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Le 11 février dernier, nous apprenions qu’une nouvelle “interdiction d’informer” était tombée. Cette pratique de censure du régime est désormais ancrée dans les habitudes en Turquie… La décision d’interdiction prise par le tribunal, empêche l’accès aux informations concernées, depuis la Turquie.

L’interdiction d’informer concerne le cas “Taha Hülagü”.

Voici encore un autre exemple, digne de figurer dans le dossier “corruption”, aux côtés de celui de Erişah Arıcan, qui a fait la thèse de doctorat de Berat Albayrak, le gendre d’Erdoğan et ex ministre, à sa place et qui fut nommée présidente de la bourse, ou avec celui de l’ascension d’Elif Yetim, devenue cadre du Turkish Airlines, histoires révélées par Metin Cihan, exemples parmi tant d’autres…

Cette fois-ci, il s’agit d’une autre saga, dont les rôles principaux sont tenus par un père et un fils.

Le père est Sadettin Hülagü, recteur de l’Université de Kocaeli et le fils se nomme Taha. Celui-ci, dès qu’il a obtenu son diplôme universitaire, fut nommé comme directeur du SEKA, un musée de la municipalité métropolitaine de Kocaeli. Mais son ascension ne s’arrêta pas là : Taha continue à sautiller sur le tremplin… Il devient, aussi subitement que pour sa première affectation, c’est à dire sans aucun examen, “greffier principal” de la municipalité de Kocaeli, qui est d’ailleurs dirigée par le Parti de la justice et du développement (AKP). Le jeune homme restera greffier un jour, ce qui lui suffira pour être recensé comme “fonctionnaire”, et il sera affecté ensuite en passage transversal à “l’Agence diplomatie publique présidentielle”.

Du coup, les médias d’opposition en parlent. Il y a de quoi…

Taha Hülagü n’en est pas content. À sa demande, alléguant que les faits seraient faux et porteraient atteinte à son honneur, sa dignité et sa réputation, le juge du tribunal de Kocaeli a tranché… Il a conclu que les articles sont de “nature à provoquer et à susciter des réactions dans le public” et que “les faits ne sont pas à jour” car des articles similaires ont été publiés auparavant et republiés à nouveau, des mois plus tard… Comme si,  avec le temps les abus seraient normalisés… Alors, “les droits de la personne de Taha Hülagü ayant été violés“. L’accès aux articles concernant sa nomination, parus sur 13 différentes plateformes est bloqué et les articles doivent être supprimés.

Il s’agit des médias et plateformes suivants : yenidemokrasi13.net, cumhuriyet.com.tr, haberimizvar.net, sol.org.tr, birgun.net, ilerihaber.org, bianet.org, milligazete.com.tr, evrensel.net, seskocaeli.com, sizinkocaeli.com, eksisozluk.com/taha-hulagu, la video de Halk TV sur YouTube.

Ainsi la justice protège-t-elle les nouveaux fils à papa de l’AKP tandis qu’elle annule de l’autre bras des acquittements pourtant prononcés dans des procès à tiroirs contre l’opposition.

C’est ainsi que c’est créée peu à peu, depuis leur ascension au pouvoir en Turquie, cette nouvelle caste, quasi couche sociale enrichie, autour de l’AKP, qu’on peut reconnaitre dans les grandes métropoles en particulier, par ses signes extérieurs, ses modes, ses attitudes, et qui s’est juxtaposée aux anciennes, issues des pouvoirs précédents.


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