Insurrection urbaine dans l’espace kurde et Écologie sociale

kurde

Une réflexion universitaire sur l’espace kurde développée actuellement dans différentes conférences par l’auteur et que nous publions in extenso.

Nouvelle forme d’Insurrection urbaine dans l’espace kurde et Écologie sociale

Cet article interroge la façon dont l’espace kurde intervient dans un tel puzzle d’écologie urbaine micropolitique autour de la question kurde au Moyen-Orient, et propose une étude ontologique de cas qui consiste à penser un changement des valeurs politiques de la vie.

Il s’agit de parler d’une émancipation micropolitique de l’écologie, au sein de l’espace kurde en Turquie, qui se forme dans la performance du mouvement hétéroclite (mouvement politique kurde, mouvement féministe, genre, etc.) contre la crise de la société coloniale, et de l’environnement (de l’écosystème), et pour l’émancipation des Kurdes.

On s’attardera sur l’expression de l’émancipation dans l’espace public en rapport avec la culture de l’insurrection kurde urbaine. La complexité de l’espace de la révolte engendre une nouvelle perception politique de révolution cantonale par le biais du contre-pouvoir et de la reproduction contre-culturelle, qui se donne à voir, visiblement en dehors du comportement idéologique orthodoxe, au Moyen-Orient depuis la révolution du Rojava. Cette tendance de forme micro-révolutionnaire englobe des réalités hétérogènes, articule une politique d’espace kurde dans une perspective proche de celle que développe Félix Guattari, “une révolution moléculaire”1 au sein de la production d’une nouvelle subjectivité kurde qui interroge parallèlement la réflexion sur l’écosystème ou une politique d’écologie environnementale au Rojava ou au Bakur (Kurdistan de Turquie). Les questions qui surgissent alors : Quelles sont les réflexions et les perceptions actuelles de l’espace kurde sur les conséquences sociales des crises écologiques au Kurdistan en temps de guerre et de conflit ? Quelles sont les propositions des projets alternatifs du Mouvement politique kurde dans le lieu de la révolution et de l’autogestion pour une transition écologique de l’espace urbain et rural ?

“Pas de révolution sans les femmes.
Biji Frida”

Il est possible de parler d’une rhétorique et d’une attitude favorable aux priorités politiques du mouvement politique kurde au travers de l’écologie sociale. Pourtant, ce type de discours du Mouvement politique kurde véhicule la problématique d’une politique alternative, écologique, communale et micro-identitaire sur le multiple territoire où, depuis quelques années, on voit une série d’ateliers et des conférences (avant la suspension du processus de la paix en Turquie) sur l’économie alternative dépendante du système monétaire économique de l’état et des grandes entreprises mondiales. Le mouvement politique kurde et les activistes de l’écologie ont tenu une conférence d’économie démocratique à la ville de Van, convoquée les 8 -9 Novembre 2016 avec son slogan propre : « laissez-nous communautariser notre terre, l’eau, et l’énergie ; laissez-nous construire une vie démocratique et libre ».2 Cette vision micropolitique sur un territoire libre et communal est bien représentée par la Révolution de Rojava, sous l’influence des théories d’Abdullah Öcalan, prêtant la théorie de l’écologie sociale de Murray Bookchin.3 Le résultat de la conférence exprime une nécessité de construire une économie alternative-micro axée sur les avantages sociaux, « humanitaires » l’environnement et l’émancipation des femmes, pour éviter des approches « individualistes » ou étatistes lucratives centrées. Dans la même perspective, nous voyons les principes sur la démocratie radicale, le communalisme, l’écologisme, l’émancipation des femmes, l’égalitarisme des identités sexuées, la pauvreté, la précarité et la solidarité. Cette perception vise à socialiser la production de la terre, du travail contre la précarité et l’inégalité coloniale au Kurdistan de Turquie avec une tendance à amplifier ces réalités vulnérables pendant la brutalité de la guerre et de la nécropolitique de la violence en Turquie. Ces cascades d’imminence ne se contentent pas de stimuler la réflexion micro-nationale du mouvement, mais aussi expriment de cette façon une sorte de politique du dissensus (au sens de Rancière)4 dans l’espace kurde. Le mouvement écologiste agit à la fois avec une approche sur l’écologie politique en se basant sur la ligne de la réalité, du partage et théorise en effet de concepts comme une boite à outils.5 De manière générale, cette définition dans une société biopolitique peut résulter une transformation des conditions politiques de la lutte sociale sur le travail matériel et immatériel (partage, camaraderie, savoir, relation, désir et émotions) privilégiant la mobilité de la pratique et l’organisation politique en réseaux transversaux. L’espace kurde est caractérisé au dernier temps par ce décodage herméneutique de la lecture philosophique différente sur la politique et sur l’écologie (Nietzsche, Marx, Bakounine, Fanon, Foucault, Deleuze, Bookchin, Harvey, Chomsky, Negri, etc.) en se basant sur le changement survenu de la théorie d’Öcalan (de l’orthodoxie marxiste à l’écologie sociale ou au confédéralisme démocratique).6 Pour mieux comprendre le caractère politique du mouvement politique, il faut se pencher sur la Révolution cantonale du Rojava et la résistance de « Hendekler » (Fossés barricadés) à Bakur (région kurde en Turquie).7

Photo © Ateş Alpar

Une altérité d’espace kurde au sein de la crise de la violence et de l’état ?

L’aspect de l’espace kurde nous oblige à faire une analyse hétéroclite sur l’autogestion kurde (« özyönetim », le sens étymologique du terme du mouvement politique kurde en turc) depuis le déclenchement de la Révolution cantonale du Rojava et son influence dans l’espace kurde en Turquie et plus spécifiquement sur son historicité micropolitique avec la montée des subjectivités kurdes dans les nouveaux mouvements politiques (écologiste, genres, autonomistes, etc.). La définition de l’autogestion kurde met en perspective l’élaboration d’un nouveau projet de société basé sur de nouveaux rapports sociaux avec le mouvement politique non-étatique, écologiste, qui propose une conceptualisation non-étatique selon l’épistémologie de la nouvelle politique du mouvement politique kurde (PKK)8 dans la gestion sociopolitique et économique. Il est important de souligner que le discours du Mouvement politique kurde sur l’autogestion relève une multitude approche dans l’élaboration du projet social dans l’espace kurde. La contre-violence9 (en face de la violence étatique, patriarcale et djihadistes) a crée ici un aspect d’organisation non-étatique dans l’espace kurde, mais élabore ainsi une réflexion très contestable de la domination de la lutte armée urbanisée avec son rapport hiérarchique (un mouvement autogéré). L’autogestion est une nouvelle stratégie de production du micro-pouvoir contre l’oppression de l’état gouvernementale par l’armement dans la région kurde et la domination nécropolitique des mouvements djihadistes au Moyen-Orient. Alors il est possible de remettre en question le rapport de force de l’autogestion, comment la nouvelle subjectivité kurde crée un mode sociopolitique de production autogestionnaire avec la ‘nécessité’ de reformer la société en se basant sur l’écologie sociale, l’émancipation et la contre-violence non étatique. Cette nouvelle transformation de l’espace kurde constitue également une dissolution du milieu militaire dans la région kurde pour s’étendre aux intra-relations politiques de l’espace kurde. Elle porte sur l’expression de l’émancipation dans l’espace urbain en rapport avec la culture de la nouvelle résistance. Le territoire urbain permet ici d’accroitre l’efficacité des échanges sociopolitiques en les coordonnant dans le temps et l’espace.10 On questionne alors la complexité de l’espace de la révolte urbaine qui engendre une nouvelle perception politique par le biais du contre-pouvoir et de la reproduction contre-culturelle, qui donne à voir visiblement en dehors du comportement du discours victimaire.

Depuis le début, la déclaration de l’autogestion kurde en Turquie s’est instaurée avec la résistance Nous parlons d’une génération née pendant les années 90, années de guerre se trouvant dans les « Hendekler » (Fossés barricadés) comme une instrumentalisation de résistance actuelle des Kurdes. Ce terme de type de la résistance au « Hendek » avait été forgée par les manifestants de la « résistance des jardins de Hevsel » à Diyarbakir en mars 2014 contre le projet de la gentrification dans la région. Cette explosion de terme s’est accompagnée d’une considérable réponse avec un schéma géopolitique de structure sociale autogérée soutenu par les différents groupes politique. Dans ce contexte d’une société autogérée, c’est Diyarbakir (la capitale du Kurdistan historique, un laboratoire concrétisé) qui cristallise les principales transformations des projets politiques du Mouvement politique kurde sur l’économie, le social, la vie, l’écosystème, le genre, etc.

Photo © Ateş Alpar
“La Paix, avec entêtement !”

Une petite histoire du Rojava (le petit Kurdistan en marche)

Par contre, ouvrons une parenthèse dans notre discussion. Pour redéfinir cette résistance et la révolte, nous forgeons trois exemples importants liés dans l’espace kurde (Syrie et Turquie) : la lutte armée du Mouvement politique kurde des années 90 et son héritage de militantisme, la Révolution cantonale du Rojava en Syrie, en rapport avec les soulèvements au Moyen-Orient, et le soulèvement protestataire de Gezi Parc, et enfin la révolte de l’autogestion kurde (Varto, Silopi, Silvan, Sur, Nusaybin et Cizre). Par la suite, nous pourrions introduire une autre problématique autour du terme du Rojava au sein de la résistance kurde actuelle. Un de nos points essentiels reste la région Kurde de Syrie (anciennement « petit Kurdistan » : « Kurdistana Biçûk »). Car la région Kurde de ce « petit Kurdistan » porte d’une part la mémoire de la résistance Kurde depuis le début du siècle, jusqu’à la résistance de Kobanê, et aussi la pratique concrète des changements transversaux de la théorie d’Öcalan. Pourquoi le terme de Rojava fait-il l’objet de tant d’objections ? En premier lieu, depuis les années 1960, le mouvement politique kurde dans toute sa diversité utilisait une appellation pour cette partie du Kurdistan : « Kurdistana Biçûk » (Petit Kurdistan), ou Kurdistan du Sud-ouest. En deuxième lieu, depuis les années 1980, une grande partie du PKK se tenait dans cette zone de « Kurdistana Biçûk », où le premier établissement du mouvement de guérilla a fait son apparition. Ce que l’on questionne avec le terme de « Kurdistana Biçûk » est devenu dans le discours politique actuel le « Rojava ». Car le mouvement Kurde depuis la révolution, essaie de recontextualiser son espace politique avec un nouveau bagage micro-révolutionnaire en s’appuyant sur la mémoire de la Kurdicité. Et ainsi le parti HDP utilise un nouveau langage pour l’élection en appuyant sur la ligne alliée de la révolte de Gezi Parc jusqu’à la Révolution du Rojava comme une telle perspective du commun des peuples et le point de départ de sa micropolitique.11 Finalement on voit un grand changement du paradigme dans l’appellation juste après la guerre en Syrie et la déclaration de l’autodétermination des Cantons du Rojava au Kurdistan de Syrie. Le mouvement Kurde a commencé à incarner le terme de Rojava telle une référence micropolitique à la mémoire de nouvelle subjectivité Kurde. Cependant il faut ajouter que lors de toutes les révoltes Kurdes depuis le début du siècle, le Rojava est resté un foyer pour les Kurdes opposants, combattants et révolutionnaires fuyants pour demeurer dans ce petit territoire Kurde. Et aussi on dirait que le Rojava était à la lisière avant la guerre dans une pratique transfrontalière de « Kaçakçilik » (contrebande). Rojava était une niche de sauvetage de leur propre économie politique avant et après la révolution. Tous ces paradigmes des dispositifs ont changé le lieu, et Rojava est devenu un lieu de mémoire accumulée de la résistance Kurde. En effet, il s’agit de problématiser cet espace métaphorisé où le terme Rojava situe un programme politique, ou un projet micro-national au sein d’une analyse plus large du mouvement Kurde sur la façon dont le changement se produit depuis la demeure du mouvement des guérilleros dès l’année 1984 dans ses nouveaux canons micro-révolutionnaires. Pourquoi Rojava est-il devenu une étiquette permettant de gérer les institutions Kurdes et comment s’articule cette conceptualisation par le mouvement kurde avec celui du PKK ?

Avec l’autogestion ou la révolution nous voyons un changement d’argumentation, de conception, et de lutte comme la lutte urbaine mise au centre de l’autogestion Kurde en Turquie. Comme le disait H. Bozarslan dans un reportage « une nouvelle dynamique qui dépasse la pratique de la violence dans le mouvement kurde.. et où le PKK n’est plus désormais identifié à la Kurdicité par la violence  ».12 Alors une nouvelle subjectivité sociale qui constitue l’espace kurde en Turquie, repose sur l’affirmation d’un ensemble de valeurs nouvelles en politique en rapport avec la Révolution de Rojava comme l’égalité, la citoyenneté ou la participation, appuyées sur la construction d’une région autogestionnaire démocratique, et ainsi reposant sur une affirmation identitaire, avec une capacité à inventer de nouvelles relations sociales dans la vie quotidienne de l’espace kurde. Ces données nous font problématiser en effet les indices empiriques de ce changement politique de l’espace Kurde, préciser la nouvelle subjectivité Kurde avec son espace, qui mémorise des empreintes, imbriquées avec des analyses et des observations. 13

Photo © Ateş Alpar
“Une révolution à laquelle les femmes ne prennent part ne peut exister.”

De la Révolution à l’autogestion : du Rojava au Bakur

Donc, la région kurde est devenue un espace de soulèvement du nouveau « Serhildan » urbanisé (soulèvement) contre les dispositifs de l’État, où l’État suit une nouvelle stratégie avec l’instauration de zones prioritaires de sécurité dans les villes. Nous parlons d’une génération née pendant les années 90 de guerre se trouvant dans les «Hendekler » (Fossés barricadés) comme une instrumentalisation de résistance actuelle des Kurdes. (Fossés barricadés : Varto, Silopi, Silvan, Sur, Cizre, Derik, Nusaybin, etc.). L’émergence de cette nouvelle génération (YDG-H / K : Mouvement de la Jeunesse Patriote Révolutionnaire/ Femme, devenu YPS : Union de protection civile)14 montre une rupture réflexive-stratégique avec les années 90 du PKK et une continuité politique avec cette génération 90, qui devient ainsi l’acteur principal de la contre-violence de l’« intifada » kurdisé (nouveau « Serhildan » autogestionnaire de la génération post-PKK) dans une relocalisation du combat politique de la nouvelle génération kurde. Après le soulèvement des zones déclarées d’autogestion dans les lieux de l’insurrection, le gouvernement a instauré des zones de sécurité prioritaire (OHAL) au Kurdistan de Turquie comme dans les années 90, et a déclaré une guerre sans nom interrompant le processus de la paix. Si nous devions comparer cela, on est sur un passage continuel des années 1990 (du système d’OHAL: Région de l’état d’urgence) au système actuel de Zones prioritaires de sécurité (Özel Güvenlik Bölgeleri) contre les soulèvements des combattants urbains. Le potentiel subversif, créatif et critique de l’espace kurde est a révélé un topo de résistance urbaine avec la morphologie de la ville, que cet article essaie de montrer comment l’insurrection de l’espace kurde peut être d’un côté comme acte de soulèvement politique ainsi que de l’autre comme mode de résistance culturelle qui défigure la violence étatique et reconstitue la vie quotidienne de cet espace d’insurrection avec une créativité politico-ironique. Nous analysons donc des interventions urbaines du soulèvement kurde à travers le langage de l’acteur politique et le potentiel de la nouvelle subjectivité kurde. Les dernières insurrections urbaines dans la région kurde (les « Hendekler »- Fossés barricades) appuient sur le fait qu’insister sur l’émancipation et l’égalité des Kurdes sont une façon d’occulter les mécanismes qui créent les inégalités sociopolitiques identitaires en Turquie. Les enfants de la barricade et de l’autogestion kurde en Turquie sont des figures mobilisées contre la violence étatique sur la représentation identitaire des quartiers kurdes. De manière plus précise et, surtout, plus proche de la contre-violence constitue des signes aux aspects symboliques du mouvement kurde (le culte résistance multiplié dans l’histoire Cizîrî Botan –Cizre des Kurdes) dans cet espace politique de nouvelle génération. Dans une perspective plus large l’espace urbain devient un lieu de « création » au travers d’un acteur-réseau intergénérationnel qui tisse son désir anticolonial.

Photo © Ateş Alpar

Elle se fonde sur une observation caractérisée comme une ontologie micropolitique par laquelle la connaissance de l’insurrection kurde urbaine est liée à la pratique de l’espace géopolitique du mouvement politique kurde au Moyen-Orient. Cette analyse est basée alors sur les images du conflit et le langage ironique de l’insurrection dans l’espace du soulèvement, située dans les villes kurdes comme Cizre, Sur, Silopi, Nusaybin en Turquie. Un mouvement d’insurrection autogérée a surgi pour protéger le lieu du soulèvement et a déclaré les zones d’autogestion dans les quartiers au Kurdistan de Turquie. Le mouvement de résistance kurde a proposé́ la création d’une autonomie en Turquie dans la région kurde comme un nouvel instrument d’émancipation, et le mouvement va au-delà̀ du conservatisme de l’état unitaire ; il oppose le métabolisme social de l’état-nation et demande une société́ prieure autogérée. Mon hypothèse est que le lieu de l’insurrection urbain est un transit entre l’espace réel et l’espace politique et crée son langage micropolitique à travers les images et les écrits sur les murs. Notre analyse contribue à la compréhension des différentes dimensions de l’espace kurde à partir du soulèvement, son approche, et les aperçus de ce soulèvement qui guident les actions des acteurs au nom de la demande de l’autogestion et de l’émancipation. Cet article a abouti à deux aspects du lieu de l’insurrection : les images comme instruments, les écrits ironiques sur les murs comme contrapositions en face de la violence de l’état. L’objectif de notre article se focalise sur les arguments de l’espace kurde en soulèvement. L’argumentation que l’on fait de notre proposition a pour but d’analyser deux corpus différents qui émergent dans l’espace kurde, l’un est la création artistique et l’autre est la production politique esthétique de la contre-violence à travers des images (ses codes politico-culturels, de l’espace). Nous engageons une critique multiple qui exige une approche transdisciplinaire des faits de la résistance à la création. Alors ici l’espace devient le champ sociopolitique de la création artistique que les tensions de la résistance ou des révoltes fécondent les pratiques filmiques artistiques, qu’elles se situent dans le champ des faits sociaux. Il y a une sensibilité artistique de résistance kurde que l’on aborde. Ce qui nous intéresse ici, c’est cette émergence d’une création politique dans l’espace kurde, qui s’est donnée à voir dans la constitution d’un nouvel espace créatif de la résistance. Cette mise en relation nous amène à introduire la notion de réel-fictif, c’est-à-dire d’une résistance du réel dans l’art et d’une persistance de la fiction dans notre rapport à la réalité à travers de la définition de l’espace.

On peut développer enfin une problématique comparée sur la nouvelle révolte émancipatoire des Kurdes en Turquie reliée à l’héritage du mouvement kurde, au printemps Arabes, à la révolte de Gezi Parc ainsi qu’à la Révolution du Rojava dans la sphère publique. Plus précisément, à la faveur de l’usage des technologies de l’information, du media social et de la communication émergent des images subversives et articulées autour de la résistance ou de la guerre à travers la production créative des singularités différentes.

Photo © Ateş Alpar
“Liberté c’est résister”

En effet, la guerre et le conflit font apparaître d’un côté « une déchirure de la raison », un sentiment d’insécurité avec le dispositif de la violence dans la société appliqué par le discours autoritaire de la violence à partir de l’usage des nouvelles techniques du pouvoir, et d’un autre côté, ont permis de voir les nouvelles subjectivités issues de la résistance ou de nouvelles révoltes, qui remettent en question le traumatisme sociopolitique de cette violence à la suite de l’« Insurrections Arabe », du « Révolte de Gezi Parc » et de « la Révolution du Rojava » en Turquie et au Moyen-Orient. Nous observons un changement des acteurs dans le même temps ou dans le même espace kurde urbain. Un nouvel espace urbain apparut à la suite des révoltes et de l’état de violence. Cette cohésion sociale est le résultat de la nouvelle forme de la résistance façonnée par les conflits, l’oppression autoritaire et les compromis de l’état sécuritaire dans la gouvernance urbaine. Des tendances se dessinent, des vouloirs du changement sociopolitique en termes de devenir dont on peut analyser des phases, et identifier les facteurs politiques déterminants se profilent également. Ces changements affectent les représentations, génèrent de nouveaux codes, et touchent donc à la culture de la révolte contre les pouvoirs autoritaires locaux. Comme à la suite du Mouvement de Gezi Parc qui essaie de revitaliser l’espace urbain afin de préserver l’écologie mondiale, certains mouvements écologistes ont créé une écopolitique urbaine dans divers espaces pour un lieu de partage tel celui du Mouvement de « Bostan » (Jardin en turc) dans le centre d’Istanbul ou de la résistance des Jardins de Hevsel à Diyarbakir (région Kurde) contre la gentrification, l’expansion urbaine dévastée, la privatisation de la ville et l’exclusion sociale (les nouveaux acteurs du changement politique urbain. Ainsi, nous posons la question suivante : Comment pouvons-nous problématiser les nouvelles formes de révolte urbaine (comme les « Hendek »- Fossés barricadés dans les villes kurdes en Turquie) qui reposent sur une ligne transnationalisée des politiques d’émancipation (le système des zones, des cantons libres ou de l’autogestion) ?

On voudrait saisir les enjeux de cette insurrection urbaine autour du langage ironique qui donne une nouvelle forme de révolte. Cet article examine des approches de la nouvelle épistémologie du sujet politique dans la structure de l’insurrection kurde urbaine (ou Soulèvement urbain).

“Salut à la lutte révolutionnaire populaire.
Les damnés de la terre.”

Espace kurde comme lieu de constellation des soulèvements

En somme, nous avons une démarche critique à trois niveaux préalablement cités dans lesquels l’espace kurde intervient avec un tel bricolage de micropolitique urbaine autour de l’appartenance identitaire et propose une étude ontologique de cas qui consiste à penser un changement des valeurs politiques de la vie dans l’espace de la révolte. Il s’agit de parler d’une émancipation portant aussi la politique de l’écologie sociale au sein de l’espace kurde qui se forme dans la performance du mouvement hétéroclite contre la crise de la guerre et de l’environnement, et la pensée de l’ingénierie sociale de la gentrification en Turquie. Nous restons donc sur l’expression de l’émancipation dans l’espace public en rapport avec la culture de la résistance.15 La complexité de l’espace de la révolte engendre une nouvelle perception politique de révolution cantonale par le biais du contre-pouvoir et de la production contre-culturelle, qui donne à voir visiblement en dehors du comportement idéologique (l’état unitaire). Les enjeux de cet espace nous permettent de saisir comment la réflexion intégrée aux nouvelles formes de révolte est une nouvelle micropolitique qui s’installe à propos de l’environnement, des micro-identités, de la crise de la société et en face de la nécropolitique et de la gouvernementalité biopolitique où la violence subversive s’exerce. Il s’agit également de saisir des codes de l’énonciation collective dans les émeutes que crée l’espace kurde. C’est l’espace kurde qui devient alors une fabrication de l’action politique libertaire puisqu’il est singularisé et transnationalisée par des effets et des acteurs divers depuis la révolution de Rojava. Les deux formes de l’espace politique de la révolte et de la violence se trouvent dans le même temps ici, vers une relecture d’espace ainsi ouvert, du terrain et du contre-pouvoir qui se dévoile selon des stratégies plurielles, et qui s’interpénètre avec des autres espaces dans la zone de conflit et l’espace politique transversal.

Plus précisément, on parle des groupes de l’écologie politique qui souligne ainsi l’écologie comme une expression de l’émancipation de l’identité colonisée, une façon de parler de la possibilité d’une micro-économie alternative, de la « révolution moléculaire » dans l’espace urbain et rural restant en rapport ave la résistance au Kurdistan. Pour ce faire, il faut mettre l’accent sur la discussion de l’autogestion dans l’espace kurde.16 L’écologie politique au Kurdistan est sous l’influence de certaines théories de Murray Bookchin17, de Félix Guattari 18 et la théorie de Abdullah Öcalan qui analyse l’accumulation historique du savoir, l’état-nation, le sexisme, la religion, le dispositif hégémonique de l’état et l’écologie sociale dans son livre « le Confédéralisme Démocratique ». De plus, le changement du paradigme dans le mouvement kurde (du mouvement marxiste-léniniste au mouvement autonome libertaire) donne aussi une nouvelle émergence micropolitique dans l’espace kurde. La déclaration du confédéralisme démocratique expose une reconfiguration des enjeux de la sphère publique dans l’espace kurde.19 Dans ce contexte, la pratique écologique du confédéralisme renvoie ici à des réponses variées. Elle prend sens au sein d’un système anti-hégémonique mettant en pied une politique alternative autogérée du partage (avec une approche de dissensus sur le plan de la vie ensemble) qui pousse la question de l’émancipation des Kurdes.

Nous essayons d’étudier la vision de l’écologie politique kurde en la mettant en relation avec le mouvement de l’écologie politique en Turquie, puis en insistant sur le rôle des nouveaux acteurs qui redéfinissent la relecture micropolitique de l’espace kurde (la génération de post-PKK) interrogeant de l’écologie institutionnalisée. L’écologie politique au Kurdistan (surtout Kurdistan de Turquie-Bakur et de Syrie- Rojava) constitue les nouveaux défis d’une approche géographie-politique dégageant la perception politique orthodoxe des cultures dominantes conventionnelles et se position ainsi comme un moyen de faire la réflexion anticapitaliste au sein du colonialisme. Selon l’approche des écologistes kurdes, la gouvernementalité de la guerre et du conflit ne demeure pas que sur la colonisation de l’identité et du territoire kurde, Il colonise ainsi aves ses dispositifs de rapports de force la géographie et la nature au Kurdistan. C’est la raison pour laquelle la thèse du mouvement écologiste au Kurdistan interprète les valeurs sociales, l’histoire mythique de la Mésopotamie, la vision constitutive de l’écologie comme un rejet de micro-territorial contre la pratique du capitalisme, s’appuie sur l’existence de l’insurrection urbaine kurde.

La dynamique de l’écologie au Kurdistan dès l’apparition des premiers mouvements écologistes sous la forme du Forum social de Mésopotamie, est sous l’influence de la théorie Bookchienne (pour « une écologie de la liberté »)20 s’appuyant sur une critique anticoloniale en rapport à la nature de l’espace kurde envers la figure de la domination masculine et colonialiste de la guerre en Turquie.

kurde

L’objectif de cette étude est de saisir la manière dont comment la pensée écologique se représente dans l’espace politique au Kurdistan en rapport de la guerre et de la résistance envisageant les contextes différentes de la construction identitaire faisant la comparaison Rojava (Ouest) et Bakur (Nord). Depuis les années 2000, nous observons une nouvelle étape du changement théorique du mouvement kurde sur l’espace politique urbain avec un ancrage critique autour des risques régionaux et mondiaux de la nature au Moyen-Orient. Le mouvement kurde vient s’objectiver son model sur l’écologie sociale avec une approche de critique sur le risque et le menace capitaliste (sociale, politique, économique, politique, sanitaire, etc.) et donne lieu à des formes multiples qui renvoient à la relecture du mouvement postcolonial, anarchiste et néo-marxiste.

En effet il s’agit de questionner la complexité de l’espace de la révolte qui engendre une nouvelle perception micropolitique par le biais du contre-pouvoir et de la reproduction contre-culturelle, qui donne à voir visiblement en dehors du comportement idéologique de la biopolitique à travers l’écologie et la vie alternative. A l’heure actuelle après la résistance autogérée des Kurdes dans des différentes régions, le régime biopolitique au pouvoir mène une campagne armement brutale de la déportation de la population régionale au Kurdistan. Dans cette vision xénophobe, les dispositifs de l’état ont déplacé des villes en migration politique forcée à Sur, Gever, Silopi, Sirnak, Kerboran, Farqin, Cizre, Nusaybin, etc. Le gouvernement d’AKP a systématiquement détruit les zones de la guerre, a commis les massacres dans la région. Cette approche gouvernementale nous rappelles aux années 90 qui ont lieu de la destruction des forêts et des villages incendies, etc. alors dans cette voie l’écologie politique au Kurdistan occupe plutôt la question de l’écologie comme une question micropolitique de l’identité kurde et se positionne le fait destructif du gouvernement militaire de la guerre.

Pour débuter notre articulation nous posons la question suivante : comment un tel bricolage micro-identitaire de l’espace kurde se transversale entre la dynamique de la résistance, de la paix, des micro-identités et la pratique de l’émancipation écologique, qui rejettent la domination coloniale en se basant sur une définition de l’éco-géographie en tant que « une géographie anticoloniale de l’identité mineure kurde » dans le cadre de la révolte autogéré, et qui mobilise ainsi toutes sortes d’acteurs-réseaux au cœur de la question politique avec ses dynamiques, ses tensions et ses confrontations. Je vais surtout parler ici de trois actes de l’écologie sociopolitique au Kurdistan : l’un est un portail de nouvelles journalistiques sur l’écologie sociale au Kurdistan  (Web Site): « Jîyana Ekolojîk-Dengê Xwezayê (Vie écologique / le Son de la nature)»,21 quand aux autres sont deux mouvements écologiques ceux de « Tevgera Ekolojiyê ya Mezopotamyayê (Mouvement écologique de la Mésopotamie)22, et de Jîngeh (Espace de vie) ».

Pour cela on voudrait questionner de plus deux types de révoltes qui se croisent dans le même espace et temps, et donne à analyser la nouvelle dynamique des espaces hétérotopiques dans l’espace kurde. L’un est la résistance autogestionnaire dans l’espace kurde en Turquie ; l’autre est la Révolution de Rojava (le système cantonal divisé en trois partis : Afrîn, Kobanê et Qamischlo), qui s’inventent aujourd’hui entre la subversion sociale, la contre-culture, la micropolitique moléculaire, l’écologie sociale et la culture subalterne. Cette cohabitation de deux approches du soulèvement sociopolitique (une résistance civile qui reste sur le mouvement écologiste, féministe et genre et un autre est une résistance armement contre l’état-nation, les djihadistes, la violence et la domination militaire étatique) renvoyant à un phénomène multiples souligne une particularité subversive de confrontation et d’interpénétration par la force de l’émancipation, de la guerre et du mouvement politique. Il s’agit de rendre compte des perspectives différentes envisagées et du processus du changement politique du Mouvement politique kurde (Celui du PKK, mouvement de lutte armée : Parti des travailleurs du Kurdistan) qui donne une idée sous-jacente sur l’écologie sociale et l’intervention autogérée. De cette manière, le discours mentionné constitue une réalité de guerre en face des états-nations au Moyen-Orient exercée avec la violence où la gouvernementalité (régime sécuritaire biopolitique) généralise sa capacité de pouvoir totalitaire et où la résistance kurde revendique l’émancipation de l’écologie sociale et des micros-identités dynamiques. La notion de sécurité pour certains gouvernements comme celui de l’AKP en Turquie ne reste pas un schéma abstrait mais est remodelé par le système de pouvoir post-autoritaire de la guerre qui s’exerce ainsi sur la marchandise de l’espace vert.

Photo © Ateş Alpar

Tevgera Ekolojiyê ya Mezopotamyayê (Mouvement écologique de Mésopotamie)

Le Mouvement écologique de la Mésopotamie est fondé pendant le forum social international de Mésopotamie à Diyarbakir en 2011, puis a créé des assemblées autogérées régionales de l’écologie (Ekoloji Meclisleri-Assemblées écologiques) qui s’occupe ses propres problèmes de la région en rapport avec le résultat de la guerre et avec la question politique kurde. Il est aussi dans la dynamique de la solidarité avec le mouvement écologique de la Turquie, critique l’approche gouvernementale de l’état-nation turc qui impose les centrales nucléaires, hydroélectriques dans la Mer Noire et aux côtés de la Méditerrané massive, dégage l’opinion du peuple régionale sur la construction du béton, qui marchandise la terre, les forêts, commercialise les énergies et qui aliène les gens et les amérindiens dans les régions différentes comme au Kurdistan. Le mouvement a réalisé en 23-24 Avril une conférence à la ville de Wan et déclaré un discours sur la situation du mouvement écologique au Kurdistan contre la modernité capitaliste et sa suffocante dans la société improductive qui présente tous les types de destruction sur la nature et la résistance autogérée contre l’état. Le mouvement ne reste pas que sur la ligne de la résistance kurde anticoloniale nationale, critique ainsi la pauvreté, la précarité, le chômage et la nourriture malsaine par l’agriculture industrielle et par les OGM, questionne les projets de la dévastation culturelle-sociale du gouvernement d’AKP comme le projet destructeurs énormes de la barrage au sein du Kurdistan nord est mi par le gouvernement de Turgut Özal pendant au début des années 90 celui du GAP Projet de l’Anatolie du Sud au Kurdistan Sud à Urfa. Donc le gouvernement d’AKP continue à dévaster la région avec des projets héritières des barrages issue de la pensée ingénieure pro-Özalien entre les rivières Euphrate et Tigres dans les pleines de la Mésopotamie Nord : les barrages Munzur, Ilisu (hasankeyf), etc.

Le mouvement écologique de la Mésopotamie se positionne contre l’état-nation et sa capacité capitaliste. Selon le mouvement, la mobilisation d’une résistance écologique crée aussi une importance cruciale du partage et du commun au sein de la société colonisée au Kurdistan, propose une lutte écologique contre la destruction sociopolitique du gouvernement et de la guerre qui éliminent la zone de la liberté et de la vie rurale, les valeurs de la nature. C’est pour ce la le mouvement propose de communautariser la terre, les eaux, l’énergie, mettant en place une vie libre, démocratique contre l’état-nation, le capitalisme et le monopoliste des grandes industries qui déconstituent l’agriculture, les villages, l’espace rurale, et qui empêchent les villes écologiques, les énergies alternatives, le partage, la société libre dans le système de la modernité capitaliste. Comme disait-il dans leur déclaration de la dernière conférence : « Notre lutte est une contribution importante à la libération des personnes et de la nature sur notre planète pour atteindre notre vérité naturelle de la société, la justification fondamentale de notre existence. (…) Notre paradigme, qui annonce un âge brillant dans le XXIe siècle et provenant des millénaires, propose une société démocratique radicale, communale, écologique et une société des femmes-libérés. La lutte écologique va au-delà de toute lutte unique pour englober l’essence vitale du paradigme de la vie libre. Sans l’écologie, la société ne peut pas exister, et sans l’humanité et la nature, l’écologie ne peut pas exister. L’écologie, comme l’essence et de l’auto de la dialectique universelle millénaire de formation, entremêle tous les processus naturels interconnectés que comme les anneaux d’une chaîne. (…) Cela peut se développer que par un mouvement sociopolitique à travers une lutte pour la liberté qui prend position contre le système qui met en péril la nature, la société et l’individu en même temps dans l’intérêt du profit capitaliste et de l’Etat hégémonique. (…) Au Moyen-Orient l’histoire de l’écologie n’a pas encore écrite. Pour parvenir à la libération des femmes, il a été nécessaire d’apprendre l’histoire des femmes; juste pour que, pour parvenir à une société écologique, il est nécessaire de connaître ainsi l’histoire de l’écologie. En ouvrant les académies d’écologie, nous pouvons apporter la conscience écologique comme une composante essentielle des programmes d’études dans toutes les sphères sociales et tous les programmes universitaires. Apporter conscience écologique et de la sensibilité à la sphère sociale organisée et aux établissements d’enseignement est aussi vital que l’organisation de nos propres assemblées autogérées. ».

Et le résultat de la conférence de la ville de Van  :

– Mettre en place un intellectuel stratégique, organisationnel, et la coordination opérationnelle avec les mouvements nationaux et internationaux écologie afin d’améliorer les discussions et les actions communes contre la destruction et l’exploitation écologique.

– Pour lutter contre la destruction mentale, physique et idéologique de l’énergie, l’eau, les forêts, les sols, les villes, les graines de l’agriculture et de la technologie; et sur la base des politiques approuvées du Mouvement Ecologie mésopotamienne, de mobiliser une lutte pour la construction d’une nouvelle vie.

– Pour lutter contre le système qui démolit les agglomérations urbaines et les forêts des brûlures au Kurdistan; pour faire connaître la dévastation écologique connu au Kurdistan et pour cartographier les dévastations qui se produisent dans la guerre.

– Pour planifier des actions, en coordination avec d’autres mouvements écologistes, contre la destruction des villes du Kurdistan; pour assurer notre participation active à des plates-formes de solidarité qui ont été établis dans ces villes.

– Pour continuer les luttes pour préserver les sites culturels et naturels du Kurdistan qui font face à l’extinction tels que Hasankeyf, Diyarbakır-Sur, la vallée de Munzur, et “Gele Goderne” -En raison de la politique énergétique et de sécurité.

– Développer un modèle écologique adapté pour le Kurdistan.

– Pour construire une présence plus importante et plus régulière dans les médias imprimés et numériques et d’établir des académies d’écologie.

– Pour mener à bien les luttes juridiques parallèlement à des actions et des campagnes en cours.

– Pour développer les propres structures organisationnelles tout au long du Kurdistan et du Moyen-Orient.

Le mouvement écologique de la Mésopotamie depuis sa création réalise des projets, des ateliers avec les mairies kurdes sur l’environnement, la terre, l’eau, la forêt, le champ, l’agriculture, la technologie, les bâtiments écologiques, la santé, l’économie communale, la pauvreté, etc. dans certaines villes comme Mardin, Van, Diyarbakir, Urfa, Dersim, Antep, Batman. Ces sont des grandes villes choisies par les intéretes politiques, myhtiques et historiques de la résistance kurde23. Par exemple,

kurde

Jîngeh (Espace de Vie)

« Jîngeh » (espace de vie) est un mouvement antiautoritaire et anarchiste postcoloniale qui est basée à Diyarbakir, fait partie dans le commun ensemblé de « Mouvement écologique de Mésopotamie ». Les activistes de « Jîngeh » a accomplie un campagne d’un tour de Kurdistan (de Dersîm à Hewler –Kurdistan du Sud-Basur) pour attirer l’attention sur l’incendie des forêts au Kurdistan du Nord par l’armée et pour protester la construction des barrages hydroélectrique et des projets des centrales nucléaires dans l’environnement du Kurdistan et aussi de Turquie. Les activistes de « Jîngeh » font le point des connaissances, sous la forme d’organiser des événements sur les différents thèmes exposés dans l’appel activiste, occupe les enjeux écologiques dans les différentes théories micropolitique incluant une réflexion propre anarchiste libertaire avec nouveaux défis pour une politique publique dans le traitement anticoloniale. La définition d’espace est ici synonyme d’espace social territorial en utilisant la pratique du vécu et l’imagination géographique du rural.

kurde

Jiyana Ekolojîk (Vie Ecologique)

Jiyana Ekolojîk24  porte parole journalistique des mouvements écologiques au Kurdistan est aussi en relation avec les écologistes de l’espace turc. Jiyana Ekolojik procède à une recomposition des pratiques et des valeurs assignées à l’espace géographique kurde. Néanmoins ceci n’est pas un mouvement mais une activité de web site pour élargir la relation interne et externe des mouvements écologistes de l’espace kurde. À cette représentation, il s’agit d’une construction activiste qui illustre la façon de la vie collective de manière micropolitique. Cette approche est une pratique de média sociale, créatrice, se retourne vers le quotidien comme porteur de sens écologique au Kurdistan, et trouve écho chez la nouvelle génération du média social se basant sur la ligne de la résistance des rapports sociaux.

Conclusion

La critique du capitalisme en tant que système mondial, a une définition particulière ici dans la théorie et le discours de l’espace kurde. Le mouvement écologiste définit la nature comme une figure opprimée de la victimisation, comme l’identité kurde, et constitue ses intérêts centraux autour de la guerre. La victimisation se dédouble ici entre la nature et la société opprimée sans état. C’est pour cela que lorsqu’il traite la question de la nature ou des grandes industries qui ruinent l’agriculture il insiste pour faire repenser la lutte de l’émancipation des Kurdes, comme la liberté de la nature en face du système hégémonique. Dans une large mesure, tout en prenant en considération la spécificité coloniale turque, la libération des Kurdes se symbolisait avec la critique écologique, en dehors de la civilisation moderne capitaliste, comme en dehors du pouvoir colonial. Alors, les Kurdes font référence à la vie écologique comme une révolte contre le colonialisme turc, et l’intérêt marchandise du capitalisme au Moyen-Orient, concernant la pratique meurtrière de la formation de la guerre hégémonique de l’état-nation turc au sein du Kurdistan.

Pour conclure notre articulation nous posons la question suivante : comment un tel bricolage micro-identitaire de l’espace kurde fait la transversale entre la dynamique de la résistance, de la paix, des micro-identités et la pratique de l’émancipation écologique, qui rejettent la domination coloniale en se basant sur une définition de l’éco-géographie en tant que « une géographie anticoloniale de l’identité mineure kurde » dans le cadre de la révolte autogérée, et qui mobilise ainsi toutes sortes d’acteurs-réseaux au cœur de la question politique avec ses dynamiques, ses tensions et ses confrontations.

Engin Sustam


1 Voir pour une analyse de perspective sur l’écologie politique, Félix Guattari, La Révolution moléculaire, Les Prairies Ordinaires, Novembre 2012 et Qu’est-ce que l’écosophie?, Éditions Lignes, 2014

3 J, Biehl, ‘Rojava’s Threefold Economy’, Ecology or Catastrophe, 25 February 2015: www.biehlonbookchin.com/rojavas-threefold-economy/ ; Impressions of Rojava: A Report from the Revolution, 16 December 2014: https://roarmag.org/essays/janet-biehl-report-rojava/ ; ‘Poor in Means but Rich in Spirit’, Ecology or Catastrophe, 30 December, 2014 : www.biehlonbookchin.com/poor-in-means/ ; Finding Our Way: Rethinking Ecofeminist Politics, Montreal: Black Rose Books, 1991; with Bookchin, M., The Politics of Social Ecology: Libertarian Municipalism, Buffalo NY: Black Rose Books, 1998 ; M. Bookchin, Social Anarchism or Lifestyle Anarchism: An Unbridgeable Chasm, Edinburgh and San Francisco CA: AK Press, 1995

4 Jacques Rancière, La partage du sensible: Esthétique et politique, La fabrique éditions, 2000

5 Murray Bookchin, The ecology of freedom, 1982, Social ecology and communalism, 2006; Abdullah Öcalan, Demokratik Uygarlik manifestosu  1-2-3-4-5, A. Öcalan Sosyal Bilimler Akademisi Yayinlari, 2013

6 P. J. White, Ilkel Isyancilar mi? Devrimci Modernlestiriciler mi?, Türkiye’de Kürt Ulusal Hareketi, Vate, 2012

7 Voir les interviews avec les acteurs de l’insurrection : Collectif Ne var Ne Yok, “Serhildan” Le soulèvement au Kurdistan, Paroles de celles et ceux qui luttent pour l’autonomie, Niet Editions, 2016

8 Voir analyse sur le mouvement politique kurde (mouvement de libération du Kurdistan) Akkaya, A.H.; Jongerden, J. and Simsek, B. (eds) (2015) Isyandan Insaya Kürdistan Özgürlük Hareketi, Istanbul: Dipnot et aussi Cengiz Günes,The Kurdish National Movement in Turkey: From Protest to Resistance, London: Routledge, 2012.

9 Pour une analyse sur la contre-violence des enfants kurdes jetant des pierres qui sont devenus les enfants de barricades (ceux de la génération du YDG-H) : Haydar Darici, Siddet ve Ozgurluk : Kürt çocuklarinin siyaseti : http://zanenstitu.org/wp-content/uploads/2013/11/makale2_haydar.pdf

10 D. Harvey, The Urban Experience, Johns Hopkins University Press, Baltimore, April, 1989

11 Voir; http://kurdishquestion.com/article/3277-the-039-rojava-revolution-039-in-syrian-kurdistan-a-model-of-development-for-the-middle-east ; https://roarmag.org/essays/rojava-autonomy-syrian-kurds/ et la constitution de la révolution du Rojava : https://fr.scribd.com/document/265458419/The-Constitution-of-the-Rojava-doc et ainsi une analyse sociologique du Rojava : Nazan Üstündag,‘Self-Defense as a Revolutionary Practice in Rojava, or How to Unmake the State’, 2016, South Atlantic Quarterly 115.1: 197–210

12H. Bozarslan, « Şiddet ve Devlet Zoru Arasında Diyalektik Bir İlişki Oluşabilir » :

http://bianet.org/biamag/siyaset/167753-hamit-bozarslan-siddet-ve-devlet-zoru-arasinda-diyalektik-bir-iliski-olusabilir

13 Voir, Kadri Yıldırım, Kürt Tarihi ve Coğrafyası 1 : Rojava, Weşanên Şemal, İstanbul, 2015

14 Voir, le reportage avec les acteurs de YDG-H : https://nevarneyok.noblogs.org/post/2015/12/12/entretien-autour-des-ydg-h-les-groupes-dautodefense-des-quartiers-au-kurdistan/

15 Voir, l’analyse des années 90 de l’espace kurde et la nouvelle forme de la résistance qui constitue la génération des années 2000 : E. Sustam, Art et Subalternité Kurde, l’émergence d’un espace de production subjective et créative entre violence et résistance en Turquie, Harmattan, Octobre 2016

16 Voir, Azize Aslan, « Azize Aslan ile Özyönetimde komünal Ekonomi Söylesisi », in Jiyana Ekolojîk : http://www.jiyanaekolojik.org/arsivler/2682 et Engin Sustam, «  Dünya Devrim Tarihinde Rojava’siz bir okuma artik olamayacaktir » in Jiyan : http://jiyan.us/2015/07/28/engin-sustam-dunya-devrim-tarihinde-rojavasiz-bir-okuma-artik-olamayacaktir/

17 Joris Leverink, Murray Bookchin and the Kurdish resistance, ROAR Magazine. Voir, l’article : https://roarmag.org/essays/bookchin-kurdish-struggle-ocalan-rojava/

L’approche de Joris Leverink repose sur une définition de l’écologie sociale de Bookchin en donnant l’exemple de l’espace kurde comme une autonomie démocratique. Par contre, nous ne pouvons pas remarquer une telle analyse sur la dynamique des mouvements écologistes, et seulement une interprétation historique de la déclaration de DTK. Une interprétation qui est donnée par Leverink, n’occupe pas la place dans les dispositifs institutionnels des discussions au Kurdistan, ne cite pas sur le vécu de l’espace de partage ou l’espace de vie ni de l’espace perçu, de l’espace représenté. Il faut penser plutôt l’écologie comme une interrelation transversalement entre la subjectivité , l’environnement, et les rapport sociaux comme le disait ainsi Félix Guattari dans son livre « Trois écologies ».

18 On observe ainsi que des livres collectifs de Gilles Deleuze et Félix Guattari sont mis en place pour lecture dans différents groupes collectifs au Kurdistan de Turquie comme le groupe de la revue de « Qijika Res » (Revue Corbeau noir-group anarchiste postcoloniale) qui utilise d’un côté une analyse deleuze et guattarienne, de l’autre de Bookchin. Enfin les collectifs de « Jîngeh et Jiyana Ekolojîk » sont aussi dans cette lecture visant à redéfinir les rapports de forces sociaux des pouvoirs au Kurdistan.

19 Voir, le livre de Tatort Kurdistan, Democratic Autonomy in North Kurdistan, The council Movement, Gender Liberation, and Ecology in Practice, New Compass Press, 2013

20 Murray Bookchin, Une Société à refaire, Vers une écologie de la liberté, Editions Écosociété, Montréal, 2010

22 Voir le site: http://mezopotamyaekolojihareketi.org et http://mezopotamyaekolojigunlugu.blogspot.ch/

Voir aussi, le reportage avec Janet Biehl sur Jiyana Ekolojîk: http://www.jiyanaekolojik.org/arsivler/2523

23 Sources : Eko-teknoloji çalistayi (22 janvier 2016, Amed), Enerji calistayi (9 janvier 2016, Urfa), Orman çalistayi (10 janvier 2016 Dersim), Su çalistayi (12-13 Décembre 2015, Wan), Ekolojik Kentler çalistayi (12 Décembre 2015), Çevre saglik çalistayi (26 Décembre 2015 Antep) sonuç bildirgeleri. Voir : https://cooperativeeconomy.info/economy-bakur/democratic-economy-conference-in-wan/

24 Voir le web site de Vie écologique : http://www.jiyanaekolojik.org/

Auteur(e) invité(e)
AmiEs contributrices, contributeurs traversant les pages de Kedistan, occasionnellement ou régulièrement...
Avatar

AmiEs contributrices, contributeurs traversant les pages de Kedistan, occasionnellement ou régulièrement...

    Related posts