Bure – Kurdistan • Kurdistan révolutionnaire et le communalisme

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Les 9, 10 & 11 mars s’est tenu à Bure, un week-end de solidarité avec le Kurdistan révolutionnaire et de réflexion autour des théories et pratiques du communalisme. En voici le compte-rendu intégral.

Vous trouverez les articles de retour en suivant l’étiquette Bure-Kurdistan.


Compte-rendu
du week-end sur le Kurdistan révolutionnaire et le communalisme

Rédaction collective

Le week-end du 9, 10 & 11 mars nous sommes heureux-euses de vous avoir invité.e.s, à Bure, pour un week-end de solidarité avec le Kurdistan révolutionnaire et de réflexion autour des théories et pratiques du “communalisme”.

L’actualité de la situation d’Afrin, ainsi que la nécessité de créer de la solidarité transnationale dans un contexte d’individualisation des luttes, aussi bien que la nécessité de s’intéresser aux théories et pratiques révolutionnaires existantes, qu’elles proviennent du Moyen-Orient, des Amériques ou d’Europe, pour aller plus loin dans nos luttes locales, nous a poussé.e.s à organiser ce week-end.

Les collectifs organisateurs : Des hiboux de Bure, le collectif Initiatives pour un Confédéralisme Démocratique, des membres du collectif La Graine.

Tout au long du weekend, étaient présentées des expos photos sur le camp de Maxmûr, le Rojava et le Bakûr par Chris T. et Yann Renoult.


Vendredi 9 mars, soirée


Projection du film Une autre montagne, du collectif Ozho Naayé : Le récit de trois femmes en lutte en Turquie, des années 80 à aujourd’hui. Bande-annonce, synopsis et prochaines projections sur leur site.

Kevir, court-métrage sonore et photographique en présence du réalisateur, comédien et réfugié politique kurde du Bakûr.


Samedi 10 mars


• Présentation du mouvement des femmes, en non-mixité

Mouvement des femmes kurdes : Histoire, Stratégie de la rupture, organisations sociales, politiques, académiques, et d’autodéfense (du local à l’international). Les principes de la libération des femmes, élaborés en congrès international. 40 ans d’organisation et de combats sont difficiles à résumer.

• Diffusion d’un documentaire sonore, focalisé sur l’organisation sociale et politique des femmes kurdes, en particulier au camp de réfugiés de Maxmur (situé en Irak, à 60 km au sud de Mossoul) :

  • L’importance de s’organiser (pour réagir de manière efficace face à l’ennemi, par exemple Daech), d’être formée sur ses droits en tant que femme (représentation/force politique, gestions des conflits même conjugaux), le système d’assemblées de femmes (de l’assemblée de rue à l’échelle générale du camp) d’une manière autonome vis-à-vis de l’organisation mixte, le système de co-représentation à toutes les échelles de l’organisation mixte et des commissions – associations.
  • L’importance fondamentale de l’éducation – formation (mixte et non-mixte) parfois à la demande, et éducation populaire.
  • Le fait de créer sa propre science en tant que femme (jineolojî), pour requalifier les femmes dans la société, leur impact dans l’Histoire (prise en compte très ancienne, néolithique, mythologie), dans les religions, les sciences, l’économie, l’écologie, la santé.. La jineolojî suggère ici une autonomisation du-des savoirs vus par les femmes.
LIRE AUSSI Bure – Kurdistan • Qu’est-ce que la Jineolojî ?

Ambiance

  • Traduction en direct pour un groupe d’allemandes
  • Des questions davantage sur l’organisation du Confédération Démocratique que sur les femmes en tant que telles (*peut être que commencer le weekend-end par qu’est ce que le confédération démocratique aurait pu éviter cela.)

Contexte historique et géopolitique de la situation au Kurdistan et au Moyen-Orient

Vous pouvez retrouver la présentation à écouter en entier ici. Vous pouvez aussi lire cet article qui explique le contexte du Kurdistan syrien (Rojava) plus spécifiquement.

Expériences révolutionnaires au Rojava (kurdistan syrien) et à Maxmûr (campement de réfugié.e.s au Kurdistan irakien) et discussion à partir de témoignages, de récits de voyages

Présentation du camp de 12000 réfugié.e.s kurdes de Turquie, fonctionnement interne avec le système d’assemblées à toutes les échelles, la co-présidence, les 9 commissions dans ce cas de confédéralisme démocratique. L’organisation des femmes et des jeunes en parallèle de l’orga mixte. L’éducation fondamentale pour un changement de mentalité ; un camp très politique avec un auto média développé ; Une autodéfense culturelle/intellectuelle et physique (populaire, de l’individu à la défense générale du camp). Conclusion sur une recherche approfondie de l’autonomie dans tous les domaines. Article de Reporterre sur le camp de Maxmûr

Organigramme à penser de bas en haut (plus important tout en bas, et l’assemblée des sages est une organisation annexe, indépendante, et simplement consultative)

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Projection du film Rojava, une utopie au coeur du chaos syrien (2017, Chris Den Hond et Mireille Court), en présence de Chris den Hond.

Présentation du film par Chris den Hond, avec un avant-propos touchant aussi bien que révoltant sur le scandale et l’urgence de la situation d’Afrin, le silence asphyxiant des institutions étatiques européennes vis-à-vis du massacre de celles et ceux qui étaient leurs allié.es contre l’Etat islamique.

Synopsis : Lors de leur bataille contre l’Etat islamique, des Kurdes et d’autres peuples du nord de la Syrie tentent de mettre en place au Proche-Orient un projet politique original, ce qu’ils appellent “le fédéralisme démocratique”. “Nous ne voulons pas un Kurdistan indépendant pour les Kurdes, mais une fédération démocratique et pluraliste pour tout le monde,” disent-ils. De Qamishli à Kobané, de Membij à Rakka, ce reportage décrit la laborieuse tentative d’une nouvelle expérience politique en Syrie, malgré les obstacles de la guerre et d’un embargo étouffant. Ce film est la version vidéo du reportage publié dans Le Monde Diplomatique de septembre 2017 avec le même titre.

• Présentation en mixité sur le mouvement des femmes kurdes

Retrouvez ici une présentation complète sur la jineolojî, faite suite aux rencontres de Bure.

• Appel à une camarade d’Afrin

Nous avons terminé l’après-midi en passant un appel par Internet à une camarade internationaliste se trouvant actuellement dans la ville d’Afrin, sous risque immédiat d’être encerclée et envahie, assiégée et privée d’eau (chose qui s’est réalisée par la suite…). Nous avons pu lui demander comment était le moral des civil.e.s (prêt.e.s à résister) et si l’armée syrienne était venu en aide (très peu). L’appel était coupé de silences, dû non seulement à la connexion fluctuante, mais aussi aux bombardements en cours. La gravité de la situation et sa concrétisation dans nos oreilles nous a rappelé la réalité du conflit, de la situation kurde, ce qui a été fort en émotion pour tou.tes, renforçant les liens émotionnels et de solidarité qui se créaient, ici et avec là-bas.

• Soirée : concert acoustique de musique kurde. À écouter ici.

La journée du samedi s’est terminée sur un concert du groupe Zazolouz on accompagné de Cihan Semsur (chanteur) et de Diyar Uren (joueur de zaz et chanteur), très rafraîchissant et enivrant après une longue journée de présentations-débats. Les chouettes hiboux de Bure se sont vu.e.s transporté.e.s, frissonnant, dans les montagnes du Qandil le temps d’une transe musicale. On termina le concert aux cris de Biji Berxwedana Afrine (Vive la résistance d’Afrin !), après nombre d’autres refrains repris en chœur. La soirée se poursuivit dans la Maison de la Résistance, jusque tard dans la nuit, de quoi laisser le temps de décompresser et d’évacuer les émotions de la journée.


Dimanche 11 mars


Nous démarrons la journée du dimanche avec un peu de retard dû à l’euphorie de la veille. Sur le chemin pour se rendre à la salle communale de Couvertpuis, nous nous fîmes cueillir par un contrôle policier, qui aggrava le retard initial. Tout le convoi fut identifié. Le mandat portait comme justification le fait qu’une réunion sur le Kurdistan relevait d’un potentiel trouble à l’ordre public…

• Discussion sur l’autonomie démocratique et la guerre civile au Bakûr

Différents témoignages de réfugiés kurdes ou internationalistes s’étant rendus sur place. Répression turque vue sous différents aspects :

  • Répression de la culture kurde, de l’opposition de gauche, de l’indépendance intellectuelle en générale avec l’arrestation d’universitaires, d’artistes, de profs, de co-maires, et censure artistique.
  • Répression civile avec l’isolement et le harcèlement des kurdes, militarisation de la région du Bakûr (Kurdistan du Nord, région occupée par l’Etat turc).
  • Exode rural forcé, avec le harcèlement des populations paysannes, contrôles policiers fréquents sur les petites routes, populations poussées à s’exilier en ville où elles sont plus facilement identifiables/gérables.
  • Camps de réfugié.e.s en Turquie : l’Etat turc reçoit 6 milliards d’euros de l’UE pour s’occuper des 3 à 5 millions de réfugié.e.s présent.e.s sur ce territoire. Or, les camps officiels n’accueillent que 300 000 réfugié.e.s, dans des conditions occultes (possibles camps militaires au sein des camps de réfugié.e.s pour les former à se battre pour l’Etat turc). Aucune infrastructure donc pour le reste des réfugié.e.s : laissé.e.s aux assos, qui se font elles-mêmes réprimées/interdire.
  • Partis politiques en Turquie : grande diversité, plusieurs oppositions à l’AKP d’Erdogan, pro-kurdes ou non. Répression de l’opposition suite au coup d’Etat de 2016, notamment le HDP, le parti des peuples, principal parti républicain pro-kurde.

• Exposé-débat sur la Catalogne, animé par Floréal Romero

A la fin du XIXème siècle la bourgeoisie catalane invente le nationalisme en s’appuyant sur l’identité du peuple catalán. Un peuple qui a su préserver sa langue, ses usages et son identité à l’image d’autres peuples d’Espagne, comme le Pays basque, la Galicie, etc… Le nationalisme n’est pas à confondre avec l’identité. Si la seconde est légitime, issue naturellement du peuple, de son histoire et de son environnement, le premier est un ressort caché du capitalisme. Il est utilisé lorsqu’il y a besoin de reconduire les luttes populaires (voir les indignés), évacuer l’aliénation et les frustrations, et cacher les corruptions trop visibles, ce qui est tout à fait le cas en Catalogne comme dans le reste de l’Espagne. Une Espagne placée sous le signe de la modernité capitaliste et assise sur l’héritage non questionné d’une dictature sanglante : le franquisme déguisé en Démocratie, sous le nom de Monarchie Parlementaire. Une opération dirigée par les franquistes aux abois et appuyée par la social-démocratie internationale depuis la mort du dictateur et appelée Transition.

Le décor a changé pour que rien ne bouge. La dictature avec ses 150 000 disparu.e.s n’a pas été remise en cause. Les héritiers du franquisme, espagnols ou catalans, gardent à tout prix leurs privilèges avec la complicité de tous les partis politiques constituant une partitocratie virant à l’oligarchie. Le “procès” est une impasse qu’il gagne ou qu’il perde mais peut s’avérer une occasion pour remettre en cause cet héritage désastreux et à la fois démasquer le nationalisme. Partant des débats à la base, des plus petites assemblées, nous proposons de construire en partant du local un confédéralisme démocratique en mesure de concilier les identités de chaque localité, de chaque région dans la nature qui l’héberge et ainsi reprendre le flambeau de la riche tradition libertaire dans ce pays.

Trajectoires communales au 21ème siècle : entre “confédéralisme démocratique” au Kurdistan, autonomies des mondes au Chiapas et autres expériences communales et/ou de territoires en luttes en Europe

Pierre Bance : Les communalismes, lire son article comparatif entre le Kurdistan et le Chiapas

Floréal Romero : Le communalisme comme nouvelle donne du communisme libertaire

“La pensée de Murray Bookchin m’a permis de sortir de l’impasse d’un mouvement libertaire éclectique et dispersé et d’un anarcho-syndicalisme ankylosé duquel j’étais issu. Partant d’une synthèse du meilleur de l’anarchisme et du marxisme, il en vient à élaborer l’écologie sociale, une analyse radicale du capitalisme qui fait le lien entre sa première contradiction, l’aliénation de l’humain et la seconde, la destruction de la nature. Cette dernière est issue des injustices sociales qui ont pour origine la domination de l’homme sur l’homme et en particulier de l’homme sur la femme. Une domination poussée a son paroxisme et tous azimuts, par le capitalisme. L’écologie sociale est à la fois un outil d’analyse et un indispensable paradigme pour envisager un monde nouveau, de communautés humaines solidaires, fédérées et intégrées dans les écosystèmes. Pour y parvenir, en plus de ces analyses, une grande connaissance de l’histoire, une redéfinition des concepts comme politique ou pouvoir, il en vient à proposer le municipalisme libertaire ou communalisme comme action politique. C’est cette dernière proposition qui a été reprise par le mouvement kurde issu du PKK, sous le nom de confédéralisme libertaire.”


Ateliers


• Trajectoires et stratégies communales, à partir des expériences concrètes

Etudiant sous l’aspect de leurs problèmes d’organisation et des outils développés (surtout dans la gestion de conflits) plusieurs expériences de lutte en cours ou passées, sur des territoires et communes entrées en résistance, il est apparu deux trajectoires (outre le statu quo) :

  • La première est celle d’une zone qui vient à être occupée par un premier groupe venant de l’extérieur, puis rejoint par d’autres et ainsi de suite, s’agrandissant en gardant toujours une organisation de type spontanée/autogérée de façon très décentralisée. Si cela marche jusqu’à une certaine ampleur, il apparaît aussi petit à petit la nécessité d’une organisation pour simplement pouvoir se coordonner, pouvoir partager les informations et expériences, et pour développer communément des outils non-autoritaires d’autogestion collective.
  • La seconde est celle d’une zone de plus grande ampleur (type région) disposant de toute une diversité d’organisations en collectifs, sous différentes étiquettes (donc mode décentralisé) qui vient à se réunir sous une identité (ethnique ou politique) face à une agression extérieure ou un besoin interne d’organisation horizontale (apparaît là aussi la notion de nécessité), adoptant une organisation de type commune libertaire.

Ces trajectoires nous ont permis d’établir la problématique de nécessité croissante d’une organisation libertaire dans les territoires en lutte quand ils vont s’agrandissant, et d’affirmer que ce n’était pas anodin que ce weekend sur le confédéralisme démocratique et le communalisme se fasse à Bure, une semaine suite au week-end intercomités de soutien à Bure, à un moment peut-être de tournant dans la lutte anticapitaliste, qui se veut plus organisée et disposant de son propre agenda.

• Stratégie du communalisme ou municipalisme libertaire

L’éducation populaire comme chemin vers la démocratie directe. Travailler sur la création d’une “mallette pédagogique”, qui servirait à diffuser, dans différents contextes (Universités en lutte, info-tour, ZADs…), les idées du municipalisme libertaire. Mettre en place des techniques de communications avancées (gouvernance partagée, sociocratie, intelligence collective, …), au sein de nos nos divers groupes militants, afin d’être bien organisé.es et le plus démocratique possible. Le beau, la poésie, sont des éléments importants, car nous souhaitons véhiculer une énergie positive et bienveillante. Nous évoquons l’idée d’une nouvelle rencontre pour approfondir sur une stratégie à mettre en place.

• Imaginaire féministe et libertaire

Nos réflexions ont porté sur :

  • Quand nous parlons d’imaginaire “libertaire”, la question de la liberté a une conception sociale et non individualiste. Le féminisme et les mouvements anarchistes ont été infiltrés par les idées “libérales”, comment faire pour retrouver une dimension collective, “communale” de la pensée libertaire ?
  • Quand nous parlons de “féminisme libertaire”, nous incluons cette nécessité collective dans le projet de libération des femmes, de libération des genres. Nous incluons dans notre lutte et construction de cet imaginaire, le caractère intersectionel des opressions (classisme, racisme, etc.) qui donne appui au patriarcat et à son sexisme. Nous savons que cette libération ne se fera que si elle inclue l’ensemble de la société, l’ensemble de l’humanité.
  • Pour rompre avec la fragmentation des mouvements féministes et lutter contre sa “libéralisation” et son institutionnalisation, comment transformer et organiser la société et les femmes ? Comment les idées de l’écologie sociale et les expériences du confédéralisme democratique peuvent-elles nous inspirer? Comment construire une alternative réelle à travers la question de la libération des genres, pas seulement en théorie mais surtout en pratique pour et avec toutes les femmes et l’ensemble de la société ? Nous incluons dans cet horizon bien entendu la lutte LGBTQI.
  • A travers notre “gynergie”, le retour vers la nature, la sororité et l’amour révolutionnaire, comment retrouver un pouvoir collectif basé sur la protection et la continuité de la vie, contre le pouvoir dominant monopolisé par une élite qui n’apporte que mort et destruction ? Comment emmener les “hommes (cis)” dans cette transformation ?
  • Si nous parlons de vie, nous devons parler de la mort. Comment revenir a une relation et gestion collective de la question de la mort et de la maladie ?
  • Si nous parlons de vie communale, nous avons réfléchi sur la question de la maternité, de la famille et de l’éducation. Comment les sociétés matricentrées non-étatiques, du néolithique jusqu’à aujourd’hui, peuvent-elles nous inspirer dans notre projet de transformation radicale ? Quelle serait la place de l'”homme”/ du “père”, dans une société non patriarcale ? Qu’est-ce que l’amour dans une dimension libertaire et feministe ? Quelles expérimentations existent actuellement et quelles sont celles que nous pourrions developper ?
  • D’autres nombreux débats à partir d’expérience pratiques (personnelles et collectives) ont eu lieu: des échanges d’expériences incroyables et très constructifs pour tenter de dépasser les obstacles qui nous font face dans la lutte quotidienne et former notre horizon commun vers un monde libertaire et feministe.

Auto-critique et réflexions


Nous intégrons une auto-critique dans ce compte-rendu, qui servira pour de prochaines rencontres autour du conf dém, du communalisme, ou pour toute autre rencontre.

Globalement, les retours sur le weekend ont été positifs, sur deux notes en particulier : l’orientation “multiples témoignages” rendant les idées et expériences plus vivantes, ainsi que le fait d’intégrer des moments de convivialité (nourriture collective, concert, soirée). Paraît-il certain.e.s des hiboux les plus sérieus.e.s ont déridé ! 🙂 Aussi, la diversité des médias utilisés à été très appréciée ainsi que le temps de non-mixité.

Toutefois, le rythme des présentations était un peu lourd, le weekend a été très intense (mais aussi très constructif). D’où une certaine fatigue le dimanche, que la soirée du samedi soir n’a pas aidé. Les prochains temps autour de ces sujets gagneront à avoir plus de débats et d’ateliers, maintenant que les idées sont à peu près claires.

Quelques auto-critiques en plus :

  • Manque de prise de parole de la part des participant.e.s (en partie pour cause de fatigue et lourdeur du programme) => inciter davantage à poser ses questions et ses doutes pendant le temps de débat, avec tout le monde (plutôt que le faire dans la cuisine après). Peut-être cela serait davantage possible avec une autre forme de disposition des salles, qu’une forme d’horizontalité soit directement plus visuelle. Peut-être également en permettant aux participant.e.s de poser des questions plus rapidement ?
  • Il serait approprié de penser à une traduction au moins en anglais au cas où il y ait des demandes la prochaine fois, qui allongent le temps d’échange.
  • Logistique : Beaucoup de la charge mentale de l’organisation pratique est tombée sur quelques personnes, on a eu des retards qu’on aurait pu éviter (sauf quand c’était à cause des contrôles policiers). Manque d’organisation en amont pour savoir qui fait quoi et quand. Manque d’auto-gestion, de responsabilité spontanée. Sauf la cuisine qui s’est très bien autogérée, la participation spontanée a été très appréciée. Toutefois, les retards, ou plutôt la mise au rythme des auditeurs a été appréciée.

Conclusion : Quelles suites donner à ces rencontres ?


Tout d’abord, nous tenons à remercier tous les collectifs et autonomes présent.e.s, organisateur.trices comme participant.e.s, pour le bon déroulement du weekend, et ce dans un contexte aussi difficile que celui de Bure à une période de répression policière/étatique intense.

Le weekend nous a laissés avec la ferme envie de poursuivre les réflexions et d’enchaîner sur de la mise en pratique. Nous souhaitons donc organiser d’autres événements sur le Kurdistan et sur le communalisme, mais de façon séparée car chaque sujet mérite son propre temps maintenant qu’on y a été introduits. Et parce qu’il y a beaucoup à dire et à faire dans les deux cas.

Pour ce qui est du communalisme en territoire francophone, des rencontres seront organisées à Toulouse après l’été. Des rencontres transnationales sont prévues pour la fin de l’année également, possiblement à Liège en Belgique. De petits événements autour du communalisme sont à prévoir tout au long de l’année.

Il y a idée de faire un laboratoire du communalisme en France, à l’image du camp de réfugié.e.s de Maxmûr. Il faudra que ce soit autre chose qu’une ZAD existante car il s’agit déjà d’expérimentations en soi, de laboratoires de lutte spontanée/autogérée.

Des enregistrements audio et de la documentation seront diffusés sur un nouveau site web fédérateur autour du communalisme et des territoires en lutte. L’idée est de mettre à disposition une mallette militante ou caisse à outils pour diffuser les idées et pratiques communalistes.

Nous vous invitons à rester aux aguets du lancement de cette plateforme dans les semaines à venir.

Mais nous vous invitons également à visiter le site de la lutte de Bure, le site du collectif Initiative pour un Confédéralisme Démocratique (ICD), le portail francophone de l’écologie sociale/communalisme, à vous renseigner sur les formations proposées par le Jineoloji Center de Bruxelles, à mettre la main sur des livres de Bookchin, Öcalan, Pierre Bance, Floréal Romero (entre autres), à vous rendre sur le site infokiosques.net pour y trouver des brochures à diffuser, le site du journal d’écologie radicale La Gueule Ouverte et, surtout maintenant, à suivre les nouvelles d’Afrin sur RojInfo.

Enfin, nous lançons un grand appel à soutenir la résistance d’Afrin, qui est une résistance humaine et populaire avant tout, et une proposition confédéraliste démocratique en second. Nous appelons donc à manifester, à s’informer, à diffuser les informations à ce sujet dans les communes et territoires en lutte (sous forme de brochures par exemple), ainsi qu’à nous contacter (ICD/IFCD) pour nous rejoindre ou en savoir plus.


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