La poétesse Delphine Durand poursuit son parcours solidaire, avec une chanson pour Nûdem Durak.

Après un hommage à Havrin Khalaf, un soutien aux prisonniers et prisonnières politiques en Turquie, un poème sur la geôle de Diyarbakır, un écho aux œuvres de Zehra Doğan, elle dédie un second poème pour Nûdem Durak, chanteuse kurde, accusée de complicité “terroriste” et condamnée à 19 ans de prison pour avoir chanté en Kurde, sa langue maternelle…
prisoners prisonniers

Nûdem est incarcérée depuis près de cinq ans : une peine censée prendre fin en 2034.

Delphine, partage ce poème avec Letters with wings (Lettres avec des ailes) une initiative, qui, pour le 30 avril, “Journée de la poésie en Irlande”, a appelé à soutenir les prisonnierEs politiques, emprisonnéEs dans différents pays au monde, par une action poétique…

Chanson pour Nûdem Durak

 

Dans les barbelés de soie

Brillante comme le silence

De l’eau souterraine

Comme la neige des montagnes solitaires

L’arbre endormi qui triple le silence

Je chante encore

Parce-que je suis muette

Dans cette prison

M’est venu un cri

La forme du rêve

Ma bouche qui saigne

Est une miette de néant

Qui donne sa lumière

A chaque chose

Mes cordes vocales

Qui sont les constellations oubliées

Dans l’exil

Je serai traînée

J’ai avalé ma peur

Pour la laisser agir

Dans la musique

Comme lorsqu’on nait

Dans la transparence

Il y a le vent qui tremble

Je me lève et je m’écoute

Je touche le sang

Je me débats dans le miracle

Je n’ai pas les yeux assez grands

Pour toutes les larmes du monde

Je suis l’orpheline de l’horizon

Et le rêve qui vient

Sur la face du monde

 


Vous pouvez soutenir Nûdem Durak

Pétition Free Nûdem Durak • Facebook  Free Nûdem Durak • Twitter @NudemDurak •  Youtube Free Nûdem Durak • Ecrivez à Nûdem et à ses camarades de cellule : Nudem Durak M Tipi Kapalı Cezaevi Bayburt – TURQUIE

Delphine Durand

Delphine Durand
Historienne de l’art, mystique, poète, laissons au pluriel magnifique les mots de l’invisible… Delphine est ontologiquement présente dans la seule perdurable présence de l’art.
Après des études de théologie et de philosophie, elle choisit l’histoire de l’art mais son cœur nervalien l’entraine vers des univers fantasmatiques et sauvages, et enfin la poésie où nous sommes tous libres.

Image à la une : Emre M.

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