Ronahi TV • Journal du 30 octobre 2016

Ronahi tv

Voici les “chroniques de la révolution kurde“, présentées par Ronahi TV, pour la semaine du 22 au 29 octobre 2016. C’est une émission régulière en langue française, que vous trouverez aussi ici chaque semaine.

Vidéo et texte en français

RÉGION DE SHEHBA – SYRIE DU NORD
CONTRE-OFFENSIVE DES FORCES RÉVOLUTIONNAIRES

Dans la région de Shehba, à l’est du canton d’Afrin, les Forces révolutionnaires ont bloqué l’avancée de l’armée turque et des bandes armées radicalisées qu’elle traine à sa suite.

Bombardements de villages, armes chimiques, rien n’est épargné aux habitants victimes de l’invasion turque.

Lundi soir, les forces armées turques ont attaqué avec des mortiers et des roquettes Katyusha le village d’Hesiyé et le barrage de Shehba. Le lendemain, l’agression se poursuivait sur le village stratégique d’Um al Hosh.

Dans le village de Till Midiq, au sud-est du barrage de Shehba, les groupes radicalisés qui accompagnent l’armée turque ont utilisé des armes chimiques contre les forces révolutionnaires. Et pourtant, le village a fini par être libéré de ses agresseurs ce mercredi.

A peine libéré, les soldats turcs ont bombardé Till Midiq ainsi que plusieurs autres villages, ceux de Hosh, de Şex Isa, Hesiyé, Um Qura, et Herbel.

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Ces violentes attaques sur des régions où vivent encore de nombreux civils provoquent une nouvelle vague migratoire. Les réfugiés continuent d’affluer vers le canton d’Afrin, au camp Shehba. Toutes ces personnes déplacées sont désespérément en manque de nourriture, de médicaments, de tentes, et de vêtements chauds. Une fois de plus, les autorités de canton lancent un appel d’urgence auprès des associations internationales : Il faut absolument que le blocus imposé par la Turquie soit levé et qu’enfin, toutes ces personnes fuyant l’invasion de leurs terres puissent être secourues.

ROJAVA-TURQUIE
AGRESSIONS TOUT AU LONG DE LA FRONTIÈRE

Le long de la frontière qui borde le nord de la Syrie et le Rojava, l’armée turque masse des troupes et déploie des tanks. Les civils qui tentent de passer sont tués, et les positions des combattants YPG visées avec des armes lourdes.

Eli Temi, 18 ans, tentait de passer la frontière qui relie le Kurdistan de l’ouest, le Rojava, au Kurdistan du nord, situé sur le sol turc. Il a été aperçu par les soldats turcs qui l’ont assassiné.

Dans le village frontalier de Sorka, dans le canton d’Afrin, les forces armées turques ont traversé la frontière pour construire un grand mur dans la nuit de jeudi. Les habitants sont alors arrivés en masse pour manifester contre cette intrusion. Ils ont été accueillis par les canons à eau et par des tirs de gaz lacrymogènes pour les faire fuir.

Une vingtaine de personnes ont été blessées lors de cette agression.

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Dans le village de Dêr Belot, les villageois ont assisté au passage de 20 camions d’armes en provenance de la base militaire turque Bokolmaz, à destination des bandes armées radicalisées ultra violentes, Fatah al Sham et Ahrar al Sham.

Pour tenter d’empêcher les villageois de regarder de trop près la livraison des armes, les militaires turcs ont tiré en l’air pour les faire fuir.

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Ces livraisons d’armes alimentent aussi les différents groupes armés que la Turquie envoie se battre dans la région d’Alep et de Bab. Parmi ces bandes de l’opération « Bouclier de l’Euphrate », citons la brigade Nureddin al Zenki, dont les membres torturaient puis décapitaient, en riant, le petit Abdullah Issa de douze ans. C’était au mois de juillet, à Alep.

RAQQA
PRÉPARATIFS MILITAIRES POUR LA LIBÉRATION

Daesh possède deux capitales, l’une en Irak, à Mossoul, l’autre en Syrie, à Raqqa. La bataille de Mossoul est déjà engagée et celle de Raqqa ne devrait pas tarder, c’est en tout cas ce qu’a annoncé Aldar Xelil, du TEVdem, le mouvement qui fédère les communes libres du Rojava.

Aldar Xelil a reconnu qu’un accord avait été conclu entre les Forces de la coalition menée par les Etats-Unis et les Forces démocratiques syriennes. Dans un premier temps, les forces démocratiques syriennes vont encercler la ville de Raqqa, et dans un deuxième temps, les composantes arabes des FDS iront, sans les unités YPG, libérer la ville, une ville arabe.

Les autorités militaires américaines ont également fait savoir que cette opération de libération de la ville de Raqqa se mènerait exclusivement en comptant sur des forces syriennes au sol, entendez les FDS. Cela signifie que la présence de la Turquie n’est pas souhaitée, en dépit des demandes formelles et répétées du président Erdogan d’y envoyer ses troupes d’occupation.

BAKUR-KURDISTAN DU NORD
ARRESTATION DES MAIRES D’AMED

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe, ce mardi. Les deux co-bourgmestres de la ville d’Amed, Firat Anli et Gultan Kişanak, ont été arrêtés par les unités anti-terroristes de la police. La population est révoltée, un mouvement de grève s’est immédiatement enclenché et de grandes manifestations ont lieu tous les jours.
Amed, c’est la plus grande métropole du Kurdistan du nord, avec presque deux millions d’habitants. Egalement connue sous son nom turquifié de Diyarbakir, la ville a une importance symbolique et affective dans tout le Kurdistan.

C’est ce symbole que le régime de l’AKP a voulu frapper ce mardi en emprisonnant ses deux co-bourgmestres. Le parti HDP a tout de suite critiqué cette décision qu’il juge profondément arbitraire et illégale. Les charges retenues contre les deux co-bourgmestres sont totalement fabriquées de toutes pièces. En fait, les autorités turques reprochent à Madame Kişanak d’avoir prononcé un discours au congrès du DTK, le Congrès pour une Société Démocratique, en juillet 2011. Lors de ce congrès, il avait été question de l’autonomie démocratique, et madame Kişanak est donc accusée par le procureur de Diyarbakir, Kamil Erkut Güre, de tenter de séparer une partie du pays qui se trouve sous la souveraineté de l’Etat.

On reproche aussi à madame Kişanak d’avoir prononcé un autre discours lors de la fête de Newroz, là où des millions de personnes se rencontrent. Ce discours constituerait selon les autorités judiciaires la preuve d’un crime.

Enfin, on reproche aux deux co-bourgmestres d’avoir mis à la disposition de familles de combattants disparus du PKK des véhicules municipaux le jour de leurs funérailles.

Madame Kişanak a été arrêtée à l’aéroport de Diyarbakir, alors qu’elle revenait d’Ankara où elle s’était exprimée devant la commission d’enquête consacrée au coup d’Etat du 15 juillet.

Elle avait dit aux commissaires qu’ils feraient un bon boulot s’ils enquêtaient sur les municipalités gérées par l’AKP où l’on avait, juste avant le coup, distribué de l’argent, de la terre et où le soir du coup d’Etat, on préparait de la soupe.

Gultan Kişanak avait déjà connu les donjons de la torture, lors du coup d’Etat du général Kenan Evren, le 12 septembre 1980.

ARRESTATIONS DES CO-BOURGMESTRES À AMED
RÉACTIONS

Des centaines de personnes se sont réunies devant les locaux de la municipalité d’Amed pour dénoncer l’arrestation de leurs co-bourgmestres.
Dès mercredi, Internet a été coupé dans tout le Kurdistan du nord. Il s’agit pour les autorités turques de tenter de réduire les protestations suite à l’arrestation des deux co-bourgmestres.

Le personnel de la municipalité a débrayé. De nombreux responsables de services municipaux ont d’ailleurs également été arrêtés lors des protestations.
Les bus municipaux sont à l’arrêt, les éboueurs ne collectent plus les déchets.

Dans plusieurs grandes villes du pays, à Ankara, à Adana, à Mersin, à Sirnak, à Bursa, à Istanbul, Izmir et Van, des manifestants ont protesté contre ces décisions arbitraires.

Devant les bâtiments de la municipalité d’Amed, les manifestants ont été violemment chargés par la police. Des députés du HDP, Ferhat Ençu, Çaglar Demirel, Leyla Birlik ou Selma Irmak, ont voulu empêcher les attaques de la police : ils ont tous été frappés par les policiers.

Des témoins rapportent que le responsable de la police a d’ailleurs dit à ses hommes d’également arrêter les députés.

Feleknas Uca, ancienne députée européenne et aujourd’hui députée du HDP à Amed, a été tirée sur le sol lors de l’attaque des forces de police.

Ayla Akat Ata, la porte-parole de l’association de femmes KJAstar, a elle aussi été arrêtée devant le bâtiment de la municipalité. Les locaux de son organisation ont ensuite été perquisitionnés.

Le co-président du HDP, Selahattin Demirtaş, a pris la parole devant les manifestants réunis à Amed : il répond de ses bourgmestres : s’il y avait eu quoi que ce soit à leur reprocher, du vol, une mauvaise gestion, le parti HDP aurait été le premier à les punir.

Et de dénoncer encore la confiscation des médias en Turquie : il y a bien des journalistes qui couvrent ces évènements, dit Demirtaş, mais aucun centre d’information n’osera relayer ces informations, par crainte de déplaire au Palais du président Erdogan.

Federica Mogherini, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et Johannes Hahn, commissaire chargé des négociations d’élargissement de l’Union, ont remis un communiqué concernant les arrestations d’Amed : Ils disent reconnaître la menace grave que fait peser le PKK sur les services de sécurité turcs, un PKK également reconnu comme une organisation terroriste par l’Europe, mais ils demandent à la Turquie de respecter l’Etat de droit, les procédures légales et les libertés fondamentales, toutes obligations auxquelles la Turquie a souscrit en posant sa candidature pour l’adhésion à l’Union européenne.

KURDISTAN DU NORD-ŞIRNAK
LA POLICE FAIT FUIR LES RÉFUGIÉS

A Şirnak, les habitants de la ville détruite avaient trouvé un refuge dans des tentes à proximité de leurs anciens foyers. Les gendarmes turcs sont venus les déloger avec des bulldozers. Un campement a même été la cible d’une attaque d’un hélicoptère de l’armée.

Sirnak, c’est une ville détruite à 80% par les opérations militaires de l’armée turque. 7.000 maisons détruites à ce jour, et les bulldozers continuent de détruire ce qui avait subsisté des combats. Nous vous le révélions la semaine dernière, les démolisseurs sont payés avec le pillage des habitations qu’ils détruisent.

Mais les habitants refusent de quitter leurs terres. Installés sur des terrains à proximité de la ville, sous des tentes, ils ont été sommés de quitter les lieux. Un hélicoptère de l’armée est même venu tirer sur les campements pour faire fuir les familles vivant dans des tentes près du du village de Dereler.

Dans un autre campement, les militaires sont arrivés avec des camions blindés et des bulldozers. Les refuges de toile et de bois des habitants de Şirnak ont été rasés. 41 familles se sont ainsi retrouvées privées de tout abri, sans qu’aucune solution alternative ne leur soit proposée.

Quand les réfugiés refusaient de quitter leurs tentes, les militaires leur disaient : « ou bien vous quittez votre tente, ou bien nous vous brûlons avec ».

Mardi, Hişyar Özsoy, le responsable du HDP en charge des relations internationales, a donc envoyé un courrier au président du parlement européen, Martin Schulz, à Mr Thorbjorn, le secrétaire général du conseil de l’Europe, au commissaire Hahn, à la représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères Federica Mogherini, ainsi qu’au rapporteur de l’Union européenne pour la Turquie, Kati Piri.

Hişyar Özsoy dénonce tous les efforts entrepris par les autorités turques pour empêcher les Sirtakis de survivre, même en dehors des zones placées sous couvre-feux.
Il dénonce les tirs d’hélicoptère sur les tentes du village de Dereler, il dénonce le raid sur le camp de Kumçati, où se trouvaient 5.000 réfugiés şirnakis.

Il dénonce le fait que sur les 69.000 habitants de Şirnak, il n’y en ait plus aujourd’hui que 4.000, tous les autres ayant été déportés en masses.

Il dénonce que le directoire général de la gendarmerie ait fait de Şirnak une zone d’entrainement pour les troupes. Au cours des deux mois d’entrainements militaires à Şirnak, les quartiers qui avaient résisté au siège de l’armée ont tous été éventrés, démolis.

Il dénonce l’impunité totale de tous les responsables de la destruction de la ville, ainsi que le refus du gouvernement de Turquie de remplir ses obligations humanitaires.

Il dénonce les propos des gendarmes à Kumçati, ce mardi, qui ont dit aux 5.000 habitants des tentes qu’ils devaient aller aussi loin que l’Irak, si nécessaire.

HUMAN RIGHTS WATCH
NOUVEAU RAPPORT SUR LA TURQUIE

L’association Human rights Watch vient de rentrer un nouveau rapport sur la Turquie, un rapport intitulé : « Turquie, Carte blanche : Suspension des garanties contre la torture consécutive au coup d’État en Turquie ».

Voici quelques extraits de ce dernier rapport de l’organisation Human rights watch, « En supprimant les garanties contre la torture, le gouvernement turc a en fait donné carte blanche aux organismes chargés de l’application des lois pour torturer et maltraiter des détenus de manière discrétionnaire », a déclaré Hugh Williamson, directeur de la division Europe et Asie centrale à Human Rights Watch. « La décision des autorités de reporter une visite en Turquie du Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture jette de sérieux doutes sur la volonté des autorités d’empêcher la torture et les mauvais traitements.

Les décrets d’état d’urgence étendent la durée légale de la garde à vue par la police sans intervention judiciaire de quatre jours à 30 jours, dénient aux personnes en garde à vue l’accès à des avocats pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq jours et restreignent leur possibilité de choisir un avocat, ainsi que leur droit à la confidentialité de leurs entretiens avec leurs avocats.

Tout ceci se déroule dans un climat généralisé de peur dans lequel les avocats, les détenus, les militants des droits humains, le personnel médical et les spécialistes de médecine légale ont déclaré à Human Rights Watch qu’ils s’inquiétaient de la possibilité d’être les prochaines victimes de la gigantesque purge menée par le gouvernement contre les partisans prétendus du coup d’État. Ces peurs ne sont pas infondées.

13 dossiers instruits par HRW contiennent des allégations de recours à des méthodes allant de la mise dans des positions stressantes et la privation de sommeil aux violents passages à tabac, aux sévices sexuels et aux menaces de viol. »

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Et si les séances de tortures se multiplient dans les prisons, les rues du Bakur ne sont pas plus sûres au passage des forces de l’ordre turc.

A Cizre, dans le district de Şirnak, le petit Hakan Sarak, 5 ans, jouait dans la rue, ce mardi. Un véhicule de police est arrivé et a écrasé l’enfant. D’après les témoignages recueillis sur place, quand les parents ont demandé aux policiers pourquoi ils avaient tué leur petit, ceux-ci leur ont répondu : « Si vous laissez vos enfants dans la rue, nous les tuerons ».

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Quant à Iyeç Çakir, 25 ans, il est aussi décédé des suites de ses blessures ce mardi. D’après les policiers, il aurait refusé d’obtempérer à une injonction sur la route ce 27 septembre. Il a alors été abattu.

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Et hier, à Sirnak toujours, Belkis Katar, une jeune femme enceinte de 34 ans était assise sur le pas de sa porte. Les gendarmes stationnés au poste de Ikizce ont tiré au hasard. Elle a reçu une balle en pleine poitrine.

KURDISTAN DU SUD- BAŞUR
VILLE DE KIRKUK

Vendredi dernier, Daesh attaquait la ville de Kirkuk, dans le Kurdistan du sud, en Irak. Les combats sont terminés, mais il y a eu de nombreuses victimes. On compte 30 morts parmi les civils et les peshmerga qui sont arrivés pour contenir les agresseurs.

L’attaque du Daesh sur la ville de Kirkuk avait deux objectifs : permettre au Daesh de faire diversion par rapport à l‘opération de libération de la ville de Mossoul, et permettre à la Turquie de se défausser de l’interdiction qui lui est faite de participer aux opérations militaires sur le sol irakien.

Bedirnews, un site arabophone, a d’ailleurs relaté qu’un membre de Daesh capturé vivant a affirmé que c’est à bord d’un hélicoptère de l’Etat turc que lui et ses compagnons de Daesh avaient été emmenés à proximité de la ville de Kirkuk, dans le village de Seretepe.

Le co-président du Tevgera Azadi, Mihemed Abdullah, a aussi fait le lien entre l’attaque de Kirkuk et le projet turc concernant la province de Mossoul, un projet qui vise à dominer la province et à contrôler l’entièreté du Kurdistan.

Des détachements des forces kurdes de la guérilla, les HPG ainsi que les unités féminines, les YJAstar, sont venus à l’appel des peshmerga de Kirkuk pour aider à contenir l’attaque du Daesh.

Le gouverneur de Kirkuk, Necmeddin Kerim, a fait le bilan de l’attaque : 30 morts et une centaine de blessés parmi les défenseurs de Kirkuk, et 74 membres du daesh tués.

Et ce jeudi, alors que les combats étaient terminés, les policiers asayish qui sécurisent les districts de Kirkuk sont encore tombés sur 5 autres membres du daesh qui se cachaient dans un village proche de Laylan. Lors du combat qui s’en est suivi, 5 autres membres du Daesh ont encore été tués, portant le bilan à 79 membres de Daesh morts sur l’assaut avorté de Kirkuk.

BATAILLE DE MOSSUL
PLUS DE 900 MEMBRES DU DAESH TUÉS

La bataille de Mossoul fait rage : il s’agit de libérer cette grande ville qui avait été capturée par le Daesh en juin 2014. Les avions de la coalition soutiennent les forces armées irakiennes, aidées des milices chiites et les peshmerga kurdes.

Selon un rapport émanant du commandement central des forces américaines, 900 militants du Daesh auraient été tués jusqu’à présent dans les attaques menées pour libérer la ville de Mossoul.

Dimanche dernier, c’est tout le district de Hamdaniyé, au nord de Mossoul, qui a été libéré. Ce district était surtout habité par des chrétiens.

Toujours au nord, les peshmerga ont pris le contrôle de la route qui va de Bashika à Mossoul. Le sud du district de Bashika est surtout habité par des Ezidis.

Depuis la Turquie, le premier ministre Benali Yildirim expliquait à des journalistes que les forces turques étaient engagées contre le Daesh à Mossoul, en soutien aux peshmerga.

Immédiatement, le porte-parole des forces irakiennes a remis les choses au clair : il n’y a aucun élément turc qui soit impliqué dans la bataille de Mossul.

Lundi, la ville de Bertilla était reprise au Daesh. Bertilla, c’est une ville à 20 km au nord-est de Mossoul, où vivent surtout des chrétiens et des Ezidis.

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Fuyant les combats, de nombreuses colonnes de réfugiés tentent de trouver leur chemin. Selon les estimations des Nations Unies, ils seraient déjà plus de 10.000 sur les routes de l’exil.

MINBIJ
MAISON DE LA FEMME

Après avoir vécu sous le règne du Daesh, les femmes de Minbij reprennent leur sort en main : une maison de la Femme ouvrira très prochainement. On y formera les femmes à la revendication de leurs droits.

A Minbij, où les femmes ont vécu sous l’oppression du Daesh, on revient de loin. Et le conseil civil de la ville s’est posé les bonnes questions :
Comment faire en sorte que les femmes de Minbij puissent mettre en place une société solidaire et totalement égalitaire entre hommes et femmes ?

Comment pousser les femmes à revendiquer dans l’espace social ce qui leur revient de droit, comment peuvent-elles participer pleinement à l’exercice du pouvoir dans le cadre d’une démocratie directe ?

Pour répondre à ces questions, la ville de Minbij va ouvrir dans les jours qui viennent la maison de la Femme, une maison qui les poussera à s’associer, à trouver des solutions aux problèmes qui les affectent, et à construire avec les hommes une société libre et démocratique.

PRIX SAKHAROV
DEUX RESCAPÉES ÉZIDIES LAURÉATES DU PRIX 2016

Le parlement européen remettra cette année le prix Sakharov à deux jeunes femmes ézidies, Nadia Murad Basee et Lamia Haji Bashar, deux jeunes femmes qui ont pu échapper aux griffes du Daesh en Irak. Un prix qui rappelle la tragédie vécue par le peuple ézidi lors de l’abandon de la ville de Sengal par les peshmerga du gouvernement régional kurde d’Irak en aout 2014.

Comme le rappelle le communiqué du parlement européen, « c’est le 3 août 2014 que l’EI massacre tous les hommes de Kocho, le village natal de Lamiya Aji Bachar et de Nadia Mourad, à Sengal. Après le massacre, les femmes et les enfants sont réduits en esclavage: toutes les jeunes femmes, dont Lamiya, Nadia et leurs sœurs, sont enlevées, vendues et revendues plusieurs fois, et utilisées comme esclaves sexuelles.

Lors du massacre de Kocho, Nadia perd six de ses frères et sa mère, laquelle est assassinée en même temps que 80 autres femmes âgées auxquelles n’est accordée aucune valeur sexuelle. Lamiya ainsi que ses six sœurs serviront également d’esclaves sexuelles. Elle sera vendue à cinq reprises parmi les combattants et forcée de fabriquer des bombes et des ceintures d’explosifs à Mossoul, après l’exécution de ses frères et de son père par l’EI.

En novembre 2014, Nadia parviendra à s’échapper avec l’aide de voisins qui la feront sortir discrètement de la zone contrôlée par l’EI, ce qui lui permettra de se rendre dans un camp de réfugiés au nord de l’Iraq, puis de rejoindre l’Allemagne. Un an plus tard, en décembre 2015, elle prend la parole devant la toute première session du Conseil de sécurité de l’ONU sur la traite des êtres humains.

Lamiya Aji Bachar essaiera de s’échapper à plusieurs reprises avant d’y parvenir finalement en avril avec l’aide de sa famille, qui paie des passeurs locaux. Alors qu’elle s’approche de la frontière kurde et court en direction du territoire contrôlé par le gouvernement iraquien dans l’espoir d’échapper aux combattants de l’EI qui la pourchassent, une mine antipersonnel explose et tue deux de ses connaissances. Elle-même est blessée et perd presque la vue. Heureusement, elle parviendra à s’échapper et pourra ainsi être envoyée en Allemagne pour y recevoir des soins, pays où elle retrouvera ses frères et sœurs survivants. Depuis son rétablissement, Lamiya se mobilise en faisant connaître la situation de la communauté ézidie et continue d’aider les femmes et les enfants qui ont été victimes d’esclavage et d’atrocités aux mains de l’EI. »

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