Cartes-Postales pour Figen Yüksekdağ et ses camarades

Figen Yüksekdağ

Pendant que la campagne de soutien pour Aslı Erdoğan se poursuit et s’étend en France, en Europe et d’autres pays francophones, nous prenons conscience que l’appel pour Aslı, n’a pas été entendu dans toute son amplitude.

Aslı a la particularité de défendre avec sa belle plume littéraire, les libertés et la paix, dénoncer les injustices et oppressions, ce qui apporte une dimension politique à sa littérature. C’est pour cela qu’en sa personne, cette auteure cristallise la situation en Turquie et partage le sort des autres prisonnierEs politiques, qu’ils/elles soient auteurEs, intellectuelLEs, universitaires, journalistes, avocats, ou hommes et femmes politiques pris en “otages” par le régime d’Erdoğan.

Constatant la nécessité de faire un appel pour touTEs les autres, parallèlement à la campagne d’Aslı, et motivéEs par la libération récente de Zehra Doğan, qui, toujours en procès, mais comparaitra libre, nous nous tournons cette fois vers les responsables, éluEs et députéEs du HDP, emprisonnéEs, dont nous n’arrivons hélas plus à suivre le nombre des incarcérations…

Zehra, enfin dehors, nous expliquait lors d’une conversation chaleureuse il y a deux jours, l’importance des lettres et cartes-postales reçues par les détenuEs. “EnferméEs là, isoléEs du monde, on est dans un état d’esprit bien particulier. Ne serait-ce que quelques cartes donnent énormément de forces, font chaud au coeur, et nous rappellent que nous ne sommes pas seulEs et oubliéEs.”

Chaque fois, les campagnes de soutien doivent mettre en avant une personne parmi d’autres.

Malheureusement, actuellement en Turquie, ce n’est pas le choix qui manque. Rien que dans les femmes et hommes politiques ; les co-présidents du troisième parti du parlement turc Selahattin Demirtaş, Figen Yüksekdağ, les députéEs, İdris Baluken, Cağlar Demirel, Nursel Aydoğan, Gülser Yıldırım, Ferhat Encü, Abdullah Zeydan, Besime Konca, Selma Irmak, Leyla Birlik, Nihat Akdoğan…. Mais aussi les Co-maires, les membres de conseils…

Pour ne pas les laisser seulEs, une campagne de soutien a été récemment lancée en Turquie, sous le slogan “#HaydiMektupYazalım” (Allez, écrivons une lettre). Nous vous invitons chaleureusement à leur écrire à toutes et à tous.

Mais nous allons mettre l’accent particulièrement sur Figen Yüksekdağ, comme un symbole, embrassant touTEs ses camarades. Parce que c’est une femme et parce qu’elle témoigne de la diversité du HDP, qui est bien au-delà d’un “parti pro-kurde” comme les médias ont l’habitude de le qualifier ici en Europe, une appellation facile, lapidaire et simpliste que nous dénonçons à toute occasion.

Figen n’est pas kurde. Elle est née à Adana, dans une famille d’agriculteurs “turque”, traditionnelle et conservatrice, et proche du MHP, parti ultra-nationaliste. Elle a neuf frères et soeurs. Figen a rejoint dès son jeune âge, le Sosyalist Hareket (Mouvement socialiste), et s’est éloignée de sa famille. Partie pour Istanbul, elle y rejoint le mouvement Özgür Gençlik. A partir de 2009, elle devient rédactrice en chef de la revue “La femme socialiste” (Sosyalist Kadın dergisi) puis, en février 2010, est élue présidente du “Parti socialiste des opprimés”.

Le 22 juin 2014 elle devient vice-présidente du Parti démocratique des peuples avec son colistier Selahattin Demirtaş, puis le 7 juin 2015, est élue députée de Van toujours dans les rangs du HDP.

Au mois de mai, l’immunité parlementaire des éluEs HDP a été levée et le 4 novembre dernier, Figen, comme d’autres députéEs, a été arrêtée à son domicile à Ankara.

Depuis, elle est en prison. Elle est accusée de “propagande pour organisation terroriste” et risque à ce titre une lourde peine prévue par cette loi “terrorrisme” votée avant même l’état d’urgence.

Envoyez des cartes-postales à Figen !

Sachez que, pour que vos messages de soutien puissent traverser le ‘contrôle’ avant de trouver sa destinataire, il faudra respecter quelques règles.

Certaines prisons ne distribuent pas les courriers qui sont rédigés en d’autres langues que le turc, car les censeurs n’étant pas polyglottes, il ne peuvent pas lire et vérifier… Pour donner à vos carte-postales toutes les chances d’arriver au bon port, rédigez les en turc.

Si vous n’êtes pas turcophone, pas de panique !

  • Avant tout, prenez le soin de choisir des cartes-postales sans inscription en langue étrangère sur l’image.
  • Rédigez votre message en turc :
    – Vous pouvez utiliser un des modèles que vous trouverez ICI.
    – Vous pouvez vous rapprocher des associations kurdes, ou alévies de votre localité. N’est-ce pas aussi une excellente occasion pour tisser de nouveaux liens ?
    – Vous pouvez également nous demander de l’aide et envoyer votre texte à cette adresse électronique : correspondants@kedistan.fr. On traduira pour vous… et vous renverrons la traduction. (Mais comme nous nous écroulons déjà sous le boulot, nous vous prions de ne pas dépasser 350 caractères, l’équivalent d’environ trois, quatre phrases. (Merci de votre compréhension…)
  • Quand votre carte sera prête, pensez à la prendre en photo. Faites-nous parvenir vos photos, car nous publierons régulièrement des mosaïques de messages et cela permettra, en plus, de garder une trace en cas de censure partielle ou blocage complet des courriers… Pour ce faire, utilisez le mail “correspondants@kedistan.fr” déjà cité.
  • Mettez vos cartes-postales sous enveloppe.
  • Ajoutez sur l’enveloppe, vos noms et adresse en tant qu’expéditeur/trice.
  • Le tarif postal est de 1,25 €.
  • Envoyez votre enveloppe à l’adresse suivante :

Figen Yüksekdağ
Kocaeli 1 Nolu F Tipi
Yüksek Güvenlikli Ceza İnfaz Kurumu
A3-15
Kandıra/Kocaeli TURQUIE

Laissez-vous aller dans votre élan solidaire. Surtout, surtout ne retenez pas votre crayon !
Voici quelques autres adresses…

Commençons par les femmes responsables et Co-maires. Une liste établie par les organisations féministes à l’intention de leurs membres :

Sebahat Tuncel (Co-présidente du DBP), Ayla Akat (Ancienne députée DBP). Les Co-maires : Gültan Kışanak (Diyarbakır), Sebahat Çetinkaya (Responsable DBP de Derik), Zeynep Sipçik (Co-maire Dargeçit), Diba Keskin (Erciş), Aygün Taşkın (Diyarbakır, Ergani), Hazal Aras (Diyadin) Handan Bağcı (Edremit), Dilek Hatipoğlu (Hakkari), Figen Yaşar (Muş), Cennet Ayık (Elazığ, Karakoçan), Nadiye Gürbüz (Bursa HDP), Atiye Eren (HDP)
Aysel Işık (Journaliste JINHA), Hülya Karakaya  (Journaliste, rédactrice en chef, Özgür Hal Dergisi)

Sebahat Tuncel
Silivri 9 Nolu F Tipi Cezaevi
Yeni, D-100 Karayolu
34570 Silivri Istanbul TURQUIE

Gültan Kışanak
Ayla Akat

Kocaeli 1 Nolu F Tipi Yüksek Güvenlikli Ceza Infaz Kurumu A2-5
Kandıra Yolu
Koceli TURQUIE

Sebahat Çetinkaya
Zeynep Sipçik
Diba Keskin
Aygün Taşkın
Dilek Hatipoğlu
Atiye Eren
sont toutes au :
Sincan Kadın Kapalı Cezaevi
Ankara TURQUIE

Hazal Aras
Handan Bağcı
sont au :
Erzurum E Tipi Kapalı Cezaevi
Erzurum TURQUIE

Figen Yaşar
Muş E Tipi Cezaevi
Muş TURQUIE

Cennet Ayık
Elazığ E tipi Cezaevi
Elazığ TURQUIE

Nadiye Gürbüz
Yenişehir Kapali Cezaevi B-6 Koğuşu
Bursa TURQUIE

Hülya Karakaya 
Diyarbakır E Tipi Cezaevi
Mevlana Halit, Emek Caddesi
21080 Bağlar Diyarbakır TURQUIE

Aysel Işık
Şırnak T Tipi Cezaevi
Yeşilyurt mahallesi Rezuk Caddesi
73100 Şırnak TURQUIE

 

Et les députéEs HDP en prison :

cliquez pour agrandir

Traductions & rédaction par Kedistan. | Vous pouvez utiliser, partager les articles et les traductions de Kedistan en précisant la source et en ajoutant un lien afin de respecter le travail des auteur(e)s et traductrices/teurs. Merci.
Kedistan’ın tüm yayınlarını, yazar ve çevirmenlerin emeğine saygı göstererek, kaynak ve link vererek paylaşabilirisiniz. Teşekkürler.
Kerema xwe dema hun nivîsên Kedistanê parve dikin, ji bo rêzgirtina maf û keda nivîskar û wergêr, lînk û navê malperê wek çavkanî diyar bikin. Spas
KEDISTAN
Le petit magazine qui ne se laisse pas caresser dans le sens du poil
KEDISTAN on EmailKEDISTAN on FacebookKEDISTAN on TwitterKEDISTAN on Youtube
KEDISTAN

About KEDISTAN

Le petit magazine qui ne se laisse pas caresser dans le sens du poil

Related posts