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L’image d’un excité en Turquie tapant du pied contre le portail d’une mosquée fermée en disant qu’on “le privait de la protection de Allah” a fait rire sans doute.

D’autres ont regretté que ces temps où les fidèles se lavent les pieds et les mains, “ces gestes barrières“, soient confinés à la maison. En fait de gestes barrières, remettre ensuite les mêmes chaussettes odorantes, à part tenir à distance…

Mais, après avoir clamé que “la force du turc” protègerait d’un virus “venu de l’étranger“, il a bien fallu se rendre à l’évidence, la Turquie est entrée en période d’épidémie. Et même le Tayyip conseille gentiment à tout le monde de rester à la maison en rentrant du travail et de se laver les mains.

Bizarrement, le virus étranger a trouvé en Turquie une situation où chacun du coup reste chez soi sans que la police, occupée à arrêter les journalistes qui commentent la crise, ne s’en mêle pour l’instant. La preuve est faite qu’on peut penser que le Allah protègera tout le monde, et qu’on peut en douter, en même temps.

La ville d’Istanbul se vide de ses passants, les cafés et les boutiques ferment d’eux-mêmes, faute de clients. Une autre peur a du s’ajouter à celle de faire un pas de côté.

Mais, pas de coronavirus sans vacherie de Tayyip. La Turquie produit des masques. L’Europe en a besoin. Le Reis tient la clé des douanes et veut être payé d’avance… Il y a quelques jours encore, des millions de masques commandés par l’Italie attendaient un virement, en même temps que le gouvernement assurait qu’avec plus de trente unités de production, la Turquie pouvait livrer 50 millions par semaine. Mais nous ne sommes plus au bon vieux temps de Berlusconi, vieil ami du Tayyip.

Voilà au moins quelques travailleurs qui continueront à toucher leur maigre salaire, à côté de tous les autres, qui déjà bien abîmés par la crise économique, survivaient.

Des journalistes qui avaient alerté ou critiqué, ou simplement publié sur des réseaux sociaux ont été presque accusés de “propagande face à l’ennemi étranger” et mis en garde à vue. On n’est jamais assez prudent, confinons tout le monde…

A Konya, des pèlerins de retour de la Mecque, ont été  mis en quarantaine dans des chambres de cités universitaires, d’où les pauvres étudiants furent retirés sans crier gare, sortis de leur sommeil au petit matin. D’abord, les pèlerins se sont plaints que les lits n’étaient pas faits. Puis, ils ont essayé de s’évader, en forçant les barrières et en affrontant la police. Si on m’avait dit ça il y a un mois, je n’y aurais pas cru… Encore moins, quand j’ai vu un pèlerin cracher sur un policier, en lui disant “si je suis malade, tu n’as qu’à l’être aussi !”Les voix d’Allah sont impénétrables.

Le chiffre officiel des dix morts est atteint aujourd’hui samedi, (21 dimanche), mais on ne sait pas vraiment sur combien de personnes touchées dans toute la Turquie. Officiellement, on dit près de 700. Je ne sais si ce sont les prières à la maison ou le masque filtrant de l’information qui garantissent ce chiffre.

Il paraît que la Turquie va prendre une voie originale et multiplier les tests. C’est la grande communication du régime : le test lisible en 15 minutes, nous dit la télévision d’Etat.

En attendant, pour le petit peuple, c’est prières et lavage des mains cinq fois par jour, et l’eau de cologne se fait de plus en plus rare.

Du coup, en Syrie, les troupes turques ont le temps de se laisser pousser la barbe.


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