement, a-t-il expliqué, c’est l’Etat turc qui reprend à son compte le génocide initié par le régime Baath de Saddam Hussein.
La marche des jeunes kurdes a ensuite traversé Kirkuk, où elle a été chaleureusement accueillie, et elle est enfin arrivée à son terme, à la ville d’Hewler, le fief du PDK de Massoud Barzani.

Le mot d’ordre des manifestants était : Terminons-en avec l’Occupation et libérons notre leader » Le message est mal passé auprès des autorités. Le KDP a envoyé sa police, et les manifestants ont été retenus au check point de Pirde. Les manifestants ont alors commencé un sit-in, avant de lire une déclaration. Erdal Engin, du comité des organisateurs de la marche, a alors dénoncé l’obstruction d’une puissance qui se fait appeler « parti démocratique du Kurdistan ».
Peu après la déclaration, 4 manifestants qui avaient réussi à rentrer dans la ville d’Hewler ont été arrêtés par les asayish. On ne sait pas ce qu’ils sont devenus.

TURQUIE
CLIMAT DE GUERRE CIVILE

La coalition AKP-MHP se prépare pour le référendum du 16 avril. Dans l’est du pays, ce moment crucial pour l’avenir du président Erdogan se prépare dans un climat de guerre civile : l’armée mène des raids, tue, incendie pendant que les responsables politiques qui portent le message du « Non » au référendum sont enfermés par centaines.
Lundi, 318 membres du parti HDP ont été arrêtés lors de raids à leurs domiciles. Depuis le 22 juillet 2015, on compte donc 9796 arrestations rien que dans les rangs du HDP. Ces arrestations ont conduit à l’emprisonnement de 2906 membres du parti.
Mais il y a encore eu d’autres arrestations ce lundi, dans les rangs du parti DBP et dans ceux du parti SYKP, le parti de la refondation socialiste.
A Van, la dernière des 12 municipalités de l’agglomération gérées par le parti DBP, Bahçesaray, a été confisquée ce jeudi. Tous les co-bourgmestres sont emprisonnés et remplacés par des curateurs à la solde de l’Etat. Au total, il y a en Turquie 80 municipalités où le DBP avait remporté les élections communales et qui ont été confisquées par le pouvoir central, Les élus y sont enfermés et des curateurs confisquent la volonté populaire au profit de l’Etat central.

Dans les villes et villages du Kurdistan du nord, les mêmes scènes de désolation et de violences se poursuivent de semaine en semaine : Lundi, Ulas Çakin, 15 ans, se rendait au champ de sa famille. Les soldats turcs qui mènent des opérations militaires dans la région depuis une semaine avaient enfui une mine ; L’adolescent a été sévèrement blessé aux bras, aux jambes et au visage.
Mercredi, un autobus transportant 10 personnes se rendait de Lice à Amed. Un véhicule blindé se trouvait sur le passage de l’autobus. Le bus a été perforé par les tirs du blindé qui a ensuite pris la fuite. Heureusement, il n’y a eu qu’un seul blessé, Ozgür Atagün, mais les femmes et les enfants de l’autobus étaient paniqués et en état de choc.
Plus inquiétant : Près de Nuseybin, les forces turques sont entrées dans 9 villages mis sous couvre-feux. Les habitants ne peuvent plus communiquer avec leurs proches : les lignes et les réseaux téléphoniques sont coupés.
Les écoles de ces villages sont vidées de leurs élèves, les classes sont transformées en cantonnements pour les miliaires. La soldatesque aux ordres du palais a toute licence pour tuer et torturer : on a déjà rapporté le cas de trois personnes assassinées dans le village de Xerabê et de 30 autres qui ont été torturées avant ou pendant leur détention, sur la place publique.
Et la nuit, les flammes emportent les maisons des citoyens. A l’heure actuelle, on nourrit encore les plus grandes craintes concernant la vie de ces villageois.

TURQUIE
SILENCE, ON TORTURE !

Pendant que le leader kurde Abdullah Ocalan est totalement isolé dans sa prison d’Imrali, que des milliers d’autres prisonniers politiques sont enfermés, les journalistes sont priés de se taire. Même les députés européens qui tentent de briser le mur du silence sont refoulés devant les portes des prisons.

Le bureau d’avocats Nasrin défend les intérêts d’ Ocalan. Ou défendait : depuis le 27 juillet 2011, plus aucun avocat n’a eu le droit de rencontrer le leader kurde dans sa prison.
Même sa famille se voir constamment refusée l’accès à Imrali, sauf de façon très exceptionnelle, quand les circonstances politiques s’y prêtent, comme lors de la dernière visite, accordée suite à une grève de la faim de la classe politique de la ville d’Amed.
Et voilà que les pratiques d’Imrali, faute d’avoir été dénoncées par la CPT, la cour européenne pour la prévention de la torture ou par la cour européenne pour les droits de l’homme, se généralisent à l’ensemble des prisons turques : maintenant, les conversations entre les avocats et leurs clients sont enregistrées, et elles se déroulent sous la présence d’un officier.
Pour tenter d’en savoir plus, une délégation internationale menée par des députés européens et des universitaires s’est rendue en Turquie et a introduit une nouvelle demande pour visiter Selahattin Demirtas et Abdullah Ocalan dans leurs prisons. Cette délégation, chapeautée par la commission civique Union européenne-Turquie, est restée devant les portes fermées de la prison.
Julie Ward, députée européenne, a réagi en expliquant qu’elle raconterait au monde entier qu’ils n’ont pas pu rencontrer des parlementaires démocratiquement élus, et qui sont maintenant emprisonnés dans des conditions inhumaines.

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Quant aux journalistes, eux non plus n’ont pas le droit de contester les vérités en provenance du palais : Aysel Işik, journaliste pour l’agence Jinha, avait été arrêtée en novembre 2016. L’acte d’accusation a été rédigé : il indique que le travail de reporter pour l‘agence Jinha constitue un crime. Elle sera jugée à la deuxième haute cour criminelle de Sirnak ce 1 mars.
Un autre journaliste, Selahattin Aslan, a été arrêté à l’aéroport Sabiha Gokçen d’Istanbul ce jeudi. Il serait toujours retenu dans les locaux de la police d’Istanbul.
L’appartement d’un autre journaliste, Deniz Yücel, qui a la chance d’avoir la double nationalité turque et allemande, a été fouillé par la police. Ce journaliste de « Die Welt » de 43 ans est toujours en état d’arrestation. Grâce aux mesures de l’état d’urgence, il pourra rester enfermé pendant 14 jours sans même rencontrer un juge.

Cet article Ronahi TV • Journal du 19 février 2017 a été publié par KEDISTAN.

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Référendum : Non, c’est non ! | Mizah Haber http://www.kedistan.net/2017/02/19/referendum-non-cest-non-mizah-haber/ Sun, 19 Feb 2017 00:56:46 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41215 Le référendum d’avril pour les changements constitutionnels va se tenir sous état d’urgence. L’urgence pour le régime est de se doter d’un “exécutif” sans intermédiaire, dirigeant par décrets présidentiels, comme un état d’urgence permanent. En somme, avec la suppression du premier ministre et un gouvernement directement aux ordres de la présidence, le parlement devient une […]

Cet article Référendum : Non, c’est non ! | Mizah Haber a été publié par KEDISTAN.

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Le référendum d’avril pour les changements constitutionnels va se tenir sous état d’urgence. L’urgence pour le régime est de se doter d’un “exécutif” sans intermédiaire, dirigeant par décrets présidentiels, comme un état d’urgence permanent.

En somme, avec la suppression du premier ministre et un gouvernement directement aux ordres de la présidence, le parlement devient une chambre d’enregistrements, ce qu’il est déjà de fait depuis un an. La réforme autorisera l’actuel résidant du Palais à se représenter, et ce plusieurs fois jusqu’en 2023, ce qui en l’état n’était pas possible. D’autres “aménagement” concernant le judiciaire entre autres, complètent ce plébiscite pour une démocrature à la turca.

Le parti d’opposition démocratique HDP, dont plus de 10 députés sont incarcérés, sans compter ses nombreux militants et élus locaux, se trouve de fait dans sa campagne pour le NON affaibli, et utilise au maximum ce qui reste d’espace libre sur les “médias sociaux”. Les partis kémalistes de gauche ou le parti kémaliste social libéral CHP, 2e force politique turque, mobilisent également pour le NON, en défense de la République, de la démocratie parlementaire et de la laïcité “turque”.

La question qui se pose est bien sûr celle de la “fraude électorale”, rendue possible dans de très nombreuses mairies confisquées par décret par le régime, et sous tutelle de l’AKP, au Bakur principalement. Cette fraude, déjà massive aux dernières législatives, sera complétée par les “empêchements à voter” du fait des “occupations” militaires de fait, qui perdurent dans certaines régions.

Les partisans du OUI, ont déjà proféré diverses menaces en cas de victoire du NON.

Une mobilisation réelle pour le NON existe et se manifeste.

Par “précaution”, le NON disparaît du vocabulaire dans des cas rocambolesques. Trois exemples : Le satellite Digiturk a enlevé préventivement de ses films en “diffusion” le film “No” de Pablo Lorrain (nominé aux oscars). Ailleurs, à Konya, c’est une campagne pour arrêter le tabac qui a été suspendue… Enfin, la Société Metro a censuré sa propres campagne de publicité, où l’expression “non, ce n’est pas possible” était employée. Le réel dépasse parfois les humoristes.

Image à la une : Montage de Gürcan Gürsel


Couverture du revue satirique Penguen du 14 février 2017

Le Président de la République Erdoğan a dit :
“Ceux qui disent ‘non’ au référendum se placent aux côtés des putschistes.”


Dessin de Nuhsal Işın

– Excusez-moi puis-je prendre votre portefeuilles ?
– Si je dis “non” je vais être un traître ! Je suis obligé de dire “oui” !


Dessin de Sefer Selvi

Premier Ministre Yıldırım :
– C’est parce qu’eux disent “non” que nous disons “oui”.
C’est parce qu’eux disent la vérité que nous mentons…


Couverture du revue satirique Uykusuz du 9 février 2017

La police a battu les les jeunes qui distribuaient des tracts pour le ‘non’ au référendum.
– Pas besoin de sondage. Nous marquons ceux qui vont voter ‘non’.


Couverture du revue satirique Penguen du 9 février 2017

Avec la date du référendum qui se rapproche, les tensions augmentent.
– Veux-tu m’épouser ?
– Non…
– Je te moucharderai !


Dessin de Latif Demirci

– Allons bon, ils ont fait ça quand ?
Panneau : -> Le Pont de ‘Oui de 16 avril’


Dessin de Nuhsal Işın

Bonus vidéo :

De nombreuses vidéo musicales, informatives, ou humoristiques, pour la campagne du ‘non’, en turc ‘hayır’, fleurissent sur les réseaux sociaux. Nous avions par exemple, relayé la chanson du chœur ‘7 Renk LGBT’, publié une chronique sur Hakan Vreskala et sa chanson pour ‘non. Voilà une autre vidéo qui dit ‘non’ avec nostalgie. C’est même une ribambelle de ‘non’ extraits des films turcs des années 70…


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“Kurdistan, rêve de Printemps” un film AKB http://www.kedistan.net/2017/02/17/rojava-kurdistan-film-akb/ Fri, 17 Feb 2017 22:01:52 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41176 En avril 2015, une délégation des Amitiés kurdes de Bretagne, s’était rendue au Kurdistan, comme chaque année depuis 20 ans. En voici un aperçu filmé au Rojava. Un film de Mikael Baudu, qui avait suivi la délégation des AKB été né alors de ce voyage et devint “Kurdistan, Huñvreal an Nevez-Amzer”, un documentaire de 52′, […]

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En avril 2015, une délégation des Amitiés kurdes de Bretagne, s’était rendue au Kurdistan, comme chaque année depuis 20 ans. En voici un aperçu filmé au Rojava.

Un film de Mikael Baudu, qui avait suivi la délégation des AKB été né alors de ce voyage et devint “Kurdistan, Huñvreal an Nevez-Amzer”, un documentaire de 52′, coproduction Gwengolo Filmoù – France 3 Bretagne et qui avait été été diffusé par France 3 Bretagne ensuite.

Mikael Baudu en avait tiré quelques extraits, dont celui-ci, de 13’37”, monté spécialement pour les AKB.

Il est devenu très difficile de rejoindre le Rojava, depuis près d’un an, tant du fait du blocus des autorités turques, que des barrages constants qu’instaurent le Kurdistan irakien à ses frontières. Et il est bien évident que la voie à partir de Damas en Syrie n’est pas pratiquable par le commun des mortels…

Aussi, revoir ces images aujourd’hui, alors que le processus révolutionnaire au Rojava a deux années de plus, nous a paru utile.

Ce film, “Kurdistan, Rêve de Printemps” est disponible sur la chaîne YouTube des Amitiés kurdes de Bretagne, et nous le mettons à votre disposition dans ce billet. Il complètera avec bonheur le dossier spécial Rojava sur Kedistan.

Amitiés kurdes de Bretagne : Site web | Page Facebook
Mickael Baudu : Facebook | Teaser du film


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La Turquie en Europe, c’est maintenant http://www.kedistan.net/2017/02/17/miroir-turquie-europe-migrants/ Fri, 17 Feb 2017 16:18:14 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41127 Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment que si je vous parle encore des files d’attentes devant les tribunaux et des prisons turques surpeuplées, vous allez atteindre l’overdose…  Alors j’ai eu envie de tourner mon regard ailleurs, vers un ailleurs qui est aussi le vôtre. Oui, je vais vous parler de cette Europe […]

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Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai le sentiment que si je vous parle encore des files d’attentes devant les tribunaux et des prisons turques surpeuplées, vous allez atteindre l’overdose… 

Alors j’ai eu envie de tourner mon regard ailleurs, vers un ailleurs qui est aussi le vôtre.

Oui, je vais vous parler de cette Europe qui faisait rêver ici et se déplacer tant de mes compatriotes, il y a  peu encore.
CertainEs y ont même refait leur vie, et friment une fois par an, en revenant avec une grosse valise à roulettes, avec un billet de Turkish Airlines.

J’ai, moi aussi, autrefois, fait ces voyages… C’était il y a longtemps.

Dans les années 1980, puis 1990, certains “touristes turcs” ne prenaient qu’un aller-simple. Les grosses valises allaient vers l’Europe. Il se mêlait au flot, des familles qui n’avaient rien de “réfugiés politiques”, mais plutôt des contrats de travail sur pattes pour Peugeot, Michelin, ou le charbon et l’acier allemand. De jeunes gens aussi, qui se découvrait un appétit de politique, à l’approche fatidique du “service militaire”… Même au début de ce siècle…

C’est l’Allemagne et la France, qui ont le plus attiré mes compatriotes. Avec ses un peu plus de 3 millions 500 mille Turcs et Kurdes de la diaspora en Europe, en situation comme vous le dites “régulière”, on ne peut pas dire qu’on vous ait “envahi”.

Vous avez paraît-il, rien qu’en France, reçu 84 Millions de touristes étrangers l’année dernière…

Aah ! Comme l’Europe est accueillante, ouverte, hospitalière… Non ?

J’avais cru remarquer en effet que vos gouvernements étaient prêts à donner 6 milliards à notre démocrature, pour qu’elle sous-traite les réfugiés des guerres, et empêche de passer ceux de vos guerres à distance.

D’ailleurs, le “président futur Super Président” a dit récemment avec la Chancelière allemande que même s’il y avait des retards dans les versements, quelques milliards étaient arrivés. Il y a même eu, je crois, une belle réunion de vos chefs de gouvernement sur une île de Méditerranée, pour débloquer quelques euros supplémentaires, pour “empêcher” l’accueil des réfugiés. Entre la surveillance de la Méditerranée, et la sous location de la Turquie “terre d’asile”, les réfugiés de tous les pays n’ont qu’à bien se… noyer.

Je me demandais encore, pourquoi c’était si compliqué d’avoir des visas…

europe turquie

Et quand je vois sur vos réseaux sociaux que vous commencez à condamner des personnes qui aident les migrants, les hébergent ou viennent à leur secours, je commence à me demander quelle Europe il y a là, pour laquelle on m’avait fait la retape depuis le début des années 2000.

Bon, c’est vrai que pendant l’état d’urgence, en Turquie, on condamne bien des écrivains… Alors sous état d’urgence, en France ou en Italie ou ailleurs, vous vous rattrapez en condamnant des humanistes qui aident leur prochain… Chacun sa façon de lutter contre le terrorisme. On est tous en guerre après tout ! Paraîtrait même que votre police prendrait exemple sur la nôtre, dans le maniement de la matraque

Pour l’instant, ce sont les migrants qui se noient. Mais le grand navire Europe semble avoir de l’eau dans sa cale, et de la pourriture sur ses ponts.

Votre bateau n’est pas ivre, il a perdu son gouvernail.

Et pendant que vous jouez aux cartes vos capitaines, mon pays se fout sur la gueule, à coup de OUI et de NON.

Non, ça n’est pas pour savoir si nous voulons couler avec vous. C’est juste pour la forme. Notre président joue à la Reine de Blanche neige, et nous sommes sensés être son miroir. Et si le NON l’emporte, il y aura de la casse, soyez-en sûrs !

Mais j’oubliais… Vous avez aussi vos rois à tirer… Alors je vous ennuie, avec mes jeux de miroirs.


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Figen Yüksekdağ : les femmes disent “non” http://www.kedistan.net/2017/02/17/figen-yuksekdag-femmes-disent-non/ Fri, 17 Feb 2017 16:08:48 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41147 « Gagner commence souvent par un “non”. S’il n’y avait pas de femmes qui disent “non” aux hommes qui rendent la vie des femmes misérable, qui disent “non” à l’inégalité, qui disent “non” à la discrimination, qui disent “non” à la violence et à la mort, alors notre vie ne serait qu’enfer et ténèbres. » C’est […]

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« Gagner commence souvent par un “non”. S’il n’y avait pas de femmes qui disent “non” aux hommes qui rendent la vie des femmes misérable, qui disent “non” à l’inégalité, qui disent “non” à la discrimination, qui disent “non” à la violence et à la mort, alors notre vie ne serait qu’enfer et ténèbres. »

C’est un message adressé aux femmes. Un message écrit depuis la prison de Kandıra, et destiné à l’assemblée des femmes du parti démocratique des peuples (HDP), par Figen Yüksekdağ, co-présidente du HDP. Un message pour le “non”. Un message pour dire “non”. Un message relayé ce 14 février par le site web Şûjin, nouvelle agence d’information féministe ouverte après la fermeture de JINHA.

« Bonjour à vous toutes. Je salue votre unité, vos efforts, votre enthousiasme, votre pluralisme sans distinction et votre volonté qui inspire le “non”. Je crois que les femmes qui disent “non” vont redonner vie à la société et la politique. Le monopole d’un pouvoir autoritaire veut qu’une société dise “oui” à tous les maux qu’il impose. Ce pouvoir vise à institutionnaliser son régime d'”un homme” et d'”un parti” et sa politique perverse et brutale à travers le référendum constitutionnel. Il demande à notre peuple de dire “oui” à la guerre et à la mort; à la corruption, à la pauvreté, à la crise économique; aux violences contre les femmes, à la discrimination et à l’atrocité d’un seul homme; à l’abandon de nos jeunes, laissés sans emploi et sacrifiés pour un système où seuls étudient ceux qui ont de l’argent; à la loi enchaînée au palais et au kidnapping de la loi et de la justice; aux  droits et libertés fondamentales laissés à la merci d’un seul homme… Celles qui disent “oui” à tout ça, voire plus, vont se perdre et entraîner la perte des générations à venir. Mais celles qui font preuve de courage et de détermination en disant “non” seront les gagnantes d’aujourd’hui, pour demain. »

« Gagner commence souvent par un “non” Les femmes le savent mieux que personne. S’il n’y avait pas de femmes qui disent “non” aux hommes qui rendent la vie des femmes misérable, qui disent “non” à l’inégalité, qui disent “non” à la discrimination, qui disent “non” à la violence et à la mort, alors notre vie ne serait qu’enfer et ténèbres. Heureusement, il y a des femmes qui disent “non” à l’enfer, des femmes qui sont la flamme empêchant de sombrer dans les ténèbres. Et elles seront toujours là. Tout au long de l’histoire, les femmes ont été à l’avant-garde de tout progrès social, des lumières et des changements révolutionnaires. Au milieu de ceux qui obligent à  dire “oui” à tout, il y a une personne qui change le cours de l’histoire en disant “non”. Les femmes arrêteront cette pourriture. Les femmes donneront la meilleure réponse au pouvoir dirigeant qui essaie d’emprisonner la société. »

« Nous avons été torpillées pendant deux ans pour nous empêcher de dire “non”. Nous avons subi toutes sortes de maux et de cruautés pour nous empêcher de dire “non”. Des milliers, des dizaines de milliers d’entre nous ont été emprisonnées pour nous empêcher de dire “non”. Des guerres ont été déclarées, juste pour un “oui”. Nos enfants sont enterrés, sans pierres tombales ou cérémonies funéraires officielles. Nous disons “non” pour ceci, et beaucoup plus. »

Version en anglais sur Şûjin : Figen Yüksekdağ: Winning starts with ‘No’


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Turkey • Nobel Prize winner Orhan Pamuk censored http://www.kedistan.net/2017/02/16/turkey-%e2%80%a2-nobel-prize-winner-orhan-pamuk-censored/ Thu, 16 Feb 2017 21:52:00 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41120 At first, it was nothing but a rumor. But Orhan Pamuk, the Turkish Nobel Literature Prize winner has confirmed : a long interview he had given the daily Hürriyet for publication on February 13th was not published… because it contained criticism of the constitutional reform. Cansu Çamlıbel, Hürriyet Daily’s Washington representative, interviewed Orhan Pamuk. But the paper’s […]

Cet article Turkey • Nobel Prize winner Orhan Pamuk censored a été publié par KEDISTAN.

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At first, it was nothing but a rumor. But Orhan Pamuk, the Turkish Nobel Literature Prize winner has confirmed : a long interview he had given the daily Hürriyet for publication on February 13th was not published… because it contained criticism of the constitutional reform.

Cansu Çamlıbel, Hürriyet Daily’s Washington representative, interviewed Orhan Pamuk. But the paper’s editorial committee refused publication, because the writer expressed his objections to the reform wanted by the regime.

“Unfortunately the reports are true” Pamuk declared on the website susma24.com, adding that Cansu Çamlıbel had indeed conducted a long interview with him during which he asked Pamuk if he would vote in favor of the reform. “I said I would vote “No” and explained the reasons for my decision. And the interview was eventually not published.”

This censorship of the interview occurs after a TV presenter on Kanal D – which belongs to Doğan Media as does Hürriyet – was fired last week for publicly stating he was considering voting “No” at the referendum.

For background, last January 21st, the Turkish Parliament approved a constitutional reform that would hand over full powers to President Erdoğan. The reform will be voted on in a general referendum on April 16th.

As further background, several journalists working for various news sources owned by Doğan Media have been fired these last few years for expressing critical viewpoints.

Doğan Media hasn’t chosen to water down the wine for nothing. Threats and attacks have led to self-censorship. Here are a few examples for a better understanding of the situation.

In early September of 2015, the offices of Doğan Media in Istanbul were attacked on several occasions. The first attack was led personally by AKP member Abdurrahim Boynukalın who conducted a “raid” against Hürriyet, because he considered the newspaper “had deformed Erdoğan’s words”. Later on, a mob of some hundred people, armed with sticks and stones, seriously damaged the offices, with the police claiming “they could not be stopped.” Abdurrahim Boynukalın, head of the AKP’s Youth wing and Istanbul deputy, encouraged the attackers and even made a speech supporting them. One might note he was later “promoted” to the post of Assistant to the Minister of Youth and Sports in December 2016.

Still in 2015, on October 1st, Ahmet Hakan, a Hürriyet journalist was attacked by four people in front of his home. He suffered a broken nose and ribs…

As a consequence, self-censorship at Hürriyet is nothing new. In a more recent example, journalist Ayşe Arman published her Aslı Erdoğan interview in full on her blog, after parts of it were “censored” in the newspaper… Other precedents have certainly served to drive home the message. Eight years ago, in 2009, Doğan Media faced a tax adjustment of 1,75 billion euros. This adjustment certainly had a lot to do with a disturbing investigation into the corruption of some high-placed personalities…

Evidently, the closing down of media sources, the arrests of journalists as well as the heavy sentences the courts are called on to impose are conducive to censorship. Even of a Nobel Prize winner.

Translation by Renée Lucie Bourges.
iknowiknowiknowblog.wordpress.com
French version > 
Turquie • Le prix Nobel Orhan Pamuk censuré

Image à la une : Photo ©Eric Bouvet / Getty Images

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Ahmet Şık, jour d’audience pour l’affaire Oda TV http://www.kedistan.net/2017/02/16/ahmet-sik-audience-affaire-oda-tv/ Wed, 15 Feb 2017 23:39:20 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41073 Le gouvernement a adopté le programme d’une dictature. C’est en substance ce qu’a affirmé Ahmet Şık, journaliste au quotidien Cumhuriyet, lors de son audience au tribunal de Çağlayan, ce mercredi 15 février. Il avait été arrêté le 29 décembre dernier. Il y a quelques années, et plus précisément en 2011, on avait beaucoup parlé de lui, […]

Cet article Ahmet Şık, jour d’audience pour l’affaire Oda TV a été publié par KEDISTAN.

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Le gouvernement a adopté le programme d’une dictature. C’est en substance ce qu’a affirmé Ahmet Şık, journaliste au quotidien Cumhuriyet, lors de son audience au tribunal de Çağlayan, ce mercredi 15 février. Il avait été arrêté le 29 décembre dernier.

Il y a quelques années, et plus précisément en 2011, on avait beaucoup parlé de lui, avec l’affaire Oda TV”. Un pseudo complot visant soi-disant à déstabiliser le gouvernement de l’AKP de Recep Tayyip Erdogan. Qui ne correspondait en réalité qu’à des dénonciations de corruptions.

Ce dossier, comme celui de FETÖ” aujourd’hui, fut allègrement mêlé à l’affaire Ergenekon, un complot présumé d’une aile militaro nationaliste de l’appareil d’Etat contre le gouvernement AKP (affaire depuis enterrée). Et l’on détourna de leur sens de réelles dénonciations, en les associant à une conspiration militaire”. Le rédacteur en chef d’Oda TV, Soner Yalçın, avait alors passé 22 mois en prison.

On peut, avec le recul, constater que la  loi “antiterroriste” de l’époque permettait déjà de beaux amalgames contre la presse et les journalistes. Elle a pourtant été renforcée” par un vote au Parlement, en juin 2016.

Mais revenons à l’audience. Car c’est pour cette affaire Oda TV”, qui concerne aussi Nedim Şener, Yalçın Küçük, Hanefi Avcı, et donc Soner Yalçın, qu’Ahmet Şık était entendu une nouvelle fois ce 15 février. Alors même que depuis 46 derniers jours, il est en détention préventive pour une autre enquête judiciaire, dans laquelle on l’accuse simultanément de propagande terroriste pour FETÖ”, terme péjoratif que le gouvernement utilise pour désigner le mouvement Gülen, et pour le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK)…

Ahmet Şık

Dans sa plaidoirie, Şık n’a pas manqué de s’étonner de l’acharnement du gouvernement contre sa personne. “Je pourrais être une nouvelle fois arrêté, à l’avenir, s’il y a un procès pour appartenance à la RETO, l’organisation terroriste Recep Tayyip Erdoganiste” glisse-t-il avec malice, soulignant par ailleurs les similarités entre la Turquie d’aujourd’hui et “1984”, le plus célèbre des romans de George Orwell.

En 2011, c’est  un livre décrivant les liens entre le mouvement Gülen et l’Etat – L’armée de l’Imam – qui lui avait valu d’être arrêté par la police. Or voici quelques jours, devant la 14e cour pénale d’Istanbul et dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat de Hrant Dink, on avait confirmation par un ancien chef du renseignement de la police, Ali Fuat Yılmazer, que Recep Tayyip Erdoğan en personne avait ordonné à la police d’enquêter en 2011 sur Oda TV”…

Fait important, les journalistes n’ont pas été autorisés à entrer dans la salle, au prétexte qu’elle était déjà pleine. Doit-on s’en étonner ? Ils ont en tout cas protesté, demandant pourquoi l’audience se déroulait dans une si petite salle, alors qu’il était évident qu’un nombre important de personnes voudraient y assister.

Pour Erol Önderoğlu, le représentant de Reporters sans frontières, cette pratique est à l’évidence destinée à empêcher que des journalistes puissent assister au procès : “Une telle chose ne s’est jamais produite, même devant la Cour de Sûreté de l’Etat”. Quoi qu’il en soit, près de 250 personnes attendaient à l’extérieur, clamant le slogan “Ahmet sortira (de prison) et recommencera à écrire.” Tout en déployant, à l’extérieur du palais de justice, une grande bannière : “Nous ne sommes pas restés silencieux, et nous ne le resterons pas.”

Le jugement a été reporté. Une nouvelle audience est prévue pour le 12 avril 2017.


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Bağımsız kAdın, bağımsız kAlem: Emine Özkaya, rumuz “Emma GoldmAn” http://www.kedistan.net/2017/02/16/bagimsiz-kadin-bagimsiz-kalem-emine-ozkaya/ Wed, 15 Feb 2017 23:23:47 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41031 Elimde daha önce severek okuduğum bir kitap var… Emma Goldman’ın, “Hayatımı Yaşarken” başlıklı otobiyografisi. Hayır, kitabın tanıtımı yapmak değil niyetim. Daha önceleri çokça kez yapıldığını ve pek çok okura da ulaştığını biliyorum. Sosyal medyada ve düşün dünyasında, sokakta, okulda, Emma Goldman’dan çokça söz edilmekte; düşünceleri her an her yerde, adını bildiğimiz – bilmediğimiz sayısız insan […]

Cet article Bağımsız kAdın, bağımsız kAlem: Emine Özkaya, rumuz “Emma GoldmAn” a été publié par KEDISTAN.

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Elimde daha önce severek okuduğum bir kitap var… Emma Goldman’ın, “Hayatımı Yaşarken” başlıklı otobiyografisi. Hayır, kitabın tanıtımı yapmak değil niyetim. Daha önceleri çokça kez yapıldığını ve pek çok okura da ulaştığını biliyorum.

Sosyal medyada ve düşün dünyasında, sokakta, okulda, Emma Goldman’dan çokça söz edilmekte; düşünceleri her an her yerde, adını bildiğimiz – bilmediğimiz sayısız insan tarafından kaynak notu olarak paylaşılmakta, tartışılmakta… İşte böylesine değerli bu kitabı biz okurlara kazandıran kAdın çevirmeni tanıtmak istiyorum ben. Kitabın kapağındaki çevirmen biyografisinin son özet paragrafında şöyle yazıyor:

Yıllardır, aklına estiğince, deneme, şiir, eleştiri yazdığı gibi, çoğu alanı kapsayan makaleler de yazar. Çeşitli yerlerde yayımlanmıştır bu yazılar. Yazdıklarına sahip çıkmaz. Sitesi, bloğu yoktur. Özellikle de özgürlükçü dünyaya katkıda bulunmuş kadın düşünürleri ortaya çıkarır. Çevireceği kitapları kendisi seçer. Kısacası, bağımsız bir kAlemdir o.  

Bizim Emma Goldman’ımız, Emine Özkaya’dır o.

Şimdi sizleri daha fazla bekletmeden kısa bir süre önce onunla yaptığım söyleşiyi aktarıyorum…


Sadık: Söyleşimize şu iki ana başlık altında başlayalım istiyorum:

Dünyada ve Türkiye’de devlet ve tahakküm, kadın, erkek, çocuk ilişkisi ve bireyin özgürlüğü

Bu iki temel başlığa ilişkin senin çokça sözün olduğunu pek çok kişi gibi bende çok yakınen biliyorum. Ancak ben izninle KedistAn okurlarının da bilmelerini istiyorum. Ne dersin?

Emma: Milliyetçi ideoloji, kadınları, ulusun oluşum ve gelişim süreçlerinde kullandığı gibi, toplumun militarizasyon sürecinde de kullanır. Hepimizin sıklıkla işittiğimiz, günlük hayatımızda öylesine kullandığımız terimlerdir anavatan, toprak ana ve yavru vatan… Namusunun ve şerefinin korunması gereklidir anavatanın! Tıpkı kadın gibi. Bu anavatanı koruyacak olanlar da, esasen ulusu temsil eden erkek milletidir. Erkek, vatanı savunan askerle özdeştir. Paul Theroux bu durumu şöyle ifade ediyor: “‘Erkek gibi davran’ ifadesi bana bir küfür gibi geliyor. Bu ifade, ‘aptal ol, duygusuz ol, itaatkâr ol, asker ol ve düşünme!’ anlamına geliyor.”

Şaşırtıcıdır ki, bunca kutsanan anavatan, yeri geldiğinde yerle bir edilir. Vatanı korumak ve parçalatmamak adına Kürt köyleri yakılıp viran edilebilir. Aynı, namus cinayetlerine kurban edilen kadınlar gibi, “uğruna feda olunan” topraklar insansızlaştırılır, yaşama alanı olmaktan çıkarılır. Ağızlarını açtıklarında vatanseverlikten dem vuranların sıkıya düştüklerinde yaptıkları ilk şey, istilacı ile işbirliği yapmak ya da ülkenin kapılarını istilacıya açmaktır. Aynı, namustan fazla söz edenlerin sıkıştıklarında karılarını sokağa attıkları gibi. Orduların gerçek görevi, vatanı savunmak değil, içerde halkları bastırmaktır. Tarihte yabancı istilasına karşı direnen ordu örneği çok azdır. Hitler, Fransa başta olmak üzere Avrupa ordularını birer ikişer günde bertaraf etmiştir. Diğer yandan, ulusal kurtuluş hareketleri de, kadınların geniş katılımına ihtiyaç duyduğu için bir yandan kadını yüceltirken, bir yandan da onlara erkek imajı kazandırmaya özen gösterir. Cezayir, Sri Lanka ve PKK de dahil, ulusal hareketlerin içinde, cephede ve cephe gerisinde yer alan çok sayıda kadın vardır.

Bu kadınlar, ellerindeki silahla ve aldıkları “sorumluluklarla” erkeklerden farksız bir biçimde tasvir edilirler. Yine de kadınların toplum içinde inisiyatif almalarını sağlayan bir yanı vardır ulusal mücadelelerin. Oy hakkı elde etmek, eğitim ve çalışma hayatı ve siyasette bir ölçüde yer almak. Örneğin İngiltere’de kadınların oy hakkını elde etmeleri ancak 1. Dünya Savaşı sonunda, erkeklerden çok sonra olmuştur. Yakın geçmişte uluslaşan ülkelerde kadınlar erkeklerle aynı zamanda oy hakkını elde etmiştir. Bu, onlara eşit vatandaş haklarını kazandırmasa da, objektif durum budur.

Ne var ki, ulusal mücadelede “erkekleşerek” belli ölçüde inisiyatif ve özgürlük kazanan kadının doğurganlığı kısa sürede yeniden ön plana çıkartılır. Musa Anter, Kürt kadınını şöyle tanımlar: “Kürt kadını kocasının karısı, çocuklarının annesi ve de toplumdaki ekonomik ilişkilerin canlı bir ortakçısıdır (…) Kürt kadınına kaç çocuğun var diye sorulduğunda, sayının 5-6’dan aşağı olması, şerefli bir kadın için aşağılayıcı bir durumdur.” Kadınların cinselliği üzerinden yapılan “milli tasarruflar”, sadece savaş ve toplumun militarizasyonu dönemlerini kapsamıyor. Aşağıda göreceğimiz gibi, nüfus ve aile planlaması adı altında sınıfsal bir boyutu da içinde barındırıyor.

1990’ların sonunda, Brezilya’da, gecekondu mahallelerinde, kadınların rahmi zorla alınarak kısırlaştırma yoluna gidilmiştir. Bu proje, Dünya Bankası fonlarıyla desteklenmiştir. Kısırlaştırılan birçok kadına, rahimleri alınacağı ve ömür boyu çocuk doğuramayacakları söylenmemiştir. Birçok kadın bu operasyonlar sırasında sakatlanmıştır. Kadınların kısırlaştırılmasına harcanacak fonlar, pekâlâ o gecekondu mahallelerinin su, elektrik, yol gibi temel ihtiyaçlarına, yoksul halkın yaşam standartlarının yükseltilmesine harcanabilirdi. Oysa Brezilya Devleti, yoksulluğu yok etmek yerine, kadınların doğurganlığını yok etme yoluna gitmiştir. 1990’lı yıllarda, Britanya’da, Depo-provera, artık sağlığa zararlı olduğu bilinmesine rağmen, bir doğum kontrol metodu olarak siyah ve göçmen kadınlara verilmekteydi. İsrail, Filistinli kadınlar üzerinde kısırlaştırma politikasını halen sürdürmektedir. Amerika da dahil yirmi dört devlet, 1910-1930 yılları arasında kısırlaştırma yasası çıkartmıştır. Amerika’da, göçmenleri hedef alan öjenik hareketin çıkışı, İngiltere ile aynı döneme rastlar. Sosyal Darwinizmden güç alır öjenik hareket. Daha sonra Nazi Almanyası yaygın bir şekilde uygular benzeri bir ırkçılığı. Nazilerin pratiğinde de görüldüğü gibi, öjenik hareketin çıkış nedeni, devletin ırkçı ve cinsiyetçi uygulamaları ile, ulus, devlet, milliyetçilik arasında hep bir ilişki vardır.

Emine Özkaya
Londra’da…

Devletlerin kadınların bedeni üzerinden geliştirdikleri nüfus planlama politikalarının bir yanı kısırlaştırmaysa, diğer yanı da doğurganlığın körüklenmesidir. Kadınların doğurganlığı, milliyetçi ideolojiler tarafından hep yüceltilir. “Cennet anaların ayağı altındadır” deyişiyle anneliği yücelten anlayış, bir başka yerde, “kadının karnından sıpası, sırtından sopası eksik olmamalı” diyerek erkek şovenizmini dışa vurur.

Atatürk, Cumhuriyet Türkiye’sinin aile yapısını şekillendirirken, “Türk kadınının en büyük görevi analıktır” derken, devletin en küçük birimi olarak düşündüğü aile ve ailedeki kadının rolüne vurgu yapma gereği duymuştur. Ailenin istikrarsızlığı, altüst oluşu, toplumun istikrarsızlığından bağımsız düşünülemez. Ailenin, kültürel ve ahlâki şekillenmesi, korunması, kısacası gardiyanlığı kadınlara sunulan en büyük görevdir. Bu, savaş-barış zamanlarının değişmez politikasıdır.

Ne yazık ki, belli zamanlarda “vatanın analarının” da bu milliyetçi taşkınlığın içinde yer aldığını görmekteyiz. Birinci Dünya Savaşı sırasında, Britanya’da oy hakkı için mücadele eden kadınlar, askerliğe gitmeyi reddeden erkeklere “korkaklığın” simgesi olarak beyaz tüy dağıtmakla, daha o zamandan yükselen milliyetçi isterinin ve savaşçı faşizmin habercisi olmuşlardır. Hitler, Goebbels’in karısı ve çocuklarını, örnek Alman ailesi olarak boşuna lanse etmemiştir. Naziler, Almanya’daki kadınların büyük çoğunluğunun desteğini almışlardır. Öyle ki, bir kesim Alman feministi dahi bu isteriye göğüs gerememiştir. Keza İtalya’da, birçok kadın, Mussolini’ye alyans ve bilezikleriyle birlikte oğullarını da sunmuşlardır. Diğer ideolojilerde olduğu gibi, faşizmde de vatan imajı ile ana imajı kaynaştırılmıştır. Nasıl ananın namusu ve şerefi kutsalsa, anayla özdeşleşen vatanın korunması da kutsaldır. Benzer bir şekilde, Stalin de, “sosyalist” vatan savunmasında aynı özdeşliği kurmuş, analığı ve aileyi yüceltmiştir. Üstelik Stalin’de analık, hem vatanı, vatanı savunacak askeri üretecek doğurgan kaynağı, hem de yüksek üretimi temsil eder. Vatan, millet ve aile, her ulusun temel direkleridir. Bu nedenle, milliyetçilerin ve politikacıların vazgeçilmez propaganda alanlarıdır.

Aile ideolojisini yalnızca faşist devletler değil, (Nazi Almanyası örneğinde olduğu gibi: kadın-çocuk-mutfak üçlüsü) tüm ulusal devletler aile-vatan kavramına özel bir önem atfetmişlerdir. Bugünün ister “gelişmiş” kapitalist olsun, ister kendisine sosyalist desin tüm ülkeleri çekirdek aileyi örnek ve evrensel olarak kabul eder.

Gerçekten böyle midir durum? Aile de toplumlar gibi değişkendir. Resmi, çekirdek ailenin dışında var olan aile örnekleri görmezden gelinir. Evli olmayan anne örneğinde olduğu gibi. Oysa lezbiyen-gay çiftlerden oluşan aileler, bekâr baba ve çocuklardan oluşan aileler, arkadaşlardan oluşan aileler, tek tek bireylerden oluşan aileler, yaşlılardan oluşan aileler, çocuklu, çocuksuz birçok aile örneği vardır gerçek toplumda. Sonuç olarak, aile evrensel olmadığı gibi, annelik de evrensel bir ideolojiyle tanımlanamaz. Annelik, kadının herhangi kimliğinden birisidir. Kurumsal anneliği kutsayan sistem, ne yazık ki, onu ödüllendirmez. Dünyanın birçok yerinde evli olmayan anneler, hâlâ gelir dağılımının en alt kesiminde yer aldıkları gibi, siyasi, ekonomik ve toplumsal alanlarda da temsil düzeyleri düşüktür. Devlet, o kadar göklere çıkardığı anneliği ve onun getirdiği maddi-manevi sorumluluğu ailelerin sırtına yıkarak kendini kurtarmaya çalışır. Öte yandan, rekabetçi-acımasız dış dünyanın karşısında, aile sığınılacak, “sıcak” bir yuvadır. Özellikle göçmen ve siyah kadınlar için. Irkçı ve milliyetçi baskı karşısında ister istemez aileye sığınılır. Zorba bir devlete karşı Filistinlilerin aileyi savunmaları ve kadınları çocuk doğurmaya teşvik etmeleri de bu noktadan bakıldığında anlaşılır bir şey olmalı.

Yakın geçmişte, İngiltere’de yaşayan Kosovalı kadınların yaşamlarını içten gözlemleme olanağım oldu. Çoğu bekâr kadınlardı ve erkek arkadaş bulmakta sıkıntı çekiyorlardı. Çünkü, içinde yaşadıkları gettonun dışından bir “yabancıyla” birlikte olmaları hoş karşılanmadığı gibi, dışlanmalarına da neden olabiliyordu. Oysa Kosovalı erkekler için aynı kural söz konusu bile değildi. Kadınlar, bu dışlanmayı göze alamadıklarından, “evde kalmış” kız sayısı çoktu o günlerde bu toplumun içinde. Kısacası, kadınların cinselliklerinin üzerindeki baskı yöntemleri değişse de, baskıyı yapanlar değişmiyor. O günlerde ulusal bağımsızlık mücadelesi veren Kosovalı vatansever erkekler, kendi kadınlarının bedenlerini de “yabancılardan korumaya” çalışıyor olmalıydılar. Oysa korunulması gereken tek şey vardı, o da bizzat koruyucunun kendisiydi. Aynı, belli topraklar üzerinde yaşayan insanların kendilerini öncelikle vatanseverlerden korumaları gerektiği gibi.

Sadık: Sosyal medya kullanıcılarına yönelik devlet kontrolü, yasak ve gözaltılara değinelim biraz da?

Emma: Genel olarak media, sosyal media da dahil, iktidarın propaganda ve kontrol alanıdır. Örneğin, 2. Dünya Savaşı sırasında, Fransa’da Naziler, çoğu filimleri dahi yeniden yapılandırarak faşizmin malzemesi haline getirmişlerdir. Mass Media, barış zamanlarında da sorunludur. İndy Media gibi, alternatif, geleneksel haberciliği dışlayan, “dost media” yaygınlaşmalıdır. Gazetecilik kurumsal olduğu sürece sorunlu olacaktır. Oysa herkes bulunduğu yerde bir habercidir. Kendi haberini kendin yap, benim şiarım. Günlük baskıya gelince. Totaliter iktidarlar döneminde baskı hep olmuştur. Baskıya karşı çareler de. Karamsar değilim ben. Gözüken baskı, gözükmeyenden daha iyidir. En yakınımızdakine güvenmeyi öğrenmek zorundayız…

Sadık: Ortadoğu ekseninde petrol ve su kaynaklarını hedefleyerek genişleyen gözü dönmüş bir haydutlar savaşı yaşanmakta; Bütün savaşlarda olduğu gibi bu savaşta da en çok siviller etkilenmekte ve “mültecilik”insanlığın kanayan bir yarası olmaya devam ediyor. Sence insanlık bu haydutlar savaşından kurtulabilecek mi?

Emma: Geleneksel işçi sınıfı sanayi devrimlerinin yaratımıydı. Bugün ise, göçmen işçi var artık dünyanın her devletinde ucuz emek olarak. “Misafir”, “kaçak” işçi olarak. Kapitalizm ne kadar global kriz ise, işsizlik, iş de o kadar global. Kimi ülkelerde daha derin yaşanmakta tabii. Bilgi ve Universiteler değersizleştiriliyor. Bu, Batı ülkeleri için de söz konusu. Okumuşla, okumamış olan arasındaki mesafeler (olumlu, eşit paylaşıma göre değil) entelektüel düşmanlığıyla el ele gidiyor. Kalifiye işçi, emek değersizleştiriliyor. Part time işlerle, ucuz emek kullanılıyor filan. Senin deyiminle “insanlık bu haydutlar savaşından kurtulur mu?” sorusu çok espirili. Ben şahsen, insanlığın kurtuluşunu, hayvanların, ağaçların; genel olarak yeryüzünün kurtuluşundan ayrı ele almıyorum. Hep birlikte batılacaktır! Bugünün sınıfsızları. Marxist terminolojiyle ifade edersek, işçi sınıfına dahil olamayan mültecilerdir-proleterler. İşçi olmak bile bir statü bu statüsüzler için. Kadınlar alınıp satılıyor üç -dört bin liraya, çocuklara tecavüz ediliyor. Hemen yine, Bağcılarda polis, anne kucağındaki bebeği kurşunluyor. Vizeymiş, neyin vizesi insanların kanı canı pahasına? Zaten parası olana sınır yok! Çoğunu bir Suriyeli korkusu almış. Yıllardır Avrupa ülkelerine giden siz değil misiniz? Hala da gitmek isteyen. Oralarda ırkçılık yapıldığında bas bas bağırırsınız. Göçmenler kimsenin işini gücünü çalmıyor. Zaten global olarak kapitalist sistemin yarattığı yeni, ucuz, kimsenin yapmadığı iş alanları var. Her dönem olduğu gibi. Velev ki öyle, burada hedef olacak kesim işverenler ve devletin işçiyi işçiye kırdıran, emek pazarının, yılların mücadelesiyle kazanılmış haklarını da gaspeden, ırkçı, cinsiyetçi, köle ticaretini yasallaştıran siyasetleridir. Bugünün esas mücadelesi budur. Bu yersiz yurtsuz “proleterya” ile dAyanışma yapmaktır. Demokrasi, özgürlük, hak, hukuk, bu mücadeleyi genişletmek, birleştirmekle gelir. Hiç kimse illegal değildir. Devletlerin sınırları illegaldir. Bu insanları dışlamak, Avrupa devletleri de dahil, TC’nin milliyetçi, ırkçı politikalarına (böl-yönet) destek olmak demektir. Kendisine insanım, devrimciyim, hak, adalet peşindeyim diyenin gündemi bu olmalıdır. Yok 19 mayıs, yok bilmem hangi halkın geçmişi, bilmem ne mezhebinin, topluluğunun “çok kültürlülüğü” talep eden zırvaları değil. Geçmiş de gelecek de buradan bAşlar!

Sadık: Senin de bildiğin gibi özellikle son on yıldır özgürlük, doğrudan demokrasi ve Anarşizm kavramları pek çok kıtada olduğu gibi bizim coğrafyamızda da gündelik hayatın bir parçası duruma geldi. Sistem karşıtı mücadele pratikleri; işgal evleri deneyleri, çeşitli otonom örgütlenmeler ve ekolojik mücadele biçimleri olarak ele alabileceğimiz bu yeni toplumsal döngü hakkında neler söylemek istersin?

Emma: Kötümser olmamak gerekir. Her karmaşa, kendi çözümünü de getirir. Deprem olacaksa da olur. Başka bir dünya, bu dünyanın içinde mümkündür. Dünyadaki sosyal, ekonomik, siyasi parçalanmalar, bir düğmeyle yönetilmiyor. Her yerde farklı zamanda, farklı şekilde ortaya çıkıyor. Mücadeleler de öyle parçalı. Seatlle, Gezi de dahil, dünyanın çok yerinde direnişler var. Bu direnişlerin doğurduğu yaşamlar var. Her şey içinden çürür ve kopar. Yıkımların çoğu kapitalizmin ekonomi politiğinin bir ürünüdür. Bilinçli ve kontrol edilmeyen yaratımlardır… Özgürlük, doğrudan demokrasiye gelince: Anarşistler de bu kargaşanın içindedir ve bundan bağımsız sterilize yaşamlar inşa etme idealleri bir iddia olmaktan öte bir anlam taşımaz. Mesele, gettolaşmadan, bizzat bulundukları yerde doğrudan demokrasi pratiklerini ortaya koymaktır. Küçük küçük gettolarda “anarşist kolektifler”, toplumsal dönüşüm süreçlerine bir müdahale cephesi olarak değerlendirilmiyorsa, “sığınak”tan farkı yoktur. Gettolaşmak değil, bireysel bile olsa günlük yaşama sahip çıkmak olmalıdır perspektif.

Anarşizm, yAşayan, yaşAtan, günlük hayAtı kapsayan bir düşünce ve pratiktir, bir ütopya değildir. Kutsal kitabı, kitapları yoktur. Benim bildiğim, anlAdığım anArşizm, hayata seyirci kalmaz. Yaşamın kutsallığını, her türlü inancın üstünde görür. Bu uğurda gerekirse anArşist düşünceyi de karşısına alabilir. Hayata bugünden müdahale etmeyi esas alır. Ve anArşizm, somut öneriler getirerek yaşamın içinde vareder kendisini. Anarşizm, topluma siyaset yaparak, “uygun” elbise projeleri üreten bir felsefe, düşünce değildir. Herşeyden önce, yolsuzluk, hırsızlık, zulüm karşısında doğrudan tavır almaktır. Yukarıdan belirlenen proje, plan, talimat hiç değildir…

Kısaca özetlersek: anArşizm, gerek kurumsal, gerek bireysel, sosyal, ekonomik, siyasi ayrımcılığa karşı olmaktır. Bir sınıfın, topluluğun, başka bir sınıfı, topluluğu ezmesine, sömürgeleştirmesine karşıdır. Aynı şekilde, bireyin de kurumlar karşısında mağdur edilmesine, inisiyatifinin köreltilmesine, kendi hayati üzerindeki haklarının ihlal edilmesine karşıdır. Karşı olmak elbette yetmez. Aileye karşıysa, aileye alternatif yaşam pratikleri oluşturmAyı ertelemeden göstermekle yükümlüdür.

Cinsiyetçiliğe karşı amansız bir dönüşümün adımları, toplumsal devrimin önceliğidir. Siyasi iktidarı fethetmek değil, toplumsal dönüşümü organize etmektir bugünden. Şeylerin tüketimine ne kAdar karşıysa, kadın bedeni başta olmak üzere, duyguların tüketimine de kArşıdır. Bu nedenle bAşta evlilik kurumunu ve aileyi hedef alır. Özgür aşkı savunurken, gönüllü birliktelikleri bugünden pratiğe sokar. Okula karşıysa, bugünden “özgür okul” projeleri ortaya koyması beklenir. Okul, hastane, psikiyatri klinikleri, sosyal kurumlar da devletin diğer kurumları gibi bilgi diktatörlüğü kurarlar bireyin üstünde. Oysa bilgi açık ve eşit bölüştürülmelidir. Yoksa uzmanlar yetişir bugün olduğu gibi hayatlarımız üzerinde söz sahibi olan ve akıl daneliğinden başka bir işe yaramayan. Örneğin sağlık sektörü. Çoğu doktorun ilaç endüstrileriyle işbirliği yaptığı bilinmektedir. Alternatif sağlık hizmeti nasıl sağlanır? Canım sistem sorunu deyip geçiştiremeyeceğimize göre. Bu konuda örgütlenme, somut pratikler olmak zorundadır..

Bilgi açık paylaşılmalıdır dedik: Bugün devlet sicil tutuyor, hayatımızla ilgili yaşamsal bilgiler saklanıyor. Bizi, her şekilde numaralayan, fişleyen (kimlik numarası, sigorta, ehliyet vs…) devlet ve kurumları, her türlü bilgiyi vatandaşından saklıyor. Sadece devlet de değil, bireyin rızası dışında sicil tutan her kurum, okul, hastane, parti, “devrimci örgüt”, sosyal medya da dahil polislik yapıyordur.

Kimse cinsiyetinden, varsa milliyetinden, benzeri kimliklerinden dolayı öncü- artçı olamaz, dışlanamaz. Ve hiç bir insan kendi kendisini yönetmekten aciz değildir. anArşizm temsili değil, doğrudan demokrasiyi savunur. Sonuç olarak, şiddet olduğu için anArşizm vardır. Sadece insana değil, hayvanlara, ağaçlara, kuşlara… sözel, fiziksel, psikolojik, ekonomik, askeri… anArşizm ölmek için değil, yAşatmek içindir. AnArşist düşünce her türlü şiddete karşıdır, “devrimci şiddet” de dahil kuşkusuz. Dolayısıyla, yaşadığımız şiddete karşı bir ÖZ SAVUNMADIR anArşizm.

Sadık: Son olarak dayanışma ya dair düşüncelerinle bağlayalım mı sohbetimizi?

Emma: yAşasın Bireysel dAyanışma! Bazı coğrafyalarda yaşamAnın kendisi başlı başına bir kahramanlıktır. Her bireyin gökyüzüne bakma huzuru ihlal edilip unutturulmuşken; içinde bulunduğu toplumun maddi, manevi şiddetini yaşamak, seyretmek, dinlemek zorunda kalması bir yana; bir de şiddetin bir tarafı olmadığı için manevi baskı görmesi, siyasi bir gruba, partiye dahil değilse bir birey olarak, direnci, yaptığı, eylediği güzel şeylerin görmezlikten gelinmesi, değer biçilmemesi bir yana, sanki her güzel şeyin, siyasetin, dayAnışmanın politik bir grupla yapılacağı inancı var. Siyaset, direnme, dayAnışma onların tekelinde değil. Onlar dışında tercih yapanlara manevi baskı yapılması da ayrı bir şiddet. Nedense, neyin doğru, neyin eğri olduğuna dair değer biçenler hep bu kurumlar, resmi ya da gayri resmi. Ve o kurumların bir üyesi değilsen vay haline! Bu bakımdan, “halkların birliği” derler hep, ben bireylerin birliği ve bireysel dayanışmanın önemine vurgu yapacağım. Kurumlar karşısında birey çok zayıf düşürülüyor. Her türlü kurumsal baskıya kArşı: Bireysel dayAnışma diyorum… Bireyler birleşin!

Sadık: Bu herkes için sıcAk bir tebessüm olacağını umduğum bu söyleşi için sana çok teşekkür ediyorum Emi. Nice yollar, yıllar sonra bile eskimeyecek yeni sohbetlerde buluşmak üzere. Sevgi, dostluk ve dayanışmA ile…


Emine ÖzkayaEmine Özkaya kimdir ?

Emine Özkaya (Emma GoldmAn) ve anArşist kitAplık… Özel alanı “Toplumsal cinsiyet çalışmaları” ve “Tarih” olan Özkaya, İngiltere’de, Middlesex Üniversitesi’nin Humanities bölümünden mezundur. Eğitim ve milliyetçilik üzerine master çalışmaları da vardır. Gökyüzü, Milliyet Sanat, Birikim, Sosyalizmin Sorunları, Yeni Zamanlar, Düşünen Siyaset, Kitap-lık, Cumhuriyet Kitap, Yapı Kredi Kitaplık, Özgür Üniversite, Kaos-GL ,dergilerinde yazıları çıktı. 1997 yılında, Emma Goldman’ın Hayatımı Yaşarken adlı otobiyografisini (Metis-Kaos ortak yayını); 1999 yılında Paul Avrich’in Bir Amerikalı Anarşist, Voltairine de Cleyre (Sel Yayıncılık) adlı biyografisini ve 2006 yılında, Mary Davis’in Sylvia Pankhurst-Radikal politik mücadele içinde geçmiş bir hayat (Versus Kitap), 2010 yılında Michael Seidman’in, İşçiler Çalışmaya Karşı (Boğaziçi Üniversitesi Yayınları) adlı çalışmasını Türkçeye çevirdi. Metis Yayınlarının bastığı Türkiye’de Siyasi Düşünce, adlı ansiklopedinin 8. cildine, Türkiye’de Anarşizm, adlı makaleyle katkıda bulundu. Mine Ege adıyla Anarşizm Bir Devrim Çağrısıdır (Kaos Yayınları, 1995) adlı broşüre katkıda bulundu; aynı adla, İngiltere’de yayımlanan Anarchism in Turkey broşürünü yazdı. Halen çeşitli site ve dergilerde çalışmalarını sürdürüyor. Yazınsal çalışmalarının yanısıra, birçok savaş karşıtı ve radikal kampanyada yer aldı. Halen Londra’da yaşamaktadır.


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Cet article Bağımsız kAdın, bağımsız kAlem: Emine Özkaya, rumuz “Emma GoldmAn” a été publié par KEDISTAN.

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Bab, Raqqa, the hidden face of military stakes… http://www.kedistan.net/2017/02/15/bab-raqqa-the-hidden-face-of-military-stakes/ Wed, 15 Feb 2017 19:47:30 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41027 Aleppo’s agony caused any number of political controversies, against a background of « compassion”, combining pro and anti Bachar regime propaganda and real questions by legitimate humanists. Yet, as we approach the anniversary marking the beginning of the « Syrian uprising », this great « I am Aleppo » surge has almost disappeared from the media and social networks. Two […]

Cet article Bab, Raqqa, the hidden face of military stakes… a été publié par KEDISTAN.

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Aleppo’s agony caused any number of political controversies, against a background of « compassion”, combining pro and anti Bachar regime propaganda and real questions by legitimate humanists.
Yet, as we approach the anniversary marking the beginning of the « Syrian uprising », this great « I am Aleppo » surge has almost disappeared from the media and social networks.

Two recent reports have appeared in quick succession. One on « torture and hangings in Saidnaya prison »* and the other on « chlorine bombings » on the population of Aleppo. They are brutal reminders, as if such were needed, that war criminals, or their representatives and allies, will sit at the next Peace conference being prepared in the wings.

And it will be hard to instill forgetfulness especially since other war crimes were perpetrated by Jihadist groups, those allied with the Turkish regime as well as those armed by the Gulf, intent on confiscating this « Spring » transformed into a civil war.

The future negotiation table between great « international predators », along with local and regional enemies with pretensions to hegemony and pseudo representatives of the « Syrian rebellion » designated by them, will have all the appearance of a mafiosi round table, where cards will be shuffled concerning the future of a region already divided into Nation-States a century ago… on the occasion of the dismemberment of the Ottoman Empire. The Peace of the Forty Thieves, replayed at a century’s interval.

The hundreds of thousands of victims, the millions of refugees will have to be content with this geopolitical reshuffling… Thus, a process which, at its inception contained Middle Eastern revolutions in the plural, would end after the bloodbath by a search for imperialistic and regional compromises – compromises of which one can’t detect the beginning of a beginning – with, once again, no concern for the fate of the local populations.

One might object that this is a cheap short-cut against a quasi-conspirational background…whereas the topic is the search for peace. But no matter how much one may wish to convince me that the Islamist State has almost completely disappeared already, that it no longer has anything to do with the war in Irak, that Mosul will be its grave and Raqqa it’s final battle, I can’t help but think that ISIS is not only the band of international crooks described everywhere, but rests on real political foundations, and both feeds and lives off of them.

And the radical impasse it constitutes for the peoples flourishes on the ruins of Middle-Eastern nation-states as well as on those of African ex-colonies, also mired in corruption and well-tended « ethnic » violences. And I’m supposed to believe that Putin wishes to break from all that ?

« Terrorism » would thus stay suspended, like a menace hovering over occidentalized societies ? And these same societies would have nothing to do with the rottenness, including Russia’s, causing and feeding it ?
« Your wars, our dead » many radical European leftists said and wrote after the Paris attacks in November 2016. I still share this point of view.
All right, ISIS won’t have a seat at the table…We are reassured. The discussion will be among high-class killers, between established « pacifist » arms merchants.

But these wars have not only produced political impasses for the future of the populations in the region.

If the aftermaths of Irak’s disintegration – a country formerly created with a ruler – only results in private preserves where the Iranian neighbor will exercise its influence, and where a Kurdish quasi nation-state will take possession of the lands and the fossile riches – even at the cost of ethnic
“clarifications” – this is not the case for Syria, on the one hand, nor for Turkey, its current best enemy.

The Syrian war has pushed peoples to unite for their survival and to find solutions for their defense and their social organization.

The presence on these territories of an organization trained in armed struggle over decades, politically straddling three borders, and capable of self-reappraisal has been a determining factor in the establishment of an original political process in Northern Syria. To think even for a second that in the turmoil of this war it would have been possible to envisage shelter zones for millions of people and relative protection for others without the PKK , would be to be blind to the way political Jihadism, the political manipulation of Syrian resistance by armed groups, the country’s trusteeship under the powers of the Gulf, Turkey, and American and European influences, have had the better of the extreme weakness and division in the initial uprising.
No matter what criticism may be adressed to it by one or another, the fact a political project existed in Northern Syria has now saved populations in great numbers, and allowed for a process of democratic unification between them. And if, in Aleppo or elsewhere, this has often rested on confrontation, this is also due to the destructive force of the factions supported by Turkey, and of others supported by the regime and its Russian and Iranian allies.

No one can deny that. And the « international » persistence in keeping the PKK on the black list of terrorist organizations is the perfect illustration of these States’ political choices, as they are aware of the budding political and economical stakes.

If Aleppo was a « military » severing resulting in a « cease fire » declared in an ongoing war, two crucial places of armed confrontation will probably also represent breaking points that could result in the big table of Geneva thiefs following the parody in Astana.

Bab
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We mean Bab and Raqqa, of course.

For those who consult regularly the weekly news bulletins on Ronahi TV, broadcast in partnership with Kedistan, there is no need for me to do a factual « military » update. And this is not the purpose of my column in any event.
I can only rely on information appearing in the media and on the web, along with the clarifications and commentaries they arouse, be it by the political leaders involved, journalists and political activists, read and overheard, here and there. And I am ready to acknowledge any excessive interpretation on my part, insofar as I’m given the reasons for my mistakes and the counter-information.

For the forces in the North Syrian confederation, the SDF (Syrian Democratic Forces) and the DUP (Democratic Union Party), the advance on Raqqa does not constitute per se a will to limitless territorial expansion in Syria. It is mostly a demonstration that ISIS can be fought and forced into its last entrenchments by a Syrian force other than that of the murderous regime, and one unaffiliated with Turkey colonial aims.

This show of strength is also in answer to the need to liberate populations who often have fighters in the ranks of the SDF.
It also constituted a military consolidation, via the SDF, of a confederalist pact against the Turkish objective to disrupt the possible territorial continuity in Northern Syria, and to continue to cause harm both to Rojava and in the tangled Syrian mess, from positions conquered after the irruption in Jerablus. In this framework, an operation in the direction of Raqqa is also the best « military » response.

I remind the reader that this offensive began under the presidency of Obama, and with logistical commitments, now more or less « frozen » by Trump. Bab is a strategic crossroad. And up until recent days, Turkish forces and their various supplementary allies seemed to be encountering difficulties in front of ISIS. This resistance and this factual temporization may appear surprising given the fact that, in surrounding localities during these past weeks, everyone was proceeding to « occupations » and « re-occupations » with the corresponding seizing of weapons. There were even announcements of a possible « rout » of the Turkish forces in mid-week last, and the arrival of governmental forces at the same time, heavily supported by Russian air cover. This didn’t stop these same Turkish and supplementary forces making further civilian victims in the area and pursuing their threat on the canton of Afrîn.
Some « unfortunate » bombings killed Turkish soldiers. The Russians acknowledged, the Turkish government yielded in abeyance… And we are now witnessing the reconquest of Bab, partly by Turkish forces, partly by those of the regime. While governmental authorities declare their intention not to abandon their objective of seizing Raqqa, discordant voices call for consolidating positions in Bab… We can surmise that Russian bombings have something to do with this, as does the promise to prioritize the « safe zone » called for by Erdogan. Trump would be studying the insane « project » of Syrian refugee camps in the zone…
In other words, everything points to “coalitions” not being a Raqqa priority, but rather the consolidation of existing power balances in the perspective of a « big table », no matter how premature in the absence of an after-ISIS political plan.

And yet, a political solution is proposed for one part of Syria.

And what we can point out immediately is that this proposal is turned down by all.
During the military operations, and behind them, the Northern Syria Confederation has widened its political consensus and refined its « confederal » proposals for a settling of the war in Syria, and beyond. The last conference of the active forces in the North Syrian Federation were an important step in this direction, going so far as discussing the choice of the administrative capital and of the confederation’s name. And if I continue to use the term “Rojava”, the confederal decisions now go beyond it.
Russia had proposed a « federal » structure for a future Syria, giving « rights » to the Kurds, and also giving the brief impression that Putin had suddenly developed an autonomy mind set…while consolidating Bachar’s regime.
Rojava representatives largely turned down this proposal and responded with the call to an international conference to examine a confederalist project for Syria, and more specifically, that of « Democratic confederalism » long propounded by the DUP. Therefore, the DUP will not be invited to the next rounds of negotiation, replaced by another tendency in the Kurdish National Council, one more « conciliatory » and closer both to Barzani and the Sunni anti-Bachar opposition.
Nonetheless, a conference was called in Moscow on February 15 with the participation of Kurds from Iran, Turkey, Irak and Syria…
Here, I must admit my lack of expertise on this specific topic and my need to study further what are not only « nuances » among the Kurdish political partie in Syria, complicated further by the incessant involvement of an Iraki Barzani…
I’m thus open to any elements that might provide me with light on the topic, other than propaganda…(Of that, there is a swarm…)

I will conclude with this open-brain reflection, even knowing it is partial and filled with short-cuts, about the obvious power plays and the dangers that threaten.

The Northern Syrian Federation, and Rojava at his heart, while refusing the possible keys to a Middle-Eastern future, are more than ever at risk of every possible blackmail. Military advances will no longer suffice. And we don’t see the appearance of any international support, just as we don’t hear many outside voices raised against Erdogan’s internal policies against Bakur and democratic opposition in Turkey.

It thus appears to me more necessary than ever to document here Rojava’s political project, the peace proposal it represents, and the dangers threatening this fragile process. Our role is to present this positive democratic experience, bearing a peaceful future for the Middle East, and not only to rehash the military refrains or to be drawn into useless negative discussions in a vacuum.
Should it appear tomorrow that Rojava – and beyond it, the project of Northern Syrian confederalism – disturb the plans for international sharing of the spoils and if those threats become more precise, the need for essential support will grow accordingly.

Translation by Renée Lucie Bourges.
iknowiknowiknowblog.wordpress.com
French version > 
Bab, Raqqa, la face arrière des enjeux militaires…


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Graines de grenade pour un référendum http://www.kedistan.net/2017/02/15/referendum-grains-de-grenade/ Wed, 15 Feb 2017 18:04:46 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40994 Le 16 avril sera jour de référendum en Turquie, sous état d’urgence et “purges”, arrestations et condamnations, sans discontinuer. La campagne pour le NON continue pourtant. Et elle continue aussi en chansons…  Hakan Vreskala, un jeune chanteur apporte son sel, avec une version bien à lui d’une chanson populaire, et des paroles adaptées, à l’occasion. Patience, […]

Cet article Graines de grenade pour un référendum a été publié par KEDISTAN.

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Le 16 avril sera jour de référendum en Turquie, sous état d’urgence et “purges”, arrestations et condamnations, sans discontinuer. La campagne pour le NON continue pourtant. Et elle continue aussi en chansons… 

Hakan Vreskala, un jeune chanteur apporte son sel, avec une version bien à lui d’une chanson populaire, et des paroles adaptées, à l’occasion.

Patience, vous allez écouter Hakan, mais avant, entendez donc la version traditionnelle, chantée par le grand chanteur populaire de l’Anatolie Centrale, Neşet Ertaş, nommé par Yaşar Kemal, “Le plectre des steppes“.

Les paroles de cette louange à l’amour singulière, qui semblent couler du cœur d’un berger des plateaux anatoliens, simples et sincères, sont dignes d’un haïku. Vous verrez ensuite, comment Hakan, transforme ingénieusement les paroles et apporte son interprétation musicale personnelle, pour en faire un pamphlet pour le NON.

Si l’amour n’était pas là
Pour remplir le coeur
A quoi servirait le monde
S’il n’avait pas sa beauté

Refrain
Graines de grenade, grain de grenade
J’aime une graine de grenade
De toutes les beautés
Il y’en a qu’une que j’aime

Cette chérie peigne ses mèches
Le cœur cherche son égal
Celui qui n’aime pas dans ce monde
A quoi sert-il à l’au-delà ?

Refrain

L’amour meurtri la vie
Il est l’amour du jardin précieux
Que ferais-je de celui qui n’aime pas
Celui qui aime est à aimer

Refrain

Il faut que je vous dise que Hakan est un musicien bien connu des rues et des résistances. Lors de la résistance de Gezi en 2013, ses chansons résonnaient sur bien des places. Pour faire le tour du personnage, vous trouverez à la fin de l’article, en bonus, une vidéo enregistrée à cette époque pleine de combats, de créativité et de dynamisme, sur les barricades de Gümüsuyu, près de Taksim.

Si aujourd’hui en Turquie, beaucoup disent que “l’esprit Gezi se promène sur la campagne pour le NON” ce n’est pas pour rien…

On passe maintenant le micro à Hakan :

Refrain
Graines de grenade, grain de grenade
Dis NON mon unique
De tous les tampons
Choisis le NON mon unique

Si la tyrannie n’existait pas
Et ne remplissait pas l’Assemblée (x2)
A quoi servirait les biens de ce monde
Si la liberté n’existait pas

Refrain

Cette chérie cherche la liberté
Le coeur demande justice
Celui qui ne résiste pas dans ce monde
A quoi sert-il dans l’au delà ?

Refrain

Comme promis, voici Hakan et ses amiEs musicienNEs, accompagnéEs de résistantEs à la barricade de Gümüssuyu… Vous pouvez aussi visionner une version studio de la chanson, pour mieux entendre les paroles.

Un extrait ?

Dégagez  mecs, dégagez, dégagez !
Des connards qui taillent leur épouses
qui, ivres, attaquent la queue devant le four à pain
qui balafrent le visage des jeunes aux cheveux longs
le nationaliste du gauchiste, le jaune du syndicat
le vert du capital, le blanc du Turc
le seigneur de tribu, l’association des hommes d’affaires
les gulenistes, la Confrérie, le seigneur de syndicat
représentant des étudiants collaborateurs…
Soit vous déguerpissez tous seuls, soit on vous dégage !

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Sciences-Po partout ! Collectif “Siyasal Her Yerde” http://www.kedistan.net/2017/02/15/sciences-po-partout-siyasal-her-yerde/ Wed, 15 Feb 2017 17:59:05 +0000 http://www.kedistan.net/?p=41017 Nous avons reçu un message de demande de soutien, de la part du Collectif Sciences-po “Siyasal Her Yerde” et nous publions leur appel en français, de suite ! En plus de l’opposition, le gouvernement turc assassine le savoir, la culture.. Ce qui peut faire penser à des heures sombres de l’histoire européenne. Soutenez-nous et les universités […]

Cet article Sciences-Po partout ! Collectif “Siyasal Her Yerde” a été publié par KEDISTAN.

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Nous avons reçu un message de demande de soutien, de la part du Collectif Sciences-po “Siyasal Her Yerde” et nous publions leur appel en français, de suite !

En plus de l’opposition, le gouvernement turc assassine le savoir, la culture.. Ce qui peut faire penser à des heures sombres de l’histoire européenne. Soutenez-nous et les universités de Turquie, diffusez notre appel !

Merci !
Collectif “Siyasal Her Yerde” (La Faculté de Sciences Politiques est partout)

L’ACADEMIE PRISE A LA GORGE EN TURQUIE

Depuis le 1er septembre, le gouvernement Turc démet les enseignants de leurs fonctions, les prive d’exercer dans la fonction publique et confisque leur passeport. Selon les données du Conseil Supérieur de l’Instruction de Turquie, le nombre d’universitaires s’élève à 146,124. Actuellement, 4,811 enseignants de 112 universités ont été suspendus par 5 décrets statutaires. Les universités les plus touchées sont : l’Université Süleyman Demirel (193 licenciements), l’Université d’İstanbul (192), l’Université Gazi (169) et l’Université de Pamukkale (164). En Turquie, 15 universités sur 191 ont purement et simplement été fermées par décret. Ces universités hébergeaient 64,533 étudiant(e)s et 2,805 universitaires.

Plus récemment, 330 enseignants de 48 universités ont été suspendus par un nouveau décret émis le 7 février pendant l’état d’urgence en Turquie. La majorité des destitutions a eu lieu au sein de l’Université d’Ankara (78), et pour la plupart, dans la Faculté de Sciences Politiques, une institution fondée en 1859 et qui a toujours été réputée dans son engagement pour la pensée critique.

Les 184 enseignants sur 330, exclus par ce décret, sont ceux qui ont signé la déclaration « Nous ne serons pas complices de ce crime », aussi connu sous le nom «Académiques pour la Paix», condamnant le gouvernement turc pour les attaques et les violations des droits de l’homme dans les villes kurdes du sud-est de la Turquie. 26 enseignants sur 184 avaient déjà été limogés ou avaient déjà démissionné.

Le syndicat des travailleurs de l’éducation nationale et de la recherche (Eğitim-Sen) en Turquie a donc annoncé un «Grand Rassemblement » dans le campus Cebeci de l’Université d’Ankara contre ce dernier décret gouvernemental. La police a empêché les enseignants de rentrer ainsi que les personnes venues pour soutenir la réouverture des universités. Les portes des campus ont été clôturées par les forces de police anti-émeutes et les enseignants ont été violemment frappés. 11 personnes, dont des enseignants, ont été placées en garde à vue.

Les enseignants expulsés de leurs universités souhaitaient se réunir contre une décision injuste dans le Campus Cebeci de l’Université d’Ankara. Les manifestants s’étaient rassemblés devant la Faculté de Sciences Politiques, aussi connu par son nom historique « Mülkiye ». Parmi ces enseignants expulsés, il y avait leurs collègues, leurs étudiant(e)s ainsi que l’ancien doyen, le professeur Karatepe. Les professeurs ont mis leurs robes (habit officiel) par terre devant l’entrée du campus pour protester contre l’agression de la police. La photo la plus choquante du jour a été prise quand la police a piétiné les robes et violenté les enseignants.

En tant qu’étudiants et enseignants résidants à l’étranger, nous avons décidé de prendre des photos et vidéos de nos villes pour montrer notre solidarité avec nos universités qui sont pour nous plus que de simples constructions. Nous invitons tous les universitaires, partout dans le monde, à soutenir notre appel par un simple message de solidarité. Nos tags en turc sont les suivantes; #SiyasalHerYerde (la Faculté de Sciences Politiques est Partout), #AkademiBiatEtmez (l’Académie N’obéit Pas), #HocamaDokunma (Touche Pas à Mon Professeur),

Merci de nous aider à diffuser l’information.

Les anciens étudiant(e)s de la Faculté de Sciences Politiques d’Ankara

Page Facebook Solidarity with Academics from Turkey  | SiyasalHerYerde
e-Mail : mulkiye.solidarite@gmail.com


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Cet article Sciences-Po partout ! Collectif “Siyasal Her Yerde” a été publié par KEDISTAN.

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Journalistes, feuilleton des condamnations http://www.kedistan.net/2017/02/15/journalistes-condamnations-turquie/ Wed, 15 Feb 2017 15:42:38 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40937 C’était ce mardi 14 février. Devant la cour, au 22e tribunal pénal d’Istanbul, plusieurs journalistes ont été inculpés, bien qu’ayant pour certains d’autres affaires en cours. Le premier est chroniqueur pour le site d’informations T24, mais aussi membre fondateur du site P24, qui mène depuis des mois et des mois un travail de fourmi pour […]

Cet article Journalistes, feuilleton des condamnations a été publié par KEDISTAN.

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C’était ce mardi 14 février. Devant la cour, au 22e tribunal pénal d’Istanbul, plusieurs journalistes ont été inculpés, bien qu’ayant pour certains d’autres affaires en cours.

Le premier est chroniqueur pour le site d’informations T24, mais aussi membre fondateur du site P24, qui mène depuis des mois et des mois un travail de fourmi pour établir une liste précise des journalistes emprisonnés. Ce 14 février, Hasan Cemal comparaissait devant le 22ème Tribunal pénal d’Istanbul pour sa seconde audience, accusé de “propagande d’une organisation terroriste”, mais aussi d'”apologie du crime et des criminels”, en raison d’un article intitulé “Fehman Hüseyin qu’il avait écrit en juillet 2016

“Je suis journaliste depuis 47 ans. C’est la première fois que je suis accusé pour des articles et des livres que j’ai écrits”, s’insurge Cemal lors de l’audience. “Je n’ai jamais défendu le terrorisme. Je ne suis jamais devenu un outil de propagande du terrorisme. J’ai toujours défendu la paix. Le journalisme n’est pas un crime. Il n’y a pas de loi, de liberté, et de démocratie, dans une société où le journalisme est un crime.”

En Turquie, Hasan Cemal est loin d’être un inconnu. Il fait partie de ces rares intellectuels qui, au début des années 2000, ont tenté de faire reconnaître le génocide arménien. C’est que son grand-père lui-même, Cemal Pasha, a participé à ce génocide. Il a organisé et supervisé la déportation et l’extermination de centaines de milliers d’Arméniens et de Syriaques. Alors pour se débarrasser de ce pesant héritage, Hasan Cemal s’est rendu à plusieurs reprises en Arménie, notamment au mémorial du génocide d’Erevan, la capitale du pays. Et en 2012, en réponse à l’assassinat du journaliste turc et arménien Hrant Dink, il a publié un ouvrage sur son parcours, 1915 : Ermeni Soykırımı (1915: le Génocide arménien).

Le journaliste doit faire face à plusieurs procès, dont un pour avoir été rédacteur en chef d’un jour d’Özgür Gündem, dans le cadre d’une campagne de solidarité pour ce quotidien interdit le 16 août au prétexte de faire la propagande et d’être l’organe de presse du PKK. Et ce 14 février, les procureurs ont réclamé contre lui une peine allant jusqu’à huit ans de prison. D’autres que lui avaient aussi participé à la campagne de solidarité pour Özgür Gündem, ce qui leur vaut les mêmes chefs d’accusation : Ayşe Düzkan, Ragıp Duran, M. Ali Çelebi, Can Dündar et Necmiye Alpay.

Lors de l’audience de Necmiye Alpay, linguiste réputée, les procureurs ont donc demandé la même peine maximale de huit ans pour “propagande d’une organisation terroriste” et “divulgation de communiqués de presse de l’organisation”, en se référant au PKK.

La cour a néanmoins reporté son jugement à plus tard, pour Necmiye Alpay comme pour plusieurs autres inculpés. La prochaine audience de la linguiste est prévue pour le 9 mars, celles de la journaliste Nadire Mater et du scénariste Yıldırım Türker ont été fixées au 7 mars.

En attendant, Hasan Cemal, lui, écope déjà de 15 mois de prison avec sursis, pour “propagande d’une organisation terroriste” avec son article intitulé “Fehman Hüseyin”, tout en étant acquitté pour l’autre chef d’accusation (“apologie du crime et des criminels”). Pour mémoire, Fehman Hüseyin est l’un des principaux acteurs du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK). Et Cemal a beaucoup travaillé sur la longue histoire de la question Kurde.

Le parquet a également condamné à des peines de quinze mois avec sursis Cengiz Baysoy, Çilem Küçükkeleş et İmam Canpolat, pour leur participation à la campagne de solidarité du journal Özgür Gündem, bien que les avocats des deux derniers aient été était absents et que le tribunal n’ait pas pu entendre leur défense.

*

Toujours à Istanbul, le 13 février, l’enquête baptisée “Aile média du FETÖ” a été close. Elle concerne 29 journalistes, dont 25 en détention, accusés d'”appartenance à une organisation terrorise” et considérés comme étant “liés” à la tentative de coup d’Etat. Leurs noms : Abdullah Kılıç, Ahmet Memiş, Ali Akkuş, Atilla Taş, Bayram Kaya, Bülent Ceyhan, Bünyamin Köseli, Cemal Azmi Kalyoncu, Cihan Acar, Cuma Ulus, Davut Aydın, Emre Soncan, Gökçe Fırat Çulhaoğlu, Habib Güler, Halil İbrahim Balta, Hanım Büşra Erdal, Hüseyin Aydın, Muhammed Sait Kuloğlu, Muhterem Tanık, Murat Aksoy, Mustafa Erkan Acar, Mutlu Çölgeçen, Oğuz Usluer, Said Sefa, Seyid Kılıç, Ufuk Şanlı, Ünal Tanık, Yakup Çetin, Yetkin Yıldız.

Selon l’acte d’accusation, Said Sefa serait derrière le compte Twitter d’un certain “Fuat Avni”. Ce personnage virtuel est connu pour ses prédictions, qui laissent penser qu’il aurait fait partie de l’entourage d’Erdoğan. Et de nombreuses personnes ont été accusées de lui correspondre, sans qu’aucune preuve n’ait jamais pu être apportée. C’est cette fois Said Sefa. On l’accuse de “tentative de destruction du gouvernement de la République de Turquie” et de “direction d’une organisation terroriste”, en réclamant une peine de perpétuité incompressible (se substituant à la peine de mort). Quant aux 28 autres accusés, dont le chanteur Atilla Taş, le parquet demande à leur encontre une peine de prison allant de 5 à 10 ans, pour ”appartenance à une organisation terroriste armée”.

Dans le dossier, des retweets de “Fuat Avni”, des dénonciations, ou encore des tweets et des retweets des “accusés” sont utilisés pour argumenter les chefs d’accusation. Il s’agit de propos qui critiquent le gouvernement, dénoncent le corruption ou encore d’une citation de Chomsky… considérés comme “liés au coup d’Etat” ou “préparant le terrain pour un coup d’Etat”…

Leur prochaine audience est prévue pour les 27-31 mars.

Image à la une : Erdoğan – “La liberté du journaliste se termine là où mes frontières commencent !”


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Turquie • Le prix Nobel Orhan Pamuk censuré http://www.kedistan.net/2017/02/15/turquie-prix-nobel-orhan-pamuk-censure/ Wed, 15 Feb 2017 15:15:25 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40989 Au départ ce n’était qu’une rumeur. Mais l’écrivain turc Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, l’a confirmée. Une longue interview qu’il avait accordée au quotidien Hürriyet, et qui devait paraître le 13 février n’a pas été publiée…parce qu’elle comportait des critiques à l’égard de la réforme constitutionnelle. Cansu Çamlıbel, nouveau chef du Bureau de Hürriyet […]

Cet article Turquie • Le prix Nobel Orhan Pamuk censuré a été publié par KEDISTAN.

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Au départ ce n’était qu’une rumeur. Mais l’écrivain turc Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, l’a confirmée. Une longue interview qu’il avait accordée au quotidien Hürriyet, et qui devait paraître le 13 février n’a pas été publiée…parce qu’elle comportait des critiques à l’égard de la réforme constitutionnelle.

Cansu Çamlıbel, nouveau chef du Bureau de Hürriyet Daily à Washington, a bien mené un entretien avec Orhan Pamuk. Mais le comité de rédaction n’a pas voulu le publier, au motif que le romancier réprouvait la réforme voulue par le régime.

“L’information est malheureusement exacte”, a déclaré Pamuk au site web susma24.com, ajoutant que Cansu Çamlıbel s’était bien entretenu avec lui, longuement. Il lui a demandé s’il voterait en faveur de la réforme. “J’ai répondu que j’allais voter «non» et expliqué le pourquoi de ma décision. Et en fin de compte, l’interview n’a pas été publiée.”

La censure de l’entretien intervient après qu’un présentateur de la chaîne de télévision Kanal D, qui comme Hürriyet appartient au groupe Doğan Media, ait été licencié la semaine dernière pour avoir exprimé publiquement envisager de voter “non” au referendum.

Pour rappel, le 21 janvier dernier, le Parlement turc a approuvé la réforme constitutionnelle qui donnera tous pouvoirs au président Erdoğan. Cette réforme sera soumise à un référendum populaire le 16 avril.

Pour rappel aussi, ces dernières années, nombre de journalistes employés dans différents titres de Doğan Media ont été licenciés dès qu’ils exprimaient un point de vue critique.

Si Doğan Media a mis de l’eau dans son vin, ce n’est pas pour rien. Menaces et agressions font effet, d’où l’autocensure. Quelques exemples pour mieux comprendre…

En 2015, début septembre, les bureaux Doğan Media à Istanbul ont été la cible d’agressions à plusieurs reprises. Une première fois, c’est Abdurrahim Boynukalın en personne qui s’en est pris au local du journal Hürriyet, en y effectuant un “raid”, parce qu’il “en voulait” au journal pour “avoir déformé les propos d’Erdoğan”. Puis, un groupe d’une centaine de personnes, armé de pierres et bâtons, a sérieusement endommagé les locaux, ce que la Police “n’avait pas pu empêcher“. Abdurrahim Boynukalın, responsable de l’AKP jeunesse et député d’Istanbul, a alors apporté son soutien aux agresseurs, et même fait un discours. Et l’on notera qu’il a été “promu” ensuite adjoint au Ministre de la jeunesse et des sports, en décembre 2016.

En 2015 toujours, le 1er octobre, Ahmet Hakan, auteur de Hürriyet, fut attaqué devant son domicile par quatre personnes. Le journaliste s’en sortira avec le nez et des côtes cassés…

L’auto-censure chez Hürriyet n’est donc pas nouvelle. Et nous en avons un autre exemple tout récent. A savoir,  l’interview qu’Ayşe Arman a menée avec Aslı Erdoğan, publiée sur le blog de la journaliste, dans son intégralité, en réaction à son journal qui, lui, a préféré “censurer” certaines parties… Du reste, les précédents ont certainement servi de leçon. Voilà huit ans, en 2009, Doğan Media s’était vu infliger un redressement fiscal de 1,75 milliard d’euros. Et ce redressement avait sans doute beaucoup à voir avec la publication d’une enquête dérangeante sur la corruption de certaines hautes personnalités…

C’est une évidence. Les fermetures de médias, les arrestations de journalistes, tout autant que les lourdes condamnations demandées devant les tribunaux incitent à la censure. Même à l’égard d’un Prix Nobel.

En anglais > Turkey • Nobel Prize winner Orhan Pamuk censored

Image à la une : Photo ©Eric Bouvet / Getty Images


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Bab, Raqqa, la face arrière des enjeux militaires… http://www.kedistan.net/2017/02/15/bab-raqqua-enjeux-militaires/ Wed, 15 Feb 2017 01:37:12 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40921 L’agonie d’Alep avait suscité force polémiques politiques, sur fond de “compassion”, mêlant propagande pro et anti régime de Bachar, et réelles interrogations humanistes légitimes. Ce grand “je suis Alep“, à l’approche d’une date anniversaire du début du “soulèvement syrien” a pourtant quasi disparu des médias et des réseaux sociaux. Deux rapports successifs sont récemment parus. […]

Cet article Bab, Raqqa, la face arrière des enjeux militaires… a été publié par KEDISTAN.

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L’agonie d’Alep avait suscité force polémiques politiques, sur fond de “compassion”, mêlant propagande pro et anti régime de Bachar, et réelles interrogations humanistes légitimes.

Ce grand “je suis Alep“, à l’approche d’une date anniversaire du début du “soulèvement syrien” a pourtant quasi disparu des médias et des réseaux sociaux.

Deux rapports successifs sont récemment parus. Un sur “la torture et les pendaisons” dans la prison de Saidnaya et l’autre sur les “bombardements au chlore” des populations d’Alep. Ils rappellent brutalement, s’il le fallait, que des criminels de guerre, ou leurs représentants et alliés, siègeront à la prochaine conférence sur la Paix qui se prépare en coulisses.

Et il sera difficile de faire oublier tout autant que d’autres crimes de guerre ont été perpétré par des groupes djihadistes, tant ceux alliés du régime turc, que les transfuges armés par le Golfe, dans leur volonté de confisquer ce “printemps” qui devint guerre civile.

La table des futures négociations entre grands “prédateurs internationaux”, ennemis locaux et régionaux à prétention hégémonique, et pseudo représentants désignés par ceux là, de la “rébellion syrienne”, ressemblera à une table de cercle mafieuse, où se jouera sur cartes l’avenir d’une région déjà découpée en Etats-nation il y a un siècle… lors du dépeçage de l’Empire ottoman. Une paix des 40 voleurs à un siècle d’intervalle.

Les centaines de milliers de victimes, les millions de réfugiéEs devront se contenter de cette géopolitique du recommencement… Ce serait donc un processus, qui contenait en germe “des” révolutions au Moyen Orient, qui s’achèverait après des bains de sang, par la recherche de compromis impérialistes et régionaux, dont on ne voit guère pointer le début du début pourtant, sans se soucier, une fois de plus du sort des peuples locaux.

On m’objectera sans doute qu’il s’agit là d’un raccourci facile, à fond quasi complotiste… alors que le sujet est celui de la recherche de la paix.

Mais on peut bien vouloir me faire croire que l’Etat islamique a déjà presque disparu, qu’il n’aurait plus rien à voir avec la guerre d’Irak, et que Mossoul sera son tombeau, et Raqqa son dernier combat, je ne peux m’empêcher de penser que Daesch n’est pas seulement la bande de criminels internationaux décrite partout, mais repose réellement sur des fondements politiques, s’en nourrit et en vit. Et cette impasse radicale pour les peuples qu’il constitue fleurit tant sur les décombres des Etats-nation du Moyen Orient, que sur celles des ex-colonisations africaines, là aussi noyées dans la corruption et les violences “ethniques” entretenues. Et je devrais penser qu’un Poutine veut rompre avec cela ?
Le “terrorisme” serait ainsi suspendu, comme une menace planant au dessus des sociétés occidentalisées ? Et ces mêmes sociétés n’auraient rien à voir avec la pourriture qui le cause et le nourrit, Russie comprise ?
Vos guerres, nos morts“, disaient et écrivaient nombre de courants politiques de la gauche radicale en Europe, face aux “attentats”. Je partage toujours ce point de vue.

Bon, Daesch ne sera pas présent autour de la table… On peut être rassuré. Ce sera entre tueurs de bonne compagnie, entre marchand d’armes “pacifistes” avérés.

Mais ces guerres n’ont pas produit que des impasses politiques pour l’avenir des peuples de la région.

Si les suites de la désagrégation de l’Irak, créé à la règle autrefois, n’aboutissent qu’à des prés carrés où le voisin iranien jouera de son influence, et où un quasi Etat-nation kurde prendra possession de terres et de richesses fossiles, même au prix de “clarifications” ethniques, il n’en est pas de même pour la Syrie d’une part, et pour la Turquie, son meilleur ennemi d’aujourd’hui.

La guerre en Syrie a poussé des peuples à s’unir pour leur survie, et à trouver des solutions pour leur défense, et leur organisation sociale.
La présence sur ces territoires, d’une organisation rompue à la lutte armée depuis des décennies, politiquement à cheval sur trois frontières, et capable de se remettre en cause, a été déterminante dans la mise en place d’un processus politique inédit au Nord de la Syrie. Penser un instant que sans le PKK, dans l’imbroglio de cette guerre, il aurait été possible d’entrevoir cette mise à l’abri de plusieurs millions de personnes, tout autant que la relative protection d’autres, ailleurs en Syrie, serait ne pas voir comment le djihadisme politique, la manipulation par les groupes armés de la résistance syrienne, sa mise sous tutelle entre puissances du Golfe, Turquie et influences américaines et européennes, ont eu raison de l’extrême faiblesse et de la division du soulèvement d’origine. Le fait qu’un projet politique ait existé au Nord syrien, quelles que soient les critiques que pourraient lui adresser les uns ou les autres, a sauvé des populations en très grand nombre aujourd’hui, et a permis un processus d’unification démocratique entre elles. Et, si à Alep ou ailleurs, cela est souvent resté dans l’affrontement, c’est aussi dû à la force destructrice des factions soutenues par la Turquie, comme de celle du régime et ses alliés russes et iraniens. Mais personne ne peut nier cela. Et la persistance “internationale” à laisser le PKK sur la liste noire des organisations “terroristes” démontre à l’envie le choix politique des Etats, conscients des enjeux politiques, économiques portés en germes.

Si Alep fut une rupture “militaire”, débouchant sur un “cessez le feu” déclaré dans la guerre qui se poursuit, deux points névralgiques où se concentrent des affrontements armés, constitueront probablement aussi des ruptures qui pourraient aboutir à une grande tablée des voleurs de Genève, après la parodie d’Astana.

Bab
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Il s’agit bien sûr de Bab et de Raqqa.

Pour celles et ceux qui consultent régulièrement les infos hebdomadaires de Ronahi TV, diffusées en partenariat sur Kedistan, je n’aurai pas besoin de faire dans le factuel des infos “militaires”. Et ce n’est pas l’objet de ma chronique non plus.
Je ne peux m’appuyer que sur les informations qui paraissent dans les médias et sur le web, et les éclaircissements et commentaires qu’elles suscitent, tant des dirigeants politiques concernés, que de journalistes et activistes politiques, lues et entendues ça et là. Et je suis prêt à reconnaitre toute interprétation abusive, dès lors où l’on me fournira les raisons de mes erreurs et la contre information.

Pour les forces de la confédération nord syrienne, les FDS, et le PYD, l’avancée vers Raqqa ne constitue pas en soi une volonté d’étendre un territoire à l’infini en Syrie, mais surtout une démonstration que Daech peut être combattu et forcé dans ses derniers retranchements d’Etat islamique, par une force syrienne, autre que le régime meurtrier, et non affiliée à la Turquie à visée colonisatrice.

Cette démonstration de forces répond aussi au besoin de libération de populations, dont souvent des combattantEs se trouvent dans les rangs des FDS. Et des ralliements en nombre de “tribus” dans la région salue ces libérations.
C’était aussi la consolidation, sur le plan militaire, du pacte de confédéralisme, via les FDS, contre le projet de la Turquie de rompre la continuité territoriale possible au Nord syrien, et de continuer à nuire, à partir des positions conquises après l’irruption de Jerablus, tant contre le Rojava, que dans l’imbroglio syrien. L’opération vers Raqqa est aussi la meilleure réponse “militaire” dans ce cadre.
Je rappelle que cette offensive a débuté sous la présidence d’Obama, et avec la promesse logistique de ce dernier, pour le moment plus ou moins “gelée” par Trump.

Bab est un carrefour stratégique. Et jusqu’à ces derniers jours, les forces turques et leurs divers alliés supplétifs semblaient rencontrer des difficultés face à Daech. Cette résistance et cette temporisation de fait, peut étonner, quand on sait que dans d’autres localités alentours, chacun y allait de son “occupation” et “réoccupation” ces dernières semaines, avec prises d’armement à l’appui. On annonçait même une “déroute” possible des forces turques en milieu de semaine dernière, avec dans le même temps une arrivée des forces gouvernementales, fortement appuyées par l’aviation russe. Ces mêmes forces turques et supplétifs ne se gênaient pas pour autant pour faire des victimes civiles parmi les populations alentours, et pour continuer à menacer le canton d’Afrîn.
Des bombardements “malencontreux” ont tués des militaires turcs. Les Russes les ont reconnu, le gouvernement de Turquie s’est incliné… Et on assiste maintenant à la reprise de Bab, en partie par les forces turques, en partie par celles du régime. Alors que les autorités gouvernementales affirment par discours leur intention de ne pas abandonner l’objectif Raqqa, des voix discordantes parlent de consolidation des positions à Bab… On peut penser que les bombardements russes y sont pour quelque chose, et que la promesse de remettre à l’ordre du jour la “zone tampon” réclamée par Erdoğan en est une autre. Trump étudierait le “projet” insensé de camps de réfugiés syriens dans la zone…
Bref, tout démontre que les “coalitions” ne sont pas dans la priorité Raqqua, mais dans celles des consolidations des rapports de force en vue d’une “grande tablée”, encore prématurée en l’absence de projet politique d’après Etat islamique.

Et pourtant, une solution politique est proposée par une des parties en Syrie.

Et ce qu’on peut tout de suite remarquer, c’est que cette proposition essuie le refus de tous.
Durant les opérations militaires, et derrière celles-ci, la Confédération du Nord Syrien a élargi son consensus politique, et a affiné ses propositions “confédérales” pour le règlement de la guerre en Syrie, et au delà. Une étape importante fut la dernière conférence des forces vives de la fédération nord Syrie, qui alla même jusqu’à discuter du choix de la capitale administrative, et de l’appellation. Et si je continue d’employer le terme “Rojava”, les décisions confédérales vont aujourd’hui au delà.

La Russie avait proposé une rédaction “fédérale” de la future Syrie, accordant des “droits” aux Kurdes, et laissant croire un moment qu’un Poutine avait acquis tout à coup une mentalité autonomiste… en même temps qu’il consolide le régime Bachar.
Les représentantEs du Rojava ont largement décliné la proposition et proposent désormais la tenue d’une conférence internationale pour étudier le projet de confédéralisme pour la Syrie, et plus précisément celui du “confédéralisme démocratique” défendu depuis toujours par le PYD.
Ce dernier ne sera donc pas invité aux prochains rounds de négociations, au profit d’une autre tendance du Conseil National kurde, plus “conciliatrice” et plus proche à la fois de Barzani et d’une opposition anti Bachar sunnite. Une conférence avait pourtant été programmée à Moscou le 15 Février avec la participation des Kurdes de l’Iran, la Turquie, l’Irak et la Syrie…

Là, j’avoue mon peu d’expertise sur ce sujet précis, et mon besoin d’approfondir ce qui n’est pas que des “nuances” au sein des partis politiques kurdes en Syrie, compliqué par l’implication incessante d’un Barzani irakien…
Je suis donc ouvert à tous les éléments qui pourraient éclairer ma lanterne, autrement que de propagande… (Ceux-là pullulent)…

Je conclurai cette réflexion à crâne ouvert, que je sais partielle et pleine de raccourcis, par l’évidence d’un rapport de forces et celle des dangers qui menacent.

La Fédération de Syrie du Nord, et en son coeur le Rojava, alors qu’ils déclinent les clés possibles d’un avenir au Moyen-Orient, risquent d’être plus que jamais l’objet de tous les chantages. Les avancées militaires n’y suffiront plus. Et on ne voit pas le soutien international venir, comme on n’entend guère de voix extérieures contre la politique intérieure d’Erdoğan contre le Bakur et l’opposition démocratique en Turquie.

Il me semble donc plus que jamais nécessaire de documenter ici le projet politique du Rojava, la proposition de paix qu’il représente, et les dangers qui guettent ce processus fragile. Présenter cette expérience démocratique positive, porteuse d’avenir et de paix pour le Moyen Orient, est de notre rôle, et non seulement rabâcher les rengaines militaires ou polémiquer négativement dans le vide.

S’il s’avère demain que le Rojava, et au delà le projet de confédéralisme nord syrien dérange les projets de partages internationaux, et que les menaces se précisent contre lui, la compréhension d’un soutien nécessaire en sera d’autant renforcée.


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Livre : “Verte et les oiseaux” de Pınar Selek et Elvire Reboulet http://www.kedistan.net/2017/02/14/oiseaux-livre-pinar-selek/ Tue, 14 Feb 2017 21:40:33 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40910 Comme disait Mamie Eyan dans une de ses dernières chroniques, “Petit enfant qui va naître, j’ai quelques mots à te dire…” : C’est aussi à celles et ceux qui désirent un monde meilleur, de faire leur possible pour le construire. Le fait d’élever nos enfants, nos petits-enfants, former les nouvelles générations en leur donnant les […]

Cet article Livre : “Verte et les oiseaux” de Pınar Selek et Elvire Reboulet a été publié par KEDISTAN.

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Comme disait Mamie Eyan dans une de ses dernières chroniques, “Petit enfant qui va naître, j’ai quelques mots à te dire…” :

C’est aussi à celles et ceux qui désirent un monde meilleur, de faire leur possible pour le construire. Le fait d’élever nos enfants, nos petits-enfants, former les nouvelles générations en leur donnant les repères et les “valeurs” qui nous sont chers, fait partie de notre existence. Si on doit parler de “continuité”, il n’est donc pas question singulièrement de “procréation”,  de “perdurer l’espèce” ou que sais-je encore, mais bien de “transmission”.”

Et Mamie Eyan est une femme qui a du bon sens…

Voici un joli projet d’édition participatif qu’elle aimerait bien… Il s’agit d’un conte d’enfant : “Verte et les oiseaux”

Dans le ciel, il y a des oiseaux, mais… des nuages noirs s’annoncent… Un conte pour les enfants, mais aussi pour les adultes… Amour et Combat, avec des lettres majuscules, au bout des plumes de Pınar Selek et Elvire Reboulet.

Voilà comment les Éditions Lisières le présentent :

Comme ce qu’il conte, ce livre est une histoire de rencontres et d’amitié.

Lucie, la traductrice a croisé la route de Pınar et lui a proposé de traduire ses contes en français. Maud, l’éditrice avait lu Loin de chez moi…mais jusqu’où ? paru aux éditions Ixe, où Pınar raconte sa vie et son exil. Elle rêvait de travailler avec elle; le hasard a fait qu’elles se sont rencontrées au printemps 2016 et qu’elles se sont fait confiance l’une et l’autre. Elvire, la dessinatrice, a déjà fait plusieurs petits livres avec Maud, elles sont amies depuis très longtemps.

Verte et les oiseaux sera le quatrième titre publié par les éditions des Lisières. Née en 2016, cette maison d’édition abrite des voi(e)x poétiques, des voi(e)x singulières et venues d’horizons divers qui chacune à leur façon cherchent à habiter poétiquement le monde.

oiseaux

Un conte initiatique, un hymne à la liberté, à l’amitié et à la sobriété…
Joyeuse bien sûr !

C’est donc le premier conte pour enfants de Pınar Selek. Il est traduit en français par Lucie Lavoisier.

Illustré de 16 dessins d’Elvire Reboulet linogravés par Maud Leroy, la couverture sera imprimée aux plombs mobiles dans l’atelier d’Harpo & à Corbières sur du papier Materica kraft recyclé, l’intérieur sera imprimé par In Octo à Montpellier en bichromie sur papier Freelife recyclé, le tout sera relié à Marseille par Pascal relieur.
Le livre mesurera 13 x 19,5 cm et il aura 64 pages au fil desquels avec un peu d’imagination le lecteur sera accompagné par le chant des oiseaux !

Pour petits et grands enfants, à partir de 8 ans…

“Souscrivons donc, souscrivons !” clamerait Mamie Eyan, avec un grand sourire enthousiaste.

Une souscription vous permet d’acheter le livre en avance, à des conditions préférentielles, et chaque souscription est comme un battement d’aile pour que l’édition de ce livre se réalise dans de meilleurs conditions…

Amoureux des livres, amiEs qui connaissent la patte de Pınar et d’Elvire, celles et ceux qui voudraient la connaitre, parents, grand-parents, tatas et tontons, ou simplement amateurs, amatrices des oiseaux… ça se passe par > ICI 

Allez, pour donner l’eau à la bouche, voici un extrait !

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Cet article Livre : “Verte et les oiseaux” de Pınar Selek et Elvire Reboulet a été publié par KEDISTAN.

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Paris Châtelet Metrosu Grevcisi ile Söyleşi http://www.kedistan.net/2017/02/14/paris-chatelet-metrosu-grevcisi-ile-soylesi/ Tue, 14 Feb 2017 19:00:37 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40901 Ocak ayının son haftasında, Paris’in en işlek metrolarından biri olan Châtelet Les Halles Metrosu’nun yenileme işlerinde çalışan Türkiyeli ve Bulgaristanlı işçiler, dört gün süren bir grev yaptılar. Grev, çok hızlı bir şekilde medyatik oldu. Durum böyle olunca, kah seçimler, kah Büyük Paris Projesi öncesi, grevlerin bütün taşeron işçilerini harekete geçirmesinden çekinen inşaat firması VINCI, duruma […]

Cet article Paris Châtelet Metrosu Grevcisi ile Söyleşi a été publié par KEDISTAN.

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Ocak ayının son haftasında, Paris’in en işlek metrolarından biri olan Châtelet Les Halles Metrosu’nun yenileme işlerinde çalışan Türkiyeli ve Bulgaristanlı işçiler, dört gün süren bir grev yaptılar. Grev, çok hızlı bir şekilde medyatik oldu. Durum böyle olunca, kah seçimler, kah Büyük Paris Projesi öncesi, grevlerin bütün taşeron işçilerini harekete geçirmesinden çekinen inşaat firması VINCI, duruma hemen müdahale etmek zorunda kaldı. Çünkü sözkonusu FH Service adlı taşeron şirket, VINCI’nin bir kolu olan SOGEA TPI’ye çalışıyordu ve bu taşeron firmanın işçileri aylardır maaşlarını alamıyorlardı.

Grev boyunca en fazla inşaat firması VINCI ve ona bağlı SOGEA TPI öne plana çıktı. Bu durum VINCI gibi büyük şirketlere çalışan taşeron firmaları gözden kaçırıyordu. Tıpkı Avrupa’nın diğer ülkelerinde olduğu gibi, Paris’te de binlerce irili ufaklı küçük şirket var. Binlerce işçi bu şirketlere çok kötü koşullarda ve çok az ücretle çalıştırılıyor. Çalışanlar içinde birçoğu Fransa’da oturma ve çalışma izni olmayan mülteciler ve göçmenler olduğu için, çok ciddi bir sömürüye maruz kalmalarına rağmen gidip resmi yollarla haklarını arayamıyorlar.

Durum o kadar vahim ki, Paris gibi bir yerde, onlarca solcu-devrimci-yurtsever derneğin olduğu yerde, kağıtsız olarak bilinen, değişik uyruklardan insanlar, çok ciddi bir sömürüye maruz kalıyor. Son yıllarda Bangladeşli, Sri Lankalı ya da Tamillerin çoğu, bir dönem şu veya bu örgütte faaliyet yürütmüş, zaman içinde toplumsal bir farklılaşma yaşayarak patron olmuş ve hala bir şekilde politik derneklerle ilişkileri olan bu insanlar tarafından vahşice sömürülüyor.

Bu anlamda, VINCI’ye bağlı bir taşeron firma için çalışan işçilerin yaptıkları bu grev ve verdikleri mücadele, iki açıdan çok önemli. Birincisi, taşeron firmalara çalışan işçilerin durumuna dikkat çekmek, görünür kılmak ve onlarla dayanışma içinde olmak; ikincisi, Avrupa’da sol çevrelerde yaşanan ve yukarıda açıkladığım toplumsal ve politik farklılaşmayı gündeme taşımak, tartışmak ve diasporadaki sol ve devrimci cenahın kendisine çeki düzen vermesini, bu duruma tavır almasını sağlamak. Bundan sonra ne olur bilemiyorum, ama her şeyin eskisi gibi olmayacağı kesin.

Yukarıda bahsini ettiğim duruma dikkat çekmek için, grevci arkadaşlardan biriyle bir söyleşi yaptım. Grevci bu arkadaşın çalışma ve oturma izni olmadığından, kendisini zor durumda bırakmamak için adını zikretmemenin daha doğru olacağını düşündük.

Sohbetimize seni tanımakla başlayalım istersen…

Üniversiteyi Türkiye’de okudum. 2010 senesinde okuldan mezun olduktan sonra askere gitmek kaygılarımdan dolayı kendi alanımda iş bulamadım.

Askerliğini yapmadın mı?

Askerliğimi o süreçte yapmamıştım, sonra yaptım. O süreç zarfında kendi alanımda değil de başka alanlarda çalıştım. İşte sonrasında askerlik önüme sürekli engel olarak çıkıyordu. Yani kendi alanımda çalışamıyordum. Ailem de burada (Fransa) kaldığı için buraya gelemiyordum. En sonunda askere gitme kararı aldım. Askere gidip geldikten sonra, kuzenimin yanında bir yıl kadar çalıştım. Sonra Fransa’ya vizeli geldim. Turistik vize ile geldim. Geldikten sonra burada dil okuluna kaydımı yaptırdım. Yani, buradaki ilk amacım, kendi bölümümde mastır yapmaktı, kendi alanımda çalışmaktı. Altı aylık bir geçici oturma izni ile burada iki kursa gittim. A1 ve A2’ye gittim [Avrupa Birliği tarafından belirlenmiş dil seviyesi]. Sonrasında geçici oturma iznimi uzatmadılar. Biz de mahkeme süreci başlattık. İdari Mahkemeye başvurduk turistik vizeyi öğrenci vizesine çevirebilmek için. O da bayağı bir zaman aldı. Altı-yedi ay kadar, sonra sonuçlandı. Ondan da tabii ret geldi. Bu süre zarfında burada birkaç yerde çalışmak için girişimlerim oldu. Bir yerde bir dört ay kadar kaçak olarak çalıştım.

Hangi sektörde çalıştın?

İnşaatta çalıştım yardımcı eleman… Yani amele olarak. Orada ödemelerde sıkıntı yaşadığım için patronla tartışıp işten ayrıldım. Yani halen, belli bir miktarını alamadım. Onun dışında uzun bir süre işsizdim. Sonrasında fırında işe başladım. Bir altı ay kadar fırında çalıştım.

Orada da mı kaçak çalıştın?

Evet, orada da kaçak çalıştım. Bangladeşli arkadaşlar da vardı. Onların birçoğu da kaçak çalışıyordu. Ama orada olan arkadaşla halen irtibatım devam ediyor.

Paranı alabildin mi oradan?

Paramı aldım. Para sıkıntısı yoktu orada. Arkadaşların çoğu da zaten orada maaş bordrosuyla çalışıyorlar. Oturumları yok, ama yine de maaş bordroları yapılmış. Fırında altı ay çalıştıktan sonra işten ayrılmak zorunda kaldım. Fırındaki bir arkadaş aracılığıyla Chatelet’te (Paris’te Metro durağının adı) işe başladım. Çalıştığım süre boyunca, arkadaşlar, VINCI’ye çalışalan FH Service adlı taşeron firmanın sahibi Hüseyin İmanlı’nın para vermediğini söylediler. Ödemeler noktasında çok sıkıntı yaşadıklarını söylediler. İşte üç-dört ay, beş ay paraları içerde olan arkadaşlar vardı. Çok sıkıntı yaşıyorlardı. Orada olduğum sürede, bir gece iş bırakma eylemi yaptılar. Daha öncesinde de bir iki defa daha yapmışlardı. İşte Hüseyin İmanlı’da geldi o gece. Tekrar konuşup arkadaşları ikna etti. Bir tarih verip, o tarihte paralarınız yatacak dedi. O süre zarfında gündüz çalışan arkadaşlar da aracı iş bulma kurumu olan Interim’e geçtiler.

İş bitti yani orada?

Gündüzcülerin işi bitti, Interim’e geçtiler. Gececiler Hüseyin İmanlı’ya çalışmaya devam ettiler. Onlara da bir tarih verdi, şu tarihte paranız yatacak diye. İşte gel zaman git zaman, tabii yine paralar yatırılmadı.

Sen gece çalışmaya devam ettin…

Kağıdım olmadığı için Interim’e de geçemiyorum. Gecede de iki arkadaş süreci, gizli bir şekilde örgütlediler. Sendikaya gittiler. Sendikaya danışılıp, neler yapılabileceği öğrenildikten sonra 243arkadaşla birlikte greve gitme kararı aldık. O gün işe geldik, iş, elbiselerimizi giyip iş sahasına indik.

Tarih olarak ne zamandı tam olarak?

22 Ocak Pazar günüydü. Biz iş sahasına indik. İş müfettişi geldi. Bizim orada çalıştığımızı teyit ettiler. Kağıdı olmayanlar olarak, gerçek isimlerimizi verdik işte… Diğerleri de isimlerini verdiler. Ardından onlar gittikten sonra greve başladık. Grev süresince, greve gitmeyen arkadaşlar daha çok grevi kırmaya çalıştılar. FH Service’e çalışan kişiler patronun adına gelip paraların ödeneceğini, grevi sonlandırmalarını söylediler.

Greve gitmeyenler kaç kişiydi?

Interim’de olan arkadaşların greve gitmesini sendika istemedi. Süreç içerisinde duruma göre hareket edileceği söylendi onlara. Onun dışında greve gitmeyen 15 kadar kişi olabilir. Onlar da daha çok Türkiyeli ve Kuzey Kürdistan’dan gelenlerdi. Bazılarının greve gidenlerle akrabalık ilişkilerinin de olmasına rağmen greve katılmadılar.

Peki, Genel Çalışma Konfederasyonu (CGT) ile konuşmaya gidenlerle nasıl yapıyordunuz? Fransızca konuşanlar var mıydı?

Fransızca konuşanlar da vardı, ama görüşmelerimizi genelde CGT’de faaliyet gösteren Kürdistanlı bir arkadaş üzerinden yapıyorduk. Zaten dört arkadaş belirledik, o arkadaşlar daha çok CGT ile birlikte VINCI görüşmelerine katılıyorlardı. Perşembe günü de son görüşme yapıldı. Perşembe akşamı geldiler ve taleplerimizin büyük çoğunluğunun VINCI tarafından kabul edileceğini söylediler. Ama son karar için, bize gelip, bizim kabul edip etmeyeceğimizi sordular ve çoğunluk kabul ederse…

Neydi mesela ilk talepler?

Talepler, öncelikle geçmiş borçların hepsinin ödenmesiydi. Bu konuda sendika tarafından bize, bir şirket altındaki firmalara iş verdiğinde, yani taşeron firmaya, eğer bu firmalar ödemeleri yapmazlarsa, bu ödemelerden ana firmanın sorumlu oluğunu belirttiler. Bunu biz daha önce bilmiyorduk. İşte bundan dolayı şu anda Chatelet’te çalışanlar için VINCI ödemeyi kabul etti. Ama bunun bir sürece yayılması gerektiğini, çünkü resmi olarak yani bir para çıkışı olacağını, bunun da belli prosedürlere uyması gerektiğini söylediler. Ayrıca Chatelet’te çalışıp da parasını alamadıkları için işten ayrılanların paralarının ödenmesi için de sendikayla birlikte görüşmelerin süreceği belirtildi. Kağıdı olmayanlar için de süresiz iş kontratı yapılacağı söylendi. Diğerleri için iş bitimine kadar olacak. Üçüncüsü ise bu şirketin dışında, yine Hüseyin İmanlı’ya başka yerlerde çalışıp da parasını alamayanlar için hukuki sürecin işletileceği belirtildi. Bunlar sürece yayılan şeyler. Sendika bu noktada kendi fikirlerinin olumlu olduğunu ve kendilerince bizlerin kabul etmemiz gerektiğini, ama nihayetinde son kararın bizde olduğunu söylediler. Bizler de çoğunluk olarak kabul ettik. Kabul edilmemesi durumunda hukuki olarak görüşmelerin bitmesinden dolayı mahkemeye gidilmesi durumunda bizlerin grev alanından polis zoruyla çıkartılma durumumuzun olduğu belirtildi

Kim mahkemeye giderse, anlayamadım tam olarak?

VINCI mahkemeye gidebilir. Çünkü gidip VINCI ile görüşüldü, prosedürler imzalandı. Bu grevin durdurulduğu şeklinde değil de “askıya alındı” şeklinde yapıldı. Buna rağmen grev devam ederse, iki gün içinde sizi çıkarabilirler denildi. Prosedürün böyle olduğu belirtildi tabii ki böyle olsaydı bile, direnişe devam ederdik, ama burada bana göre iyi bir kazanımımız var. Ayrıca bir iş yerinde çalışan bir işçi çıkarıldığında, eğer onun pozisyonunda yeni biri alınacaksa, önceliğin çıkarılacak işçiden yana hakkının olduğu belirtildi. Yani bu arkadaşların da süresiz iş sözleşmesine geçme durumları olabilir ilerisi için.

Peki kaç gün sürdü grev?

Pazar günü başladı, perşembe günü akşam görüşme oldu. Biz grevi tamamen bitirmedik, askıya aldık eğer süreç içerisinde vaat edilenler yerine getirilmezse, tekrardan grevin örgütleneceğini de belirtmiş olduk. Bundan sonra grevi askıya aldığımızı cuma günü yaptığımız basın açıklamasıyla duyurumuzu yaptık.

Basın geldi mi peki?

Basın geldi, bayağı kalabalıktı.

Kim basına haber verdi? Sendika mı?

Evet, sendika haber verdi. Basının ilgisi yoğun oldu. Birçok televizyon ve gazetede haberler yapıldı. Ayrıca insanların ilgisi de çok iyiydi. Ziyaretler yapılıyordu.

İnsanlar derken…?

Metroda gelip geçenler. Zaten çok stratejik bir yerdi, kalabalığın oldukça yoğun olduğu bir yerdi grev alanımız. Destek ve ziyaret etmek için gelen onlarca kişi vardı. Ayrıca valilikten bir polis geldi ve sendikadan bir arkadaşla görüşmesi oldu. “Sizi rahatsız edenler var mı? Süreç nasıl gidiyor?” vb. bilgi aldı. Onun dışında Türkiye ve Kuzey Kürdistanlı dernekler ve partiler de ziyarete geldiler. Bir grup gece kalıyorduk. On kişi gece kalıyorduk. Yirmi kadar kişi de gündüzdeydik. Destek amaçlı gelip de kalanlar da oldu.

Ben Fransız basınında okudum grev haberini, ama sosyal medyada ve Türkiye’deki basında pek göremedim. Ben mi göremedim yoksa?

Türkiye basınında biz de görmedik. Evrensel gazetesi gelmişti, L’Humanité’de de haber yapacaklarını söylemişlerdi. Röportaj yaptılar. Onun dışında röportaj için gelenlerin çoğu Fransa basınıydı. Fransızca bilen arkadaşlarla röportajlar yapıldı. Hatta bir arkadaş medyada çok göründüğü ve yaşamış olduğu iş kazasında hastanede durumu farklı anlatmasını istediklerinden dolayı, o arkadaşın kontratı esnasında pürüzler çıkartıldı, ama sonrasında bizlerin ve sendikanın karşı çıkmasından sonra sorun aşıldı.

Ekarte etmeye mi çalıştılar?

Aynen. Bu tarz bir oyunları oldu, yani bizim görüşümüz böyle.

Peki kağıtsız beş işçiden bahsettin, onların durumu ne olacak?

İşte beş kağıtsız arkadaş var. Bunlara oturum izni alınacak. Oturum izni alınabilmesi için de kontrat ve valiliklerle görüşmelerin yapılması gerekiyor.

Şirket mi yapıyor bu görüşmeleri?

Öncelikle bu konuyla ilgilenen sendikanın avukatı bu sürece önderlik yapıyor. Daha sonrasında ise şirket de devreye girerek oturumların alınması sağlanacak.

Bir gündüz grevcileri vardı, bir de gececiler vardı, dedin. Gece kimse gitmiyordu, bir kısım insan bekliyordu orada…

Biz dönüşümlü yapmıştık. Yani gece bekleyenler gündüzden arkadaşlar gelince eve gidiyorlardı.

Gececiler ne yapıyorlardı peki?

Gece daha çok grevi kırmaya çalışan arkadaşlarla tartışmalar yürütülüyordu. Bunlar gece çalıştıkları için bu tartışmalar daha çok geceleri yapılıyordu. Ayrıca akşam çalışıp da greve destek veren işçi arkadaşlar da vardı, bunlar Türkiyeli ve Kürdistanlı işçilerin yanında yabancı işçiler de vardı. Bazıları “isterseniz biz de greve gidelim arkadaşlarla birlikte” önerisini getirmişlerdi.

Onlar da mı metroda çalışıyordu?

Metroda çalışıyorlar, ama farklı bir şirket. Onların ödemeleri düzenli yapılıyor. Yani sözleşmeli çalışanlar da var, maaş bordrosu da yapılıyor. Ama gelip söylediler, “İsterseniz biz de destek amaçlı greve gidip işi durdurabiliriz”. Arkadaşlar da “İnterimde çalışan arkadaşlar da var, şimdilik bu bir hafta geçsin, görüşmelerin seyrine göre. Siz şimdilik çalışın gerek olursa grevi büyütebiliriz” yanıtını verdi.

Siz mi büyütmek istemediniz yoksa gerek mi kalmadı?

İlk başta bu sayı ile başlayıp devam edelim eğer masa başında bir sorun çıkarsa, istediğimizi alamazsak grevi büyütebiliriz. Diğer arkadaşlarda dahil olabilir. Interim’de çalışan arkadaşlar falan. Daha da büyük şeyler yapılabilir diye düşündük. Ama ona da ihtiyaç duyulmadı. Sonuçta taleplerin büyük bölümü kabul edildi.

Kaç kişi çalışıyor metroda?

Sayı veremem, çünkü TPI’ye ayrı çalışanlar var, onun dışında TPI’nin altında Hüseyin İmanlı’ya çalışanlar var, işte biz grevciler 24 kişiyiz. Onun dışında kaç kişi var pek bilmiyorum. Ayrıca grev sürecinde dışardan herhangi bir işçi işe alınamıyormuş. Böyle bir hakkın olduğunu sendikalı arkadaşlardan öğrendik. Bundan dolayı işe yeni gelenlere bu durumu anlatarak çalışmalarının yasak olduğunu belirttik.

Grev kırıcılığını önlemek için…

Evet, aynen. Yasal olarak grev sürecinde dışarıdan yeni işçiler işe alınamaz mevcuttaki işçiler çalışmalarına devam edebilirlermiş. Bu süre zarfında birkaç işçi işe alındı, biz onlara önce durumu anlattık. Genelde de Bulgar işçilerdi. Öncelikle bu arkadaşlara yaptıklarının grev kırıcılığı olduğunu ve yasal olmadığını belirtik. Bir ikincisi de, bu adamın ödeme yapmadığını ve bundan dolayı grevde olduğumuzu belirttik. Buradaki işçiler aylarca para almadıkları için greve gittiler dedik. Gelen arkadaşlar da ertesi gün geri gidiyorlardı. Aynı gün gidenler de vardı.

Dayanışma için iyi bir örnek oldu grev

Evet, dayanışma için iyi oldu. Daha önce arkadaşlarımızın çalıştığı Türkiyeli, Kürdistanlı taşeron firmalar, arkadaşlarımızı arayarak, sizin adınıza sevindik, ama bundan sora sürecin bizler için çok zor olacağını belirtenler oldu. Artık kaçak olarak işçi çalıştıramayacaklarını ve işçilerin paralarını vermeme durumlarının olamayacağını söylediler. Sizin için iyi oldu bizim için de çok kötü oldu diyorlar. Özelikle Türkiyeli taşeronları çok zorlayacaklar. Onlar da sürecin farkındalar yani artık VINCI gibi şirketler bu konuda daha katı davranacaklar.

Gece ve gündüz grev yapan işçiler neler yapıyordu? Siz neler yapıyordunuz mesela grev boyunca?

Ben, gececi olduğum için, genelde gelen arkadaşlarla tartışıyorduk.

Ziyarete gelenlerle mi?

Ziyarete gelenlerle sohbetler edilirken, grevi kırmaya çalışanlarla tartışmalarımız oluyordu ki onlar da gece çalışıyorlardı. Gündüzde ise daha çok gelen kişilerle sohbet ediliyordu. İşte yabancılar olsun, Türkiyeliler olsun, süreç anlatılıyordu, basın çok geliyordu, basınla röportajlar yapılıyordu. Sendikanın avukatı geliyordu, sendikanın çalışanları geliyorlardı. Başka yerlerdeki işçiler geliyorlardı. İşte avukat geldiğinde süreç hakkında bilgilendirme yapılıyordu. Gündüz bu şekilde geçiyordu. Biz gececiler saat beşte, altıda gidiyorduk. Gün boyunca yaşanan gelişmeler hakkında bilgi alıyorduk.

Şimdi sana kontrat yapacaklar. Bu kontrat sana Fransa’da çalışma ve yaşama izni de verecek. Bundan sonra sendikaya üye olmayı düşünüyor musun? Sendikal mücadele hakkında ne düşünüyorsun?

Sendikaya üye olduk. Burada örgütlü hareket edildiğinde bir şeylerin kazanıldığını görüyoruz. Mesela sendika sürece müdahale etmeseydi, örgütlü duruşumuzu istenilen düzeyde ve sürede gösteremeyebilirdik. Yani önderlik boyutuyla, politik bilinçle, bu sürece tecrübenin, deneyimin müdahale etmesi gerekiyordu. Bu noktada işin büyük bir kısmını sendika yürüttü diyebiliriz. Yine de işçiler olarak bir araya gelmemiz, dayanışma göstermemiz, sürecin peşinde olmamız olumlu, ama buna önderlik eden sendikanın kendisi. Zaten bu yirmi dört arkadaş da sendikaya üye olduk. Üye olurken, sendikadan arkadaşlar uzun bir konuşma yaptılar. Kendinizde bir borçluluk hissi duyarak üye olmayın, ama bunun dışında, haklarınız için mücadele etmek istiyorsanız, Hüseyin İmanlı gibi kişilerin bir daha haklarınızı gasp etmemeleri için örgütlenmek istiyorsanız üye olun. Yani borçluluk duygusuyla hareket etmeyin.

Peki sence, bu yirmi dört arkadaş bundan sonra sendikal mücadeleye devam eder mi?

Bence büyük bir kısmı devam eder. Etmeyenler de olur elbette. Belki de tamamı da devam eder. Çünkü sonuçta bir kazanım elde ettiler. Arkadaşların sendika ile ilgili tavırları çok olumlu, çünkü sendika olmasaydı zor olurdu. Öncesinde iki-üç defa grev örgütlemeye çalıştılar hepsi de başarısız oldu. Hüseyin İmanlı geldi, sürece dahil oldu. İşte paranız şu tarihte yatırılacak, bana süre verin ama devam ederseniz de kimse parasını alamayacak diyerek grevi bitirebiliyordu. Sendikasız bu sürecin ötesine gidilemiyordu.

Son bir soru. Verilen sözler tutulmazsa ne olacak?

Sözler tutulmazsa tekrar grev örgütlenebilir, bununla birlikte mahkemeye gidilebilir.


Bu Cem Akbalık yazısı Bianet’te de yayınlanmıştır. Fransızca çevirisi yapılmaktadır…
Manşet fotoğrafı grevcilere aittir…


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Dr. İbrahim Kaboğlu discharged and deprived of Sorbonne http://www.kedistan.net/2017/02/14/ibrahim-kaboglu/ Tue, 14 Feb 2017 12:24:41 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40845 Dr. İbrahim Kaboğlu, a prominent jurist has been put on the list of the academics discharged by the infamous decree of February 7th. Dr. İbrahim Kaboğlu isn’t just anybody in Turkish constitutional law…His name is among the first to be quoted when the notion of « Constitution » comes up. He teaches constitutional law at Marmara University, […]

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Dr. İbrahim Kaboğlu, a prominent jurist has been put on the list of the academics discharged by the infamous decree of February 7th.

Dr. İbrahim Kaboğlu isn’t just anybody in Turkish constitutional law…His name is among the first to be quoted when the notion of « Constitution » comes up. He teaches constitutional law at Marmara University, he has trained thousands of jurists in Turkey. A human rights defendor and a scientist, he has also taught in a number of prestigious universities across the world.

He has just been dismissed by decree n° 686 of February 7th 2017, like 329 other academics. By this decree, scientists and researchers have been torn away from their work, their university, their students, but they have also lost their seniority, their pension, which for Ibrahim represents forty-three years of energy and public service.

The interview conducted by Hilal Köse of the newspaper Cumhuriyet, clearly brings to light the feeling of revolt these purges raise in the victims. As Hilal points out : “İbrahim Kaboğlu’s sadness is even greater than his anger.”

Of course, the point of view expressed in this interview is that of a jurist defending a “just State”, a State “in the service of all”, a universal justice that the “Turkish Republic” could have embodied some day… a creed we don’t share at Kedistan since it does not take into account the fact that justice also depends on domination and balances of power, at all times and on all occasions. Attempting to oppose to this a simple “universality of human rights”, while not questioning the very foundations of all these “injustices” is a task for Sisyphus, while also pretending that Turkey, constructed against the mosaic of its peoples can achieve such a universality. It is remarkable that after more than a year of war during which Erdogan has achieved the feat of keeping his opposition disunited because confronted by the poison of anti-Kurdish kemalism, we see at last a mobilization from those now feeling the full brunt of the attack. Although İbrahim Kaboğlu signed the petition of University workers for peace, after the failed putsch he defended the necessity for the Kurdish movement to join into the the great national unity movement for democracy, thus aligning himself to what was then the position of the CHP.

“First they came for…” you know the rest. Henceforth, everyone is in the same sinking boat in front of the regime. Let us hope that the February 7th decree will prove to be the universal detonator, both for a NO at the referendum and, most of all, against a pseudo “national unity” that thwarts all possible convergence in the opposition.


Hilal – What are your feelings at this time ?

İbrahim – This kind of practice gives the impression that the « Ottoman-Turkish » advances never existed, that the Anatolian lands have never known the notions of Law and of Human Rights. Consequently, it is impossible for me to describe with words what I feel. Moreover, as an individual who works in the area of human rights, becoming the witness of the practices put forth in these decrees, I feel as if we have almost reached the brink of « erasing the historical and collective memory ». This can also be seen as an insult against the society’s achievement and the accumulation of collective knowledge in Turkey.

Hilal – To this day, you have trained thousands of jurists… How do you interpret this…against a name such as yours ? Some criticized this even within the AKP…

İbrahim – First of all, it is hurtful, degrading. If those using these procedures took aim at their interlocutors or, more precisely, riddled the « ennemy » with bullets, it wouldn’t be as impressive. Think, you have as a jurist, several decades of accumulated experiences, you have struggled to teach notions of law and justice to future jurists… You discover that, in the course of one night, your name has been added to a « pack of law-decrees », created for « the terrorists who attempted a coup. ». You may be sure your heart will go on beating, upon awakening the next morning, if only you have a chance to re-initialize your memory and your past before going to bed…

Anticonstitutional…

Hilal – In your opinion, is there a possibility that this dismissal can be quashed by some authority or other ? What would happen if you appealed to the Court, what would be the result ?

İbrahim – Before anything else, the fact that this non-legal decision should not be taken, or should be annulled is even more important than seeing it quashed. The terms used are unacceptable.“If there is error, it can be rectified, if there is injustice, it can be repaired ». These kinds of comments mean that the authors of these procedures doubt the legality of their own operations and the basis on which they rest. Yet, in a State where the Rule of Law applies, each procedure must rest on a legal basis, even in a state of emergency. In a state of emergency the balance between liberty and authority may be undone to the advantage of authoritiy, but the administration under the state of emergency is also a Law-governed regime, with limits as to place, domain and time, and open to judiciary control.

These points also hold for decrees pronounced in the state of emergency. The framework in terms of content and application is found in articles 120, 121 and 15 of the constitution. Each decree is promulgated by the Cabinet of Ministers meeting under the presidency of the President of the Republic. Despite this clear constitutional rule, there is no match between the dates of publication of these decrees and the agenda of Cabinet meetings. For example, the decree of February 7th is based on a meeting that would have taken place on January 2nd. This leaves the following impression : the Council of Ministers meets once, under the presidency of the President of the Republic. Then, in the days and weeks that follow, decrees are promulgated. This procedure is clearly unconstitutional. It raises serious suspicions of a shift of authority, from the political to the administrative bureaucracy… Such decrees under the state of emergency are clearly unconstitutional and contrary to the European Convention of Human Rights. Also, the practice of successive amendments to the laws is a method that makes legal recourses particularly difficult and inefficient, therefore it is prohibitory…

The Imam may express himself, but not I

Hilal – Is it possible that you are subjected to this ordeal because you said « One cannot write a Constitution in a state of emergency » ? The process of modification to the constitution gallops on, the date of the referendum has been declared (April 16 2017). What can be the result, in your opinion ?

İbrahim – The opinion « One cannot write a Constitution in a state of emergency »  finds confirmation with each passing day . If my name was added to the « putsch-terrorism decree » because of this opinion, the legitimacy of the process of constitutional modification becomes even more debatable. To this are added the contextual contradictions. A university director, a prefect, a governor, an imam may express their opinion on the constitutional change, but specialists in constitutional law cannot. Personally, I have never witnessed a « process to modify a constitution without the constitutionalists » as botched as this one. On television screens that remind us of the « pink series » in previous South American times, how many constitutionalists find a seat in the so-called « debates on the constitution » ? This whole situation denies the « constitutional right to information ». Consequently, the results of the referendum will have to be considered in light of this environment.

Hilal – What will happen if the Yes wins ?

İbrahim – The ways and means used for the Yes and which prevent forming a public opinion on the constitution bring worrisome elements on the practices to which we will testify after an eventual Yes… This is why it will not be easy to qualify it as a « new constitutional order » even if it carries a more recent date.

A pollution of constitutional information

Hilal – What are the reasons for this return to previous practices ?

İbrahim – The most profound rupture in Ottoman-Turkish history. But there is no justification that legitimizes this. We can rapidly mention three reasons.

The first: the contradictions in the AKP between the advances of the parliamentary regime and Ottoman-Turkish history ( particularly political and constitutional history).

The second: The contradiction between the 14-year period of AKP power and the thesis claiming that the AKP would now lift Turkey to the doors of « advanced democracy ».

The third: The contradiction between the AKP and its own electoral base : The reports and projects prepared by the organizations close to the Party’s base are rather favorable to a pro-regime parliamentary regime. They are thus unrelated to the content of the constitutional revision project voted by the National Assembly.

Hilal – How do you consider the AKP’s Yes campaign ?

İbrahim – It is difficult to consider it as the AKP Party’s campaign. It is a State campaign, yes, a general mobilization for the Yes… In such an environment, it is impossible for free will to express itself. Because what dominates is not the « right to constitutional information »  but « a pollution of constitutional information. »

I can’t find the legal term

Hilal – We had discussed this during our previous exchange : When the university circles in France insisted you take up residence in Paris, you said « No »…What will happen to your lectures at the Sorbonne ?

İbrahim – I began my lectures at Sorbonne Nouvelle (Paris 3) last week as guest lecturer for three months. We organized my lectures in Paris over four weeks in February, March and April so that I could also continue my lectures at Marmara University.  I completed my first week, came home, and three days later, with the addition of my name to the « terrorist organization decree » not only has my work of forty-three years been terminated but my passport has also been revoked. This means that, if this decree totally unrelated to law is not rectified, I will not be able to return to Paris, nor to pursue my teaching there. In summary, the President of the Republic, the Prime Minister and the ministers who signed this decree are probably not aware that my name was added to the « putsch  decree », but this generates consequences that deprive me of my national and international rights. I can find no legal term to qualify this penalty.

Translation by Renée Lucie Bourges.
iknowiknowiknowblog.wordpress.com
French version >  Le Dr. İbrahim Kaboğlu licencié et privé de Sorbonne

Image à la une :  İbrahim Kaboğlu, photo Nur Banu Kocaaslan / Diken

La version en français

 


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Kerema xwe dema hun nivîsên Kedistanê parve dikin, ji bo rêzgirtina maf û keda nivîskar û wergêr, lînk û navê malperê wek çavkanî diyar bikin. Spas

Cet article Dr. İbrahim Kaboğlu discharged and deprived of Sorbonne a été publié par KEDISTAN.

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“Le Muhtar et les chats”, une chanson de Yarınistan http://www.kedistan.net/2017/02/14/muhtar-et-les-chats-chanson-yarinistan/ Tue, 14 Feb 2017 12:17:11 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40850 Yarınistan? Ca veut dire quoi ?”… “Yarın” en turc, c’est “demain”… nous sommes donc au “pays de demain”. Forcément ça nous parle tout de suite au Kedistan, “pays des chats”… Yarınistan, une traduction littérale, volontairement maladroite du mot “Morgenland” qui veut dire “Orient” en allemand. Nedim et Geo sont heureux de leur “contribution” à la dégénérescence de la […]

Cet article “Le Muhtar et les chats”, une chanson de Yarınistan a été publié par KEDISTAN.

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Yarınistan? Ca veut dire quoi ?”… “Yarın” en turc, c’est “demain”… nous sommes donc au “pays de demain”. Forcément ça nous parle tout de suite au Kedistan, “pays des chats”… Yarınistan, une traduction littérale, volontairement maladroite du mot “Morgenland” qui veut dire “Orient” en allemand. Nedim et Geo sont heureux de leur “contribution” à la dégénérescence de la langue turque.

Nedim Hazar et Geo Schaller sont les fondateurs de ce groupe ethno-rock qui fut très populaire dans l’Allemagne des années 80. Nous sommes donc dans un “pays des lendemains qui chantent”, vous l’avez compris… Et au pouvoir, nous avons une “coalition” qui a comme programme… de mettre le bazar ! La vie au Yarınistan, promet d’être “drôle, romantique, joyeuse, folle, cruelle, provocatrice, anar et polyglotte…” disent Nedim et Geo.

Du coup, il est possible d’y trouver des tangos en kurde, des klezmer en turc. On peut montrer du doigt l’Allemagne qui ne s’occupe pas des problèmes de ses immigrés, ou pester contre les casseurs de grève en Angleterre. Yarınistan, chante les histoires d’amour entre les jeunes immigréEs de Turquie et les allemandEs, mais aussi parle du racisme…

Mais Kedistan va vous présenter de Yarınistan, une chanson bien précise… Il n’était pas possible de passer à côté.

Si vous êtes unE habituéE de Kedistan, vous allez comprendre tout de suite, dès les premières paroles. Si vous êtes de passage, suivez les liens, pour voir que Kedistan et Yarınistan, se croisent et s’entremêlent sur les mêmes terres, cultures et actualités, et parlent inévitablement des mêmes choses, chacun à sa façon…

La chanson s’appelle “Le Muhtar et les chats”

D’un côté le “Muhtarqui est le responsable administratif des communes, donc l’unité la plus directe et la plus proche de la population, en relation directe avec les habitants. De l’autre côté : les chats… Vous savez toutes et tous, que les vrais propriétaires des quartiers (et de vos maisons) sont les chats, et si vous habitez dans leur quartier (ou maisons) c’est parce que tout simplement, ils vous tolèrent…

Vous avez saisi ! Ça va être encore une histoire de “pouvoir”. Beurk, quel gros mot !… Nedim et Geo disent “Nous avons composé “Muhtar et les chats” en juin 2016, dans la période où une boutique disquaire à Cihangir a été attaquée, et la Marche des fiertés LGBTI d’Istanbul a été interdite. Nous l’avons chantée dès juin, lors de notre concert à Berlin. Mais depuis, la tentative de coup d’Etat et la suite, cette chanson a pris encore plus de sens…”

Les paroles sont en turc2

Sabah kalktı, abdest namaz, tembellik olmaz
Dükkanı açtı keyifle, tertemizdi mahalle
Tertemiz…
Aile yerimiz var tabelalı lokantalar dolmuştu
Gezicisi, ibne sapıkını artık yok olmuştu
Yok oldu…
*
Geçen ay gece yarısı, o imansızın karısı
Baldır bacak aşağı inip, beş bira birden alınca
Tekel bayisini bizzat kendi ihbar etmişti
Herşey artık düzelmişti, ta ki kediler gelince…
*
Kediler, pisi pisi pisi kediler (x2)
Sokaklarda fingirdeşiyor
Kediler, pisi pisi pisi kediler (x2)
Namus elden gidiyor
Kedileri kim besliyor?
*
Manav Hüsnü efendi, kürttür aslında kendi
O değilse kim peki? Kedilerileri kim besler, kim besler?
Alevi Hasan mı yoksa? Ya da feminist Nergis?
Yoksa lise öğretmeni.. o ya bir komünist, ya da bir ermeni…
*
Mahallenin erkeklerini toplayıp sordu
Onlar değilse, peki, kanı bozuk olan kimdi ?
Peygamber efendimiz kedileri hep severdi
Bunlar kedi değil ki, şeytan içlerindeki!
*
Kediler, pisi pisi pisi kediler…..
*
Gece nöbet tuttular bütün mahalle
Ellerinde sopalar, ama herşey nafile
Nafile…
Kediler çok çeviktiler, tomalarla girmeli
Muhtarlar Anakara’da toplanınca bir daha,
Konu görüşülmeli
*
İlk muhtarlar toplantısında,
Sayın Erdoğan elini sıktığında, ona birşeyler olmuştu…
İçindeki tüm kötülüklerden bir anda kurtulmuştu!
Sanki bir… Melek ol-muş-tu!
*
Ertesi sabah altıda, kapı çalınınca
Onbeş yirmi polis birden çıktı karşısına
Yapma etme memur bey, bu bir iftiradır
Ben cemaatçı değilm ki, suç bu kedilerde!
*
Kediler, pisi pisi pisi kediler…..et le clip est sous titré en allemand.

Voici la traduction :

“Le Muhtar et les chats”

Il s’est levé le matin, il a fait sa prière
L’oisiveté n’est pas bonne
Il a ouvert la boutique, avec plaisir
Le quartier était tout propre… tout propre…

Les restaurants indiqués “pour familles”
étaient tous remplis
Les [manifestants de] Gezi, les pédés et les déviants
avaient tous disparu… disparu

Le mois dernier, en pleine nuit,
la femme de l’autre mécréant
Etait descendue, jambes et cuisses nues,
pour acheter cinq bières d’un coup

Il avait dénoncé lui même
le vendeur d’alcool
tout était rentré dans l’ordre
Jusqu’à ce qu’arrivent les chats

Les chats, minous minous, les chats… (x2)
Ils fricotent dans les rues
Les chats, minous minous les chats… (x2)
La morale est foutue.

Qui nourrit ces chats ?

Le vendeur de légumes Monsieur Hüsnü est kurde
Si ce n’est pas lui,  alors c’est qui ? Qui nourrit les chats ?
Ce serait peut être Hasan, l’Alévi ? Ou Nergis, la féministe ?
Ou encore l’enseignant ? Il doit être soit arménien, soit communiste…

Il a réuni les hommes du quartier et leur a demandé
Si ce n’étaient pas tous ceux là, quel sang impur faisait ça ?
Notre Saint Prophète aimait bien les chats
Mais ceux-là ne sont pas des chats, mais le diable en personne !

Les chats, minous minous les chats… (x2)
Ils fricotent dans les rues
Les chats, minous minous les chats… (x2)
La morale est foutue.

Tout le quartier a monté la garde, durant la nuit
Avec des bâtons à la main, mais pour rien… Pour rien…
Les chats sont agiles, il faut les charger avec des canons à eau
La prochaine fois que les muhtar se réuniront au Palais, il faudra en parler

Lors de la première réunion des muhtar
Quand Monsieur Erdoğan lui avait serré la main
Il s’était passé un truc
Il s’était débarrassé de tout le mal en lui
Presque… un ange… il était de-ve-nu !

Le lendemain matin quand la porte a sonné
Il s’est trouvé face à quinze, vingts policiers
Non, pitié, il s’agit d’une calomnie
C’est la faute des chats, je ne suis pas membre de la Confrérie [de Gülen]

Les chats, minous minous les chats… (x2)
Ils fricotent dans les rues
Les chats, minous minous les chats… (x2)
La morale est foutue.

 


Yarınistan

Dans les années 80, 90, le groupe a réalisé 250 concerts, sorti 4 albums. Ensuite le duo Nedim et Geo ont mouillé leur chemise dans le style cabaret politique. En 1994 les deux artistes ont fait une pause pour cause de “montée du racisme”. Mais les bonnes âmes se sont de nouveau réunis en 2013 pour un projet de musique de film documentaire. Depuis 2014, Yarınistan a retrouvé ses activités.

Vu leur âge avancé, Nedim et Geo pensaient que “désormais ils étaient bon pour chanter les problèmes interminables des hommes en andropause”, comme par exemple la chanson en kurde qui explique la différence entre les baisers selon les âges, ou encore comme dans la chanson en yiddish, qui explique comment tomber amoureux d’une femme qui appartient à une “minorité”, qu’elle soit amérindienne ou galicienne, ou qui louche ou qui boite…

Bref, leurs histoires de vieux mecs ne durent pas longtemps. Car en 2015, ils sont partis vers une nouvelle aventure, lors de la campagne électorale en Turquie, ils ont fait le tour de 40 villes, pour une émission qui avait donné la parole libre aux électeurs sur des places publiques (IMC TV).

Yarınistan suit de près l’actualité politique en Turquie, et la crise des réfugiés en Europe, avec un projet de nouveau cabaret en vue…

SiteWeb | Site de Nedim Hazar | Site de Geo Schaller
Facebook | Twitter @Yarinistan | Youtube


Traductions & rédaction par Kedistan. | Vous pouvez utiliser, partager les articles et les traductions de Kedistan en précisant la source et en ajoutant un lien afin de respecter le travail des auteur(e)s et traductrices/teurs. Merci.
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Annulé • Pınar Selek en Bretagne. Venez la rencontrer ! http://www.kedistan.net/2017/02/13/pinar-selek-en-bretagne/ Mon, 13 Feb 2017 20:32:51 +0000 http://www.kedistan.net/?p=40830 AmiEs bretons, des rencontres à ne pas manquer avec Pınar Selek, chez vous, début mars, à domicile, en Bretagne. Nous partagions bien volontiers cet “événement”, mais il vient d’être annulé.. Pınar Selek est féministe, antimilitariste, sociologue, écrivaine et militante. Arrêtée en 1998 suite à une recherche sur des militants kurdes, elle est torturée. Accusée d’avoir commis […]

Cet article Annulé • Pınar Selek en Bretagne. Venez la rencontrer ! a été publié par KEDISTAN.

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AmiEs bretons, des rencontres à ne pas manquer avec Pınar Selek, chez vous, début mars, à domicile, en Bretagne.

Nous partagions bien volontiers cet “événement”, mais il vient d’être annulé..


Pınar Selek est féministe, antimilitariste, sociologue, écrivaine et militante.

Arrêtée en 1998 suite à une recherche sur des militants kurdes, elle est torturée. Accusée d’avoir commis un attentat (qui se révélera n’être qu’un accident) elle est acquittée 4 fois. A chaque fois le procureur fait appel de la décision de la cour. Le dernier appel date du 25 janvier 2017 et le procureur demande la prison à perpétuité !

Depuis son installation en France fin 2011, quatre de ses livres ont été publié en français, “Loin de chez moi… mais jusqu’où ?” aux éditions iXe en mars 2012, “La maison du Bosphore”, son premier roman, aux éditions Liana Lévi en avril 2013, “Service militaire en Turquie et construction de la classe de sexe dominante. Devenir homme en rampant”, aux éditions l’Harmathan en février 2014 et “Parce qu’ils sont arméniens”, aux éditions Liana Lévi en février 2015.

“Elle mène actuellement plusieurs recherches et elle enseigne les sciences politiques à l’Université de Sophiantipolis-Nice. Elle continue son engagement à distance par l’intermédiaire de la revue féministe Amargi et en intervenant dans des rencontres grâce aux nouvelles technologies de communication.
Le mouvement féministe représente pour elle une dissidence dont le projet va bien au delà d’une lutte pour l’égalité.

Pınar Selek s’inscrit dans les luttes locales et internationales contre toutes les formes de domination en espérant contribuer à réinventer la politique malgré la violence extrême et voir un jour un monde de paix et de justice, pour toutes et tous.

Pınar nous fait l’immense plaisir (bonheur !) de partager avec nous ses combats pour la liberté, sa lutte pour le féminisme… à Morlaix. L’occasion d’échanges et de partages avec une personnalité hors du commun.

Elle passera également 3 jours à la Maison Louis Guilloux à Saint Brieuc  les 3, 4, 5 mars.

Rendez-vous donc le 2 mars à 19h00
à la Librairie A pleine Voix 9 rue Basse, 29600 Morlaix
L’événement Facebook ouvert à cette occasion.

Pınar Selek Siteweb | Les articles de Kedistan sur Pınar


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